Le 18 juillet 2007, le sénateur Barack Obama s’engageait, s’il était élu, à agir sur la pauvreté urbaine en Amérique. Prenant l’exemple de la pauvreté et de la malnutrition d’Anacostia, à quelques kilomètres de Washington, D.C., il dénonçait un intolérable gaspillage en ressources humaines et proposait une coordination des politiques de redistribution pour aider les villes à surmonter leurs problèmes d’emploi, de logement, de transport, de pollution et d’insécurité, qui se régleraient au mieux à l’échelle métropolitaine/régionale. Dénonçant le caractère néfaste de programmes urbains inefficaces et incomplets depuis quarante ans (l’amputation du financement du développement urbain dans les quartiers modestes et défavorisés – Community Development Block Grant – de plus de 1 milliard de dollars sur le budget de 2008 et de 7 milliards sur les cinq ans à venir), il soutenait vigoureusement une politique de la Ville : “Qu’on ne me dise pas que le gouvernement fédéral n’a aucun rôle à jouer pour aider les villes à s’en sortir !” Réaliste, il prévoyait la création à la Maison Blanche d’un Bureau de la politique urbaine dont la fonction serait double : débusquer les approches urbaines les plus efficaces et éliminer les programmes redondants et coûteux privant les quartiers et leurs habitants modestes de ressources précieuses. Analyse par Sophie Body-Gendrot, américaniste et politologue, professeur à l’université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne).





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