Dès 2008, Reims Métropole avait lancé une démarche originale d’élaboration d’un projet urbain, “Reims 2020”, qui a abouti en décembre 2010, quelques mois avant l’inauguration du tramway. Retour sur l’histoire de ces deux projets.
Élue maire de Reims au printemps 2008, Adeline Hazan, devenue également présidente de Reims Métropole, a très vite lancé une consultation auprès d’urbanistes pour imaginer la métropole à l’horizon 2020. Pas moins de 43 équipes ont postulé, trois sont sélectionnées en novembre 2008, pilotées respectivement par Christian Devillers, Bruno Fortier et Philippe Panerai, tous trois anciens Grands Prix de l’urbanisme. La démarche Reims 2020 est lancée en janvier 2009 ; elle durera près de deux ans, conjuguant consultation de la population, élaboration par les équipes d’urbanistes d’un état des lieux puis de leur vision du futur, analyse des propositions par les experts, formulation par les élus du projet “Reims 2020”. Celui-ci est finalement présenté lors d’un colloque le 3 décembre 2010, qui révèle “Le choix des proximités”.
Dans son discours de présentation, Adeline Hazan en souligne les différentes dimensions aux différentes échelles (ville, agglomération, pays rémois avec le création sur 42 000 ha d’un grand parc périurbain, le Grand parc de Champagne). Elle évoque aussi une autre perspective, celle d’une métropole multipolaire appelée pour l’instant le G10, c’est-à-dire les villes de Reims, Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Château-Thierry, Épernay, Laon, Rethel, Sedan, Soissons, et Vitry-le-François, représentant un bassin de vie de près d’un million d’habitants. Bref, le projet Reims 2020 est pour elle “un processus de transformation continue, qui mettra notre territoire en mouvement, l’entraînera dans une dynamique de changement, en associant en permanence ses habitants”.
Un tronçon commun pour deux lignes
Après le TGV en juin 2007, Reims et son agglomération accueillent le tramway qui relie, depuis le 16 avril 2011, le quartier d'Orgeval, au nord, à la gare Champagne-Ardenne TGV sur la commune de Bezannes, au sud-ouest. Une infrastructure de 11,2 km de long comportant deux lignes : la ligne A (9 km, 21 stations) qui dessert notamment la gare de Reims-Centre, le quartier de la cathédrale, le campus Croix rouge, et se termine à l’hôpital (CHU) Robert Debré ; la ligne B (7 km, 13 stations) qui part de la gare de Reims-Centre et arrive à la gare Champagne-Ardenne TGV, la majeure partie du tracé étant commune avec la ligne A. Ces deux lignes de tramway sont complétées par un réseau de bus restructuré.
Ce tramway inauguré par Adeline Hazan est en fait la réalisation d’un projet datant des années 1980 et porté alors par le président (divers droite) du district, Jean-Louis Schneiter. Mais le maire (RPR) de l’époque Jean Falala fera échouer ce projet, qui sera relancé par Jean-Louis Schneiter, élu maire en 1999 et qui le restera jusqu’en 2008. Entre-temps le district est devenu une communauté d’agglomération baptisée en 2005 Reims Métropole (6 communes, 220 000 habitants), qui est l’autorité organisatrice des transports.
Du point de vue du financement, ce tramway est le premier inauguré en France à avoir bénéficié des aides du Grenelle de l’Environnement à hauteur de 45 millions d’euros sur un total de 413 millions d’euros. Il constitue également le premier exemple d’un “partenariat public-privé” en France pour ce type d’infrastructure. Ce “PPP” de 30 ans a été attribué à la société MARS (Mobilité Agglomération Rémoise), spécifiquement créée pour assurer la conception, la construction, le financement, l’exploitation et la maintenance du projet. Le principal actionnaire (30%) est CDC infrastructure, filiale de la Caisse des Dépôts déjà présente au capital de la SANEF, d’Eurotunnel et du Viaduc de Millau /1. L’exploitation de l’ensemble du réseau de transport (tram + bus) a été confiée par MARS à Transdev Reims (filiale de Veolia Transdev).
A. L.