

Rachel nous a quittés à la fin octobre 2008 de façon aussi brutale qu’inattendue, à la suite d’une rupture d’anévrisme. Nous garderons d’elle le sourire enjoué qu’elle continuait à arborer même dans l’anxiété ou l’adversité, ainsi que l’allant dont elle faisait preuve en toute circonstance. Son regard d’une acuité malicieuse nous avait éclairé depuis près de 20 ans sur un sujet qui lui tenait particulièrement à cœur : les relations entre les villes et les ports. Son mémoire soutenu en 1990 sous la direction de Jacques Malézieux fut consacré à ce qui deviendra son sujet de prédilection : La ville et le port. Stratégie du réaménagement des espaces portuaires abandonnés ou en voie d’abandon. Cas de la Nouvelle-Orléans, Londres et Dunkerque. En janvier 1996, elle soutint sa thèse, sous la direction de Claude Chaline, La ville et le port. Le réaménagement des espaces portuaires délaissés. Les cas de Gênes, Naples et Trieste, qui obtint la mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité. Nommée maître de conférences en urbanisme et aménagement à l’UFR des sciences géographiques et de l’aménagement, université Aix-Marseille 1, elle devait rejoindre le laboratoire CNRS-TELEMME 6570 (Temps, Espace, Langages, Europe Méridionale-Méditerranée), où elle s’occupera notamment du Programme Villes et territoires méditerranéens au sein de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme à Aix-en-Provence. Membre fondateur du Réseau des chercheurs sur les villes portuaires (RCVP) en 1995, elle en assurera la coordination générale de 2000 à 2003. À partir de 2003, elle participera, auprès de l’équipe Villes d’interfaces portuaires du GDR Libergéo de Paris 1, au programme de recherche IRSIT sur L’analyse comparative des villes portuaires européennes (performance technique, rayonnement économique, mutations politiques, sociales et urbaines), associant des chercheurs du CIRTAI (université du Havre), de la Maison de la géographie (Montpellier), du Libergeo (Paris 1) et de son UMR TELEMME. Elle avait également engagé avec Claude Prelorenzo un inventaire de l’Architecture et de l’urbanisme des villes portuaires en France. Après une HDR (Habilitation à diriger des recherches) intitulée Refaire la ville au temps présent et soutenue à l’Institut d’urbanisme de l’université de Grenoble sous direction de Rémy Baudoui, elle fut nommée professeur dans cet établissement en 2006. Le monde ponctué de ports d’attache qu’elle avait à cœur de découvrir et de comprendre pour mieux en faire partager la dureté et les métamorphoses, mais aussi le charme de ses invitations au voyage, ont convaincu la communauté scientifique de l’intérêt que présentent les équipements portuaires selon diverses facettes constamment renouvelées dans le champ d’un urbanisme riche de ses multiples apports.

* Le Prix spécial est allé aux architectes Jean Guervilly et Françoise Mauffrey et au Département de Paris, Ville de Paris, DASCO, pour le Pôle universitaire de biologie à Paris, le Prix de la Première œuvre aux architectes Marjan Hessamfar & Joe Vérons et à la Ville de Cenon pour l’école maternelle Jean-Jaurès à Cenon, Gironde.

Dans le cadre des Prix d’architecture du Moniteur 2008 *, l’Équerre d’argent a été décernée, à l’unanimité du jury, à l’architecte Marc Barani et son équipe ainsi qu’au maître d’ouvrage la Communauté d’agglomération Nice Côte-d’Azur, pour le pôle multimodal du tramway niçois. Le maître d’œuvre évoque ici sa passion pour la complexité des géographies urbaines/humaines.

L’association pour l’Art urbain (séminaire Robert-Auzelle), présidée par Robert-Max Antoni, a récompensé en 2008 des démarches d’aménagement soucieuses de “Composer avec la nature”.
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Le site : www.arturbain.fr
Le n° 351 (nov.-déc. 2006) de la revue Urbanisme avec le dossier “Espaces ordinaires”, réalisé en partenariat avec l’association pour l’Art urbain.

Dans une ville en train de redéfinir sa politique urbaine, le forum organisé le 2 décembre 2008 par les associations régionales d’urbanistes de Midi-Pyrénées, Aquitaine et Languedoc-Roussillon a témoigné de la mobilisation mais aussi des attentes des professionnels.
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le site de l’APUMP : www.apump.org
le site du Centre méridional de l’architecture et de la ville : http://cmav.free.fr

L’association Volubilis, créée en 1998, avait retenu le thème du changement climatique et de ses effets sur la ville et les paysages contemporains pour ses 8e Rencontres euroméditerranéennes (du 19 au 22 novembre 2008).
Contact
Association Volubilis
8, rue Frédéric-Mistral, 84000 Avignon
Tél. : 04 32 76 24 66, fax : 04 90 87 01 76

On a coutume de célébrer l’installation d’œuvres d’art public dans les lieux urbains. Mais certaines œuvres qui ont pourtant été financées ne seront jamais mises en place. C’est un fait brutal et peu connu. Pourquoi cette interruption d’une commande publique ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre une exposition ouverte à Nantes, intitulée sobrement mais efficacement : “Pas faits… des projets d’art public arrêtés”. Visite et commentaires, par Christian Ruby, philosophe.
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Le calme, la tranquillité, près d’une autoroute ? Difficile à imaginer! C’est pourtant dans cette ambiance atypique que nous rencontrons une famille – caricaturalement unie et heureuse – qui réside dans une maison isolée au bord d’une autoroute qui n’a jamais été ouverte à la circulation.
Ursula Meier, qui a jusque-là réalisé plusieurs documentaires, introduit ainsi son premier long métrage de fiction sur grand écran, récompensé à Angoulême par le prix de la mise en scène. Ce drame original nous montre combien notre environnement peut agir sur nous-mêmes, tant au niveau psychologique que social.

Ce documentaire est le dernier d’une trilogie qui dresse un portrait du Kazakhstan sur dix ans. Le premier, Parce que, montrait les conséquences écologiques désastreuses de certaines pratiques d’exploitation du territoire, notamment des terres vierges, et l’assèchement de la mer d’Aral. Le deuxième, Mine de rien /1, traitait du passage de l’économie soviétique à l’économie capitaliste, avec pour cadre la ville de Karaganda, en particulier l’un de ses quartiers les plus difficiles, Maïkedouk. Le dernier film, Naissance d’une nation, aborde d’une manière plus large l’avenir du pays, à la fois tel qu’annoncé par son président Noursoultan Nazerbaïev et tel que nous sommes invités à l’imaginer. Cette fois, les deux réalisateurs se sont rendus dans le lieu où se concentrent désormais tous les pouvoirs, c’est-à-dire Astana, la nouvelle capitale, surgie en dix ans d’une steppe quasi désertique grâce aux pétrodollars. En fait, cette ville n’a pas de véritable nom puisque Astana, justement, veut dire “capitale”, d’aucuns espérant sans doute passer ainsi à la postérité après leur mort... Le gouvernement a donc déménagé d’Almaty pour occuper cette position plus centrale dans le pays, plus éloignée de la Chine notent certains, avec pour objectif à long terme d’en faire la capitale de l’Eurasie.

“Au nord de la Mauritanie, une fameuse piste reliait Nouakchott, la capitale, à la frontière sud de l’ancien Sahara espagnol. 470 km d’un désert qui ne se traversait qu’accompagné de guides maures. Qualifiée de ‘stratégique’, la nouvelle route nationale 3 remplace cette piste et constitue le dernier tronçon de la ‘Transsaharienne’. C’est l’appel des dernières traversées du désert par le sable avec des routards expérimentés ainsi que l’envie d’immortaliser la magie de cet itinéraire qui ont justifié mon premier voyage. Une aventure humaine et ludique aux allures de road movie. Guides, mécanos et pilotes, les Maures seuls étaient capables de faire passer camions de marchandises et vieilles voitures non équipées pour le désert. Ces dernières, sans cesse réparées par les uns et les autres, ont été l’écran à travers lequel j’ai vu défiler le film de ces paysages : des prairies vertes du nord du Maroc à Essaouira, des derniers plis de l’Anti-Atlas aux oueds, des villages champignons au désert de cailloux et de sable, du campement maure au parc national du Banc d’Arguin… J’ai ensuite photographié, sur une période de cinq ans, et en refaisant quatre fois le voyage, les transformations rapides de cette zone du Sahara. En 2002, elle était complètement désertique. Aujourd’hui, le commerce et le tourisme se développent pendant que les nomades se sédentarisent le long de cet axe.L’Afrique peut désormais se traverser, de Tanger jusqu’au Cap, sur des routes goudronnées.”