Causiacum, ancien nom d’un lieu-dit où se trouve actuellement cette commune du Val-de-Marne, dérive certainement de la forêt de Cuise,qui abritait,il y a bien longtemps,quelques cabanes au bord du fleuve. Dorénavant, Choisy-le-Roi est une ville de transit, traversée par d’innombrables flux,et c’est pour mieux adapter ces mobilités à la ville que de nouveaux choix urbains ont été faits. Il est plus facile d’abandonner une ville – même de banlieue – à l’automobile,aux bus et au train que d’inverser la tendance, de faire en sorte que cette coexistence bénéficie en premier aux habitants, résidants ou non. La logique technique n’est pas une fatalité. Décider des arrêts de bus accessibles aux piétons sans les obliger à un détour,tracer des passages véritablement protégés,aménager des pistes cyclables,ralentir la vitesse des voitures, bref mettre en place tout un ensemble d’équipements qui ne privilégie pas l’automobiliste est un choix courageux qui appartient à une opération de renouvellement urbain apparenté au confort urbain. Cette notion neuve a un contenu sans âge :“conforter”, c’est avant tout “réconforter”, mais c’est également rendre confortable,c’est-à-dire faire en sorte que l’on se sente à l’aise.Réorganiser un nœud de transports individuels et collectifs n’est pas une mince affaire,d’autant qu’il en va de l’habitabilité d’un lieu et d’une réelle domestication de l’automobile – et d’une socialisation de l’automobiliste ! Simultanément à cette épineuse question des transports, le port de Choisy se transforme profondément : les activités industrielles polluantes déménagent, l’Imprimerie nationale s’installe, des logements se construisent,ainsi que des équipements collectifs.La ville va à la rencontre de la Seine, non sans une certaine crainte d’une inondation possible… Il y a certainement d’autres aspects de la politique urbaine (généralisation du tri sélectif, concertation avec la population,parcs et jardins….) qui auraient mérité un examen attentif, mais nous avons préféré insister sur le chantier qui ouvre la ville à la Région sans perdre sa singularité. Cette enquête montre les enjeux d’un tel choix et ne dissimule pas les rapports de forces, les contraintes de natures différentes, le coût et l’échéancier qu’il sousentend. Nos interlocuteurs ont tous répondu, sans “emberlificotage”,qu’ils en soient remerciés.
Enquête réalisée par Corinne Martin et Thierry Paquot
• • •
Les intentions de Laurent Pezin et Carole Vilet
La cohésion du centre-ville de Choisy-le-Roi repose sur la capacité du projet de renouvellement à instaurer un maillage continu entre les différentes entités du quartier, à privilégier les connexions plutôt qu’à centraliser autour d’un pôle ou d’une problématique dominante. Chacune des composantes du centre-ville fait l’objet d’une intervention spécifique qui trouve sa place dans le plan directeur et participe à la reconstitution de l’ensemble urbain :
• utiliser la dynamique et l’attractivité du pôle intermodal pour revaloriser les fronts de dalle attenants.
• transformer l’avenue Jean-Jaurès en mail urbain de centre-ville. Restaurer l’usage et la sécurité des piétons. Ouvrir les fronts opaques de dalles sur l’avenue.
• créer de nouvelles possibilités de traversée au sol et valoriser le chevet de l’église en relation avec la traversée nord-sud.
• s’appuyer sur la dynamique du marché et réorienter son image d’équipement collectif vers les espaces publics de centre-ville.
• constituer une place urbaine signalant la gare et amorçant un cheminement urbain lisible le long de l’avenue Anatole-France vers le pôle intermodal.
• constituer un mail structurant nord-sud entre le parc de la mairie et l’église.
Ce process de transformation vise une recomposition qui va au-delà des secteurs précités. Le maillage continu permet une planification par étapes successives et une intégration des autres quartiers, Saint-Louis et ZAC du Port notamment, dans la réflexion d’ensemble du projet d’aménagement.
Arc.Ame Laurent Pezin – Carole Vilet : architectes urbanistes
Betom : bureau d’études techniques