Le Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés, qui répond au doux sigle de PNRQAD, en gestation depuis la loi du 25 mars 2009, concernera finalement 40 quartiers sur les 87 candidats à l’appel à projets lancé le 13 mai 2009. Présenté en Conseil des ministres, le 9 décembre, par Benoist Apparu, secrétaire d’État chargé du Logement et de l’Urbanisme, ce programme ne traitera pas les 40 quartiers de la même manière : 25 sont retenus à part entière – dont 15 avec un périmètre restreint par rapport à celui proposé par les porteurs de projet ; et 15 ne bénéficieront que d’un accompagnement limité à de l’ingénierie.
Sur la période 2010-2012, l’État mettra 380 millions d’euros de crédits, avec un effet levier (mobilisation des collectivités et investissement privé) qui devrait permettre 1,5 milliard d’euros de travaux. Pour Benoist Apparu, le PNRQAD n’est pas un cadre national figé, mais répondra à la souplesse du conventionnement avec les collectivités. Marc-Philipe Daubresse, le président de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH)
/1, a souligné que ce programme mariait le mode opératoire de l’ANRU et le savoir-faire de l’ANAH sur les quartiers anciens. Au final, le PNRQAD permettra de traiter des quartiers anciens dégradés avec une démarche globale allant au-delà des OPAH-RU
/2, notamment pour les espaces publics. Pour booster l’investissement privé, l’aide fiscale “Malraux” sera également accordée. Les périmètres définitifs devraient être arrêtés par décret avant le 31 décembre 2009 pour permettre la signature des conventions et le lancement des travaux au premier semestre 2010.
Nouvelle organisation de l’ANRU… et menaces sur son CESPetit à petit, Pierre Sallenave, son directeur général, imprime sa marque à l’Agence nationale pour la rénovation urbaine. Une nouvelle organisation “au plus près du terrain” est en cours de mise en place. Ainsi, depuis le 1er janvier 2010, deux directions opérationnelles accompagnent les délégués territoriaux de l’Agence : l’une centrée sur l’Île-de-France est confiée à Aude Dufourmantelle, architecte-urbaniste en chef de l’État, précédemment directrice de la DDE de l’Eure ; l’autre compétente sur le reste du territoire national à Guillaumette Karpelès, directrice de la coordination territoriale depuis juin 2007.
Par ailleurs, une nouvelle direction de l’animation et de l’appui aux acteurs de la rénovation urbaine est placée sous l’autorité d’Éric Le Guern, ICPC, précédemment sous-directeur de l’animation scientifique et technique au ministère de l’Écologie (MEEDEM).
La direction de la stratégie et du développement des programmes menée par Pascale Rieu, poursuit, elle, les expertises, le suivi des points d’étape, l’explicitation et l’enrichissement des modalités de financement du PNRU, tout en préparant de nouveaux programmes comme le PNRQAD.
La direction financière de Catherine Lacaze, qui en a la responsabilité depuis février 2009, et l’agence comptable, confiée en mai 2009 à Alfred Fuentes, ont été réorientées vers des procédures plus efficaces. Enfin, le dialogue avec les élus et partenaires est encore renforcé, à l’initiative d’Anne Peyricot, nommée en mai 2009 directrice des relations institutionnelles.
Sans lien avec cette réorganisation, le Sénat a adopté, le 4 décembre 2009, un amendement du sénateur Philippe Dallier supprimant les crédits du Comité d’évaluation et de suivi (CES) de l’ANRU et proposant que le travail d’évaluation s’effectue désormais au sein du conseil d’administration de l’Agence.
Ce qui est la “négation même de la notion d’évaluation indépendante” fixée par la loi d’août 2003, souligne le CES dans un communiqué. Une affaire à suivre.
Dans Quand les quartiers réinventent la ville, Bernard Loche, journaliste, ancien rédacteur en chef du magazine des banlieues Sagacités (France 3) et Chantal Talland, directrice des Écoles de la rénovation urbaine et de la gestion des quartiers, ont donné la parole aux “acteurs de la rénovation urbaine”, élus, bailleurs sociaux, financeurs, architectes, urbanistes, consultants… tous militants d’une certaine idée du vivre ensemble en ville. Quand les quartiers réinventent la ville, Bernard Loche, Chantal Talland, éditions Autrement, coll. “Acteurs de la société”, 188 pages, 20 euros.
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