La cérémonie du Grand Prix de l’urbanisme 2009 en hommage à François Ascher, lauréat décédé le 8 juin 2009, avait une tonalité singulière, celle du souvenir mais aussi d’un parcours intellectuel en devenir.

Deux ouvrages très complémentaires de et sur François Ascher sont récemment parus.
Le premier, L’Âge des métapoles (éditions de l’Aube, 390 pages, 28 euros) est un recueil de textes, issus de processus éditoriaux différents : extraits d’ouvrages, articles scientifiques, exposés pédagogiques, conférences, interventions dans le débat public et politique par des tribunes publiées ou non dans la presse. Organisé en dix chapitres (de “La troisième modernité et la ville” aux “cleantech”, ce choix résulte de la volonté même de François Ascher, qui avait confié la conception de l’ouvrage à Alain Bourdin. Celui-ci, dans une préface remarquable, livre sa vision du parcours intellectuel de François Ascher, concluant sur le fait que “son approche de l’urbanisme reste indissociable de la politique et des théories macrosociales”.
Le second, Organiser la ville hypermoderne. François Ascher Grand Prix de l’urbanisme 2009 (éditions Parenthèses, 160 pages, 16 euros) est la publication traditionnelle du ministère de l’Écologie (MEEDEM) accompagnant le Grand Prix. Réalisé sous la direction d’Ariella Masboungi, il prend cette année une tonalité particulière en étant consacré uniquement au lauréat, choisi à l’unanimité du jury. Il comporte des entretiens avec François Ascher, des témoignages chaleureux sur lui, et une courte anthologie, dont “La lettre au maire de la commune voisine”, paru dans le dossier “Gouverner” d’Urbanisme n° 358 (janv.-fév. 2008).
Si les clusters sont à la mode avec le Grand Paris, un récent séminaire “Vers une politique de Clusters en Méditerranée” /1 a permis de mesurer à quel point l’innovation, y compris partenariale, était aussi une composante des stratégies territoriales de plusieurs régions méditerranéennes. Au Sud comme au Nord.
Le 4e colloque POPSU (Plate-forme d’observations des projets et stratégies urbaines) s’est tenu le 18 novembre 2009 à la Communauté urbaine du Grand Lyon. Précédée par des visites d’opérations la veille, cette journée était l’aboutissement de trois ans de recherche sur “La production de la ville” à Lyon, dans le cadre d’un programme coordonné au niveau national par le Plan urbanisme construction architecture (cf. Urbanisme n° 369). Compte rendu par François-Xavier Roussel, consultant.

Regroupant des travaux issus de l’équipe locale de recherche du POPSU, le livre Lyon. La production de la ville (éditions Parenthèses, 262 pages, 22 euros), conçu sous la direction de Paul Boino, est dédié à la mémoire de Bernard Jouve, décédé en 2009 (cf. l’article de Christian Lefèvre dans Urbanisme n° 368). Il comprend une contribution de ce dernier intitulée “De la métropole d’équilibre à Lyon Inc.” consacrée aux relations entre milieux économiques, en particulier la CCI, et sphère politique s’organisant autour d’un “référentiel néolibéral” que l’on retrouve moins dans d’autres villes françaises..
Le colloque POPSU consacré à Marseille aura lieu le 31 mars prochain ; l’ouvrage sur cette ville vient de paraître. A. L.
www.gip-epau.archi.fr/POPSU/valorisation/Durant l’automne 2009, trois congrès mondiaux de professionnels de l’aménagement se sont tenus à Berlin (FIHUAT/IFHP), Kaohsiung/Taipei (INTA) et Porto (AIU/ISOCARP).
Un accord de coopération entre les trois associations va leur permettre une présence renforcée sur la scène internationale. Explications de Pierre Laconte
*, ancien président de l’Association internationale des urbanistes (2006-2009) et membre de son comité exécutif.

Association internationale des urbanistes
(AIU/ISOCARP) :
www.isocarp.orgFédération internationale pour l’habitat et l’aménagement du territoire (FIHUAT/IFHP) :
www.ifhp.orgAssociation internationale de développement urbain (INTA) :
www.inta-aivn.orgPuissantes machines, très grands écrans, vitesse des calculs et des affichages… et dans le réservoir : des données de plus en plus nombreuses et précises comme celles du Répertoire d’immeubles localisés (RIL). Un outil pour le “recensement rénové” (par sondages), dont l’INSEE commence à publier les premiers résultats 2006. Stéphane Semichon, spécialiste des usages des technologies, décrypte cette nouvelle donne.
Entretien avec Laurent Puons, directeur général d’Imagina, le rendez-vous de la communauté “3D” en Europe, qui se tient du 3 au 5 février 2010 à Monaco.
Nouveau : le « Répertoire des logements sociaux » ! Infortuné lecteur ! Nous t'avons abreuvé d'informations sur le Répertoire d'immeubles localisés (RIL) de l'INSEE. Nous t'avons fourni
une copieuse exégèse des arrêtés qui l'ont créé et modifié.
Mais l'encre à peine sèche, voilà autre chose ! Il nous faut te parler d'un nouveau répertoire : le « Répertoire des logements locatifs des bailleurs sociaux ».
Bah, penseras-tu peut-être, voilà qui ne m'apprend rien... Car, sans même mener à son terme la lecture de la loi « Molle » (Mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion) et de ses quelque 124 articles, tu connaissais bien sûr ce répertoire, défini dès son article 112. Et même si cela n'était pas le cas, la création de l'article L 411-10 du Code de la construction et de l'habitation qui en a découlé ne t'aura pas échappé :
Code de la construction et de l'habitation. - art. L411-10 (VD) Certes, mais as-tu bien noté la sortie du décret d'application, en date d'un funeste anniversaire, le 2 décembre 2009 ? Ce décret enrichit lui aussi le Code :
Code de la construction et de l'habitation. - art. R411-3 (V) Code de la construction et de l'habitation. - art. R411-4 (V) Code de la construction et de l'habitation. - art. R411-5 (V) L'arrêté nous manque encore pour connaitre les derniers détails de ce dispositif prévu pour démarrer en 2011/2012, selon la taille du parc des bailleurs sociaux. Mais on peut cependant se poser d'ores et déjà quelques questions :
- Une articulation sera-t-elle possible entre le RIL et ce nouveau Répertoire des logements locatifs des bailleurs sociaux (RLS) ? Parmi les collectivités, cette question intéresse en particulier celles qui seront destinataires des deux répertoires, et qui jouent, dans le cas du RIL, un rôle essentiel dans la constitution et la mise à jour des informations.
- Juxtaposer des « outils métiers » en multipliant les saisies, les redondances d'information, et les erreurs, est-ce une bonne solution ? Certains proches du dossier évoquent « deux mondes, l'Équipement d'un côté, l'Économie (INSEE) de l'autre. » Contenir plusieurs mondes est-ce le dernier moyen de démontrer qu'on est un grand pays ?
- Le RLS permettra-t-il de fiabiliser certains chiffres fournis par le recensement et d'alléger ses « questionnaires logement » ? En son temps, des partisans de cet allègement évoquaient par exemple l'utilisation du « fichier du ministère de l'Équipement sur l'appartenance au parc social ». Sans suite. Ce qui n'était pas possible jusque là le deviendra-t-il avec le RLS ?
- Décréter, « sur le rapport du ministre d'État, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat » la constitution d'un répertoire de logements qui ignore l'échelle bâtiment est-il pertinent et aidera-t-il à mener des politiques dans les domaines climat-habitat et développement durable/renouvellement urbain ?
- Créer un nouveau répertoire n'est-ce pas pêcher par excès d'optimisme alors que « l'appareil statistique public se dégrade » ? (Patrick Duchâteau, chef du service informatique et statistique de la FFB, cité dans
Le Monde du 13 janvier 2009 : « Baisse surprise du coût de la construction, les professionnels mettent en cause la pertinence de cet indicateur calculé par l'INSEE »)
- Le RIL avait été soumis à l'avis de la CNIL. Le RLS le sera-t-il lorsque l'arrêté qui le concerne sera finalisé ?
Que penser par exemple de l'accès public à certaines informations et de leur possible rediffusion, telles, sauf erreur, la localisation et les caractéristiques principales du logement ? Le seuil d'agrégation fixé à 11 logements pour la communication de certaines autres informations est-il significatif en termes de secret statistique ? Que penser de la disparition de tout seuil d'agrégation lorsque le nombre de logements sociaux d'une commune est inférieur à 11 logements ?
Le(s) Répertoire(s) des immeubles localisés...... en fait répertoire(s) d'adresses, localisées par des coordonnées géographiques. La délibération de la CNIL sur l'arrêté autorisant les collectivités locales et les organismes chargés d'une mission de service public à utiliser les données du RIL.
La dispense de déclaration de certains traitements de données corolaires.
La première réunion du groupe de travail sur le RIL mis en place par la Commission nationale d'évaluation du recensement de population (CNERP) a eu lieu le 18 décembre 2009. Son mandat est en ligne sur le site du CNIS (bientôt rénové). Pour y accéder :
www.cnis.fr/ind_agenda.htmpuis dans « Groupes de travail actifs », cliquer sur :
« Collaboration INSEE - collectivités locales dans la constitution des RIL »
Ce groupe de travail est animé par Séverine Ballereau (AITF, mairie de Rouen), représentant les collectivités locales à la CNERP. La rapporteure en est Catherine Giraud, responsable des équipes SIG à l'INSEE. Il inclut des représentants des associations d'élus, des agences d'urbanisme et de techniciens des collectivités locales :
- Marie-Hélène Boulidard (personne qualifiée, démographe de la commune de La Roche sur Yon)
- Jean-Philippe Damais (AMF)
- Maryse Larpent (Adeupa-Brest, pour la FNAU)
- Philippe Louchart (IAU-IDF)
Y participent également des représentants des équipes en charge du RIL à la DG et dans les DR de l'INSEE.
Le « SIGRIL » est pour sa part évoqué par Jean-Paul Colliez, INSEE Réunion, dans « l'enquête Démo97 » (
Courrier des Statistiques n° 94, juin 2000) :
www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/cs94h.pdf Sur le recensement rénové Le recensement est défini dans
la loi relative à la démocratie de proximité, articles 156 et suivants.
Les travaux de la Commission nationale d'évaluation du recensement de population (CNERP) sont accessibles sur le site du CNIS à la page :
www.cnis.fr/ind_agenda.htm Le rapport du groupe de travail qui l'a précédée (« Utilisation des données produites par le recensement rénové de la population et leur diffusion ») est disponible :
http://www.cnis.fr/doc/Stockage%20Rapports/rapport%2098.pdf Le rapport parlementaire de novembre 2008 « sur la nouvelle méthode de recensement de la population » issu des travaux d'une mission composée des députés Philippe Gosselin (président), Philippe Goujon et Philippe Vuilque, est en ligne :
www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i1246.pdf Voir aussi « Le recensement rénové de la population en France », Guy Desplanques (INSEE), Colloque INSEE-Eurostat sur les recensements après 2001 (Paris, novembre 2000) :
www.insee.fr/fr/insee-statistique-publique/colloques/insee-eurostat/pdf/desplanques.pdf De quelques fichiers La loi du 6 janvier 1978
relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés est à lire ou à relire. La proposition de loi relative aux fichiers de police présentée par Delphine Batho et Jacques Alain Bénisti :
www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion1659.asp Le 24 novembre 2009, les députés repoussaient cette proposition en scrutin public :
www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0457.asp Normalisation et standardisation Pour voir une des conférences sur le prototype de « configurateur de systèmes constructifs » présenté par le CSTB et Saint-Gobain au dernier salon Batimat :
http://isover.fr/doc/upload/BATIMAT2009-conferencesaint-gobain-web.mov Pour en savoir plus sur l'élaboration du « Dictionnaire technique harmonisé des propriétés des matériaux et équipements pour le bâtiment » piloté par la commission "Structuration des données" de
l'Association des Industries de Produits de Construction (Aimcc) :
http://www.edibatec.org/DicoAimcc
Le covoiturage permet d’être écolo et économe tout en se faisant des amis ! De tels slogans ont médiatisé sa pratique, ainsi que ses avantages supposés, notamment au cours des récentes périodes de flambée du coût du carburant. Il s’est ainsi retrouvé propulsé en de nombreux pays en première ligne des solutions alternatives. Pourtant, en France, cette pratique se révèle ancienne de plusieurs dizaines d’années, comme l’explique Stéphanie Vincent, doctorante au Laboratoire d’économie des transports (LET-ENTPE Vaulx-en-Velin).