Au cours des années 1930, alors qu’en Europe la réflexion urbanistique est dominée par le fonctionnalisme, plusieurs projets alternatifs émergent aux États-Unis, intégrant la nécessité de mieux articuler la planification des villes à l’action régionale naissante.
Le projet Futurama témoignait de cette nouvelle façon d’envisager l’urbanité au cours de cette période : élaboré par le designer Norman Bel Geddes (1893-1958) pour la firme General Motors, Futurama est présenté lors de l’Exposition universelle de New York en 1939. À cette époque, imaginer la ville du futur supposait de prendre en compte la place de l’automobile. Analyse, par Gérald Billard, professeur en aménagement et urbanisme * et Arnaud Brennetot, docteur agrégé en géographie **.
L’Exposition universelle de New York (1939-1940)
Installée dans le parc de Flushing Meadows créé spécialement pour l’occasion, l’Exposition universelle de New York de 1939 a remporté un grand succès à l’époque (44 millions de visiteurs). Le thème choisi pour l’exposition, “Le monde de demain”, était décliné en plusieurs sections (transport, communication, production et distribution, alimentation, divertissement, gouvernement). Une “Périsphère” de 60 m de hauteur, accolée à une tour de 270 m (le Trylon), constituait l’attraction majeure de la manifestation. À l’intérieur de celle-ci, les visiteurs pouvaient admirer Democracity, la maquette d’une métropole du futur conçue par le designer Henry Dreyfuss, afin de leur permettre d’imaginer la forme que pourraient prendre les villes en 2039. Comme pour Futurama, la ville apparaît alors débarrassée des nuisances de l’âge industriel grâce à la dispersion des fonctions dans l’espace et à l’utilisation de moyens de circulation rapide. Quelques instants après l’entrée du public, une série de diapositives illumine la surface intérieure de la sphère, montrant des populations converger peu à peu vers la ville de l’avenir, où seront rassemblées les différentes catégories de travailleurs pour une vie meilleure.





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