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n° 367 Juillet-Août 2009
Ville et presse

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Juillet-Août 2010
Villes créatives ?
 

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Hommages
François Ascher (1946-2009)
(in extenso)
Par Antoine Loubière

Avant d’envoyer ce numéro à l’impression, nous avons appris la triste nouvelle du décès de François Ascher, suivie d’une série de communiqués : du ministre Jean-Louis Borloo, de l’Institut pour la ville en mouvement, de l’Institut français d’urbanisme… Nous publions ci-dessous un de ses derniers textes, qu’il nous avait fait parvenir malgré son état de santé, suite à l’annonce de son Grand prix de l’urbanisme et à un premier échange avec Ariella Masboungi. Un plaidoyer argumenté pour une relance de la recherche urbaine. Nous publions également – sans modification – l’article que Thierry Paquot avait rédigé sur l’attribution du Grand prix 2009 avant l’annonce de la mort de son lauréat, homme de convictions, ouvert au débat, généreux en amitié. La revue Urbanisme, à laquelle il a régulièrement collaboré, lui rendra l’hommage qu’il mérite dans son prochain numéro.

Comment relancer la recherche urbaine ?
par François Ascher (mai 2009)
Il y a aujourd’hui un véritable déficit du côté de l’urbanisme de haut niveau, notamment par manque de concepts nouveaux répondant aux enjeux urbains contemporains (mixité, durabilité, mobilité, attractivité…). De leur côté, les chercheurs ont tendance à se replier sur leurs disciplines. Il faut donc les ramener sur le terrain de l’urbanisme, en les valorisant. Car il y a un besoin de concepts scientifiques permettant à l’intervention urbaine de faire face au défi de la maîtrise des grandes métropoles. La consultation sur le Grand Paris a démontré cette nécessité, à défaut d’apporter de nouvelles façons de penser et d’agir. Il faut donc relancer la recherche urbaine autour des grands enjeux sociétaux.
Mais le monde de la recherche est un “monde”, avec ses paradigmes, ses temporalités, son vocabulaire, ses règles. Pour pouvoir le mobiliser, il faut donc des “traducteurs” et des “médiateurs” avec les “mondes de l’action”. Il faut se donner les moyens de transformer les résultats (et les questions) de la recherche en informations et connaissances utilisables par les mondes de l’action. Et, réciproquement, il faut se donner les moyens de transformer les problèmes de l’action en questions compréhensibles par le monde de la recherche, susceptibles de l’intéresser (intellectuellement et... matériellement). Les questionnements, les temporalités, les langages des deux mondes sont très différents. De plus, bien des acteurs n’ont à résoudre des problèmes “qu’une fois”, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas le sentiment qu’un investissement (nécessairement à moyen et à long terme) puisse les aider. Il faut donc des dispositifs de médiation et de traduction dans les deux sens. Ils devraient être de trois types.
1) Tout d’abord, des dispositifs capables de faire se croiser les politiques scientifiques avec les problèmes rencontrés par les acteurs et avec les politiques thématiques (urbanisme, aménagement, logement, transports, etc.).Pour cela, il faudrait recréer des organismes comme le Plan Construction et Architecture ancienne manière, avec les ministères, les collectivités locales (une coopérative des communautés urbaines par exemple, un style du DIFU allemand), des acteurs professionnels innovants, voire des organisations professionnelles, des universitaires et des chercheurs. Ce dispositif aurait ses propres moyens de financement : cotisations des collectivités locales, sponsoring des acteurs privés, subventions de l’État.
Par ailleurs, il est utile que des organismes sans enjeux immédiats, ni académiques, ni professionnels, jouent un rôle dynamiseur en étant capables d’identifier des thèmes émergents à mettre à l’agenda de la recherche. L’Institut pour la ville en mouvement (IVM) est un bon exemple de ce type de démarche indépendante des jeux d’acteurs de l’université et de l’aménagement.
2) Un deuxième type de dispositif devrait permettre de structurer la recherche sur les villes, sur l’urbanisme et pour l’urbanisme. Il faut faire face en effet à une double exigence : l’ancrage disciplinaire des équipes (leur excellence et leur reconnaissance dans leur propre discipline) et la pluridisciplinarité (qui s’organise sur des thèmes : logement, transport, etc.).
Pour cela, il faut des équipes ayant une certaine consistance, travaillant dans des laboratoires bien identifiés. La pluridisciplinarité ne doit pas affaiblir la qualité scientifique dans une sorte de culture générale. Il faut que l’ancrage disciplinaire serve aussi à féconder les recherches thématiques, notamment en favorisant les transferts théoriques et méthodologiques des recherches qui avancent sur d’autres thèmes que l’urbain. Le financement devrait être assuré principalement par des organismes légitimes scientifiquement, du type Agence nationale de la recherche, et par les universités elles-mêmes.
3) Enfin, un troisième type de dispositif assurerait le lien entre les chercheurs et les acteurs professionnels. Je pense au modèle des centres hospitaliers universitaires (CHU), où des cliniciens de haut niveau travaillent aux côtés de chercheurs ou sont eux-mêmes impliqués dans la recherche. Des centres urbanistiques universitaires (CUU) pourraient traiter des problèmes urbanistiques complexes, un peu comme ce qui s’est passé avec certaines équipes du concours sur le Grand Paris, mais en travaillant sur la durée.
Certains gros instituts d’urbanisme pourraient devenir des CUU et assurer ainsi simultanément la formation de jeunes urbanistes, mais aussi traiter des problèmes trop lourds et trop complexes pour une équipe classique d’urbanistes privés ou publics. Ces CUU seraient financés en partie par les contrats liés à chaque projet opérationnel.
De manière générale, il faut favoriser la mobilisation des chercheurs comme experts, ce qui ne passe pas forcément par une commande de recherche. Mais il faut pouvoir utiliser leurs méthodologies et leurs savoirs pour faire avancer des projets.
Les crises actuelles nécessitent plus que jamais que les connaissances scientifiques fécondent l’action. Je souhaite que mon Grand prix de l’urbanisme puisse servir la société ainsi que les acteurs politiques et professionnels de l’urbanisme et de l’aménagement en favorisant le débat sur les enjeux de la recherche.

Grand prix de l’urbanisme 2009
par Thierry Paquot
Le Grand prix de l’urbanisme a été attribué la première fois en 1989 à Michel Steinbach, puis à Jean-François Revert, Jean Dellus, Antoine Grumbach et Bernard Huet en 1993. Il connaît alors une interruption de quatre ans, avant d’être de nouveau décerné en 1998 à Christian Devillers, puis à Philippe Panerai et Nathan Starkman, Alexandre Chemetoff, Jean-Louis Subileau, Bruno Fortier, Michel Corajoud, Christian de Portzamparc, Bernard Reichen, Francis Cuillier, Yves Lion et David Mangin. Pour les 20 ans de cette prestigieuse distinction, le jury /1 unanime a voté pour un économiste spécialisé en urbanisme, François Ascher, né en 1946. Celui-ci a créé Europan, le Club Ville-Aménagement, l’Institut pour la ville en mouvement (PSA-Peugeot Citroën), et a dirigé l’Institut français d’urbanisme (IFU, université Paris 8).
Dans le monde de l’urbanisme et de l’aménagement, François Ascher représente les sciences humaines et sociales et, lors de précédents jurys, son nom avait déjà été mentionné aux côtés de ceux de Françoise Choay ou de Marcel Roncayolo, comme si certaines personnes consultées souhaitaient honorer des théoriciens soucieux de l’opérationnalité, des “penseurs” dont les écrits nourrissent les praticiens. Par son enseignement, ses recherches et sa capacité à stimuler des études, à faire se rencontrer et échanger “professionnels” et “chercheurs”, François Ascher contribue, indéniablement, au renforcement des études urbaines. Homme de dialogue et de débats, il est toujours prêt à défendre ses idées (“la métapole”, “l’hypermodernité”, “le compromis”, etc.) avec une grande ouverture d’esprit et une réelle curiosité, pas si fréquentes dans le milieu académique.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les questions urbaines, dont Demain la ville ? (avec Jean Giard, Éditions sociales, 1975), ouvrage qui explicitait les propositions du Parti communiste, auquel il appartenait alors, Métapolis ou l’Avenir des villes (Odile Jacob, 1995), Le Logement en questions (qu’il coordonne, éditions de l’Aube, 1995), La République contre la ville. Essai sur l’avenir de la France urbaine (l’Aube, 1998), La Société hypermoderne. Ces événements nous dépassent, feignons d’en être les réalisateurs (l’Aube, 2001), Les Nouveaux Principes de l’urbanisme. La fin des villes n’est pas à l’ordre du jour (l’Aube, 2001), Fabriquer la ville. Outils et méthodes. Les aménageurs proposent (sous sa direction, La Documentation française, 2001), La rue… est à nous ! (co-direction, Au diable vauvert, 2007) et Les Nouveaux Compromis urbains. Lexique de la ville plurielle (l’Aube, 2008). Dans ce dernier, il note que “cette ville du xxie siècle ne peut être que diversité et donc compromis entre les demandes et les pratiques variées dont elle fait l’objet. L’urbanisme ne peut donc être uniforme. Mais il doit être volontaire, car les dynamiques sociétales ont tendance spontanément à produire du chaos et de l’injustice. L’urbanisme interpelle ainsi les politiques. Il exige qu’ils aient des ambitions et des projets. Mais il implique aussi un art du compromis car chaque situation, chaque enjeu urbain, nécessite la prise en compte d’intérêts variés et la construction d’aménagements et de majorités ad hoc.”
 

Notes


1/
Cette année, le jury du Grand prix, animé par Ariella Masboungi, comprenait :

Jean-Marc Michel (DGALN/ministère de l’Écologie), Alain Juppé et Daniel Delaveau, maires de Bordeaux et de Rennes, Hans Thoolen (ville de Breda) et Bernardo Secchi (urbaniste italien de renommée internationale), Marie-Hélène Badia, Brigitte Bariol, Sophie Body-Gendrot, François Delarue, Jean Gautier, Jacqueline Osty, David Mangin, Olivier Mongin, Bernard Reichen et deux journalistes, Michèle Leloup et Grégoire Allix.
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Bruits de ville
Abu Dhabi
Global City prend ses quartiers dans le Golfe
Par Pierre Laconte
Les 7 et 8 avril 2009, le gouvernement d’Abu Dhabi était l’hôte du Forum Global City organisé par Reed Exhibitions Middle East /1. À cette occasion, Pierre Laconte, président de l’Association internationale des urbanistes (IAU / ISOCARP), a découvert l’agence d’urbanisme d’Abu Dhabi…


www.globalcityforum.com
www.isocarp.org
 

Notes


1 /
Reed Exhibitions est le leader mondial dans l’organisation de salons commerciaux et salons de produits de consommation. Sa filiale française Reed Midem organise notamment le MIPIM à Cannes.
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Bruits de ville
Pérou
Lettre d’Arequipa
Par Jean-Pierre Charbonneau
Comparaison n’est pas raison, mais le détour s’avère souvent pertinent. Il permet de voir autrement ce qu’on croit connaître comme sa poche. Ainsi, Jean-Pierre Charbonneau, urbaniste et consultant, comprend-il sa ville, Lyon, à partir de sa visite d’Arequipa, comme il nous l’explique dans cette missive.


http://jpcharbonneau-urbaniste.com
www.mediapart.fr/club/blog/Jean-Pierre+Charbonneau
 
J.-P. Charbonneau
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Bruits de ville
Santiago du Chili
Alejandro Aravena, elemental mon cher…
Par David Navarrete
Lors de la XIe Biennale de Venise, en 2008, Alejandro Aravena, né en 1967, est sacré “jeune architecte le plus prometteur”. Depuis le 1er janvier 2009, il a été coopté membre du jury du prestigieux prix Pritzker, qui a récompensé cette année Peter Zumthor. David Navarrete, architecte et urbaniste mexicain, présente son travail dans le cadre du collectif Elemental.
 

Notes


En savoir plus :
www.alejandroaravena.com
www.alejandroaravena.com
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Bruits de ville
Bâle
Peter Zumthor, prix Pritzker 2009
Par Thierry Paquot
Article indisponible.
 
Bruits de ville
Hexagone
Sites militaires en attente de projets
Par Antoine Loubière
Des dizaines d’anciennes emprises militaires sont potentiellement disponibles pour des projets urbains. Un défi pour de nombreuses villes, analysé lors d’une journée organisée le 12 mai par la SCET (groupe SNI).

www.scet.fr/
www.cdid.fr/

www.mrai.sga.defense.gouv.fr/

 
Projet de réhabilitation de la caserne Lefebvre en logements à Mulhouse.
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Bruits de ville
Paris
Une exposition trop sage sur les tours
Par Thierry Paquot
Article indisponible.
 
Bruits de ville
Art en ville
Étienne Boulanger ou la reconquête de l’espace public oublié
Par Camille de Singly
Christian Ruby avait rencontré l’œuvre publique d’Étienne Boulanger grâce à Camille de Singly, qui avait travaillé avec l’artiste décédé en octobre 2008. Aussi lui a-t-il demandé de rédiger cet article de synthèse en forme d’hommage.
 
Étienne Boulanger, Contre-formes,
Ligne A / Intervention 2 Pariente, 2007.
© Mixar
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Vidéo
Utopies et réalités urbaines
Par Annie Zimmermann
La 3e édition du salon et convention d’affaires China Europa, organisée par Le Havre Développement, a été reportée d’avril à décembre 2009 (cf. agenda, p. 13), mais le volet culturel de la manifestation, le 1er festival de courts métrages China Europa, a décerné ses prix le 2 avril 2009 en présence de Paul Andreu, président du jury. Ce concours international sur le thème “Utopies et réalités urbaines” a été lancé fin 2008 en partenariat avec la Ville du Havre et le groupe Lafarge, et avec le soutien de l’ambassade de la République populaire de Chine. S’adressant aux étudiants d’écoles d’art, de cinéma, d’audiovisuel et d’architecture, il a mobilisé une dizaine d’équipes chinoises et européennes. Neuf équipes ont concouru, six films ont été nominés et trois récompensés. Une projection des cours métrages nominés a été organisée le 27 mai au Centre culturel de Chine à Paris, en présence notamment du maire du Havre, Antoine Rufenacht.
Ces films sont visibles sur www.china-europa.tv.
 
© D.R.
© D.R.
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