Dresde, Chemnitz, Magdebourg : retrouver un centre Par Chloë Voisin Le centre-ville est remis à l’honneur dans toutes les villes européennes : rues étroites et pittoresques, immeubles anciens patrimonialisés et partition fine de l’espace sont les éléments mis en avant pour revitaliser ces espaces concurrencés par la périphérie. Cependant, quand cette structure urbaine fait défaut, comment revaloriser le centre-ville ? Dresde, Chemnitz et Magdebourg, trois grandes villes d’ex-Allemagne de l’Est qui ont vu leur centre historique totalement détruit en 1945 et partiellement reconstruit pendant la période de la RDA communiste, sont confrontées à ce dilemme : retrouver un patrimoine perdu, fût-ce au prix d’une mythification, comme sur le Neumarkt à Dresde ? Ou bien inventer un nouveau modèle exploitant leurs potentialités propres ? Enquête sur trois villes laboratoires face à leur passé par Chloë Voisin, doctorante, université de Lyon, UMR 5600 Environnement Villes et Sociétés, Biogéophile, Lyon 2, ENS LSH et Technische Universität Dresden.
La Charte de Leipzig La Charte de Leipzig (accompagnée de l’Agenda territorial voté au même moment) a été adoptée par les 27 ministres de l’Union européenne en charge de la ville le 24 mai 2007 à Leipzig. Ce texte, qui fait suite aux résolutions prises à Lille (2000), Bruxelles (2001), Rotterdam (2004) et Bristol (2005), constitue une étape supplémentaire et importante dans l’élaboration d’une politique de la Ville européenne. Il part d’un double constat : d’une part, la ville européenne représente un bien précieux grâce à sa qualité de foyer culturel et d’intégration sociale ; d’autre part, cette même ville se trouve menacée par la mondialisation et les évolutions démographique et climatique, mais aussi par les nouveaux modes de fabrication de la ville, qui ont mené à une perte de qualité urbaine et de cohésion sociale. L’idée phare de la Charte est que la réponse à ces nouveaux défis est la construction d’une ville durable (aux plans social, économique et environnemental). Son postulat est que l’attractivité des villes est directement corrélée à la qualité de leur environnement. Pour y parvenir, deux champs d’action sont définis : l’engagement d’une politique de développement urbain intégrée et l’aide aux quartiers urbains défavorisés. L’objectif est de sortir des solutions passe-partout en revenant à l’échelle locale et aux particularités du terrain, et en mobilisant aussi bien les acteurs publics traditionnels que des acteurs privés et les habitants dans une gestion non sectorielle. Retour à la ville dense et mixte, qualité des espaces publics, mobilité pour tous, qualité architecturale, développement de l’emploi dans les quartiers défavorisés, haute qualité environnementale dans tous les domaines sont les principales recommandations de la Charte. La présidence française de l’Union européenne (au second semestre 2008) a poursuivi ce travail de préconisations en proposant l’élaboration d’un “référentiel de la ville durable et solidaire” /1, qui devrait aboutir sous présidence espagnole au premier semestre 2010.
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