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n° 335 Mars-Avril 2004
Métiers / Formations

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Métiers et formations en questions
(in extenso)
Par Antoine Loubière

Une crise d’identité et de reconnaissance pour des métiers et des formations partageant la même vulnérabilité.

Floraison des métiers de la ville, quête de reconnaissance des professionnels, interrogations des formateurs, inquiétude des étudiants… Ainsi pourrait-on résumer la situation de ce vaste ensemble des métiers de la ville, et des formations qui y conduisent, auxquelles la revue Urbanisme a déjà consacré un guide en 1997 et un répertoire en 2001.
Nous avons cependant voulu aller au-delà des apparences, en prenant l’initiative de réunir autour d’une même table (ronde) professionnels et formateurs, avec la DGUHC (ministère de l’Équipement), sans se laisser enfermer dans le camp des seuls “urbanistes”, d’ailleurs aux prises avec les affres d’une juste définition du périmètre de leur champ professionnel. Au point que Bernard Pouyet, président de l’APERAU, n’hésite pas à parler d’une double crise – d’identité et de reconnaissance –, pour des métiers et des formations qui semblent partager, selon lui, “la même vulnérabilité”.
Mais cette vulnérabilité et la quête de reconnaissance qui en découle ne sont pas propres aux “urbanistes”. Les professionnels du développement territorial, regroupés dans une association dénommée Profession développement, comme ceux du développement social urbain, sont eux aussi en quête d’une filière reconnue et d’un statut, notamment dans la fonction publique territoriale. Et ce alors que le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) a mis en chantier la refonte du répertoire de ses métiers.
Au demeurant, il était troublant d’entendre un représentant de l’Inter-réseaux des professionnels du développement social urbain définir la professionnalité du DSU (analyse globale, logique de projet, articulation du technique, du politique et de la concertation, approche transversale) dans des termes que revendiquaient, pour l’urbanisme, Bernard Pouyet et Jean-Claude Driant, directeur du l’IUP. Or, actuellement, les débouchés des étudiants diplômés des instituts d’urbanisme sont autant dans le champ de la politique de la Ville ou du développement territorial que dans celui de “l’urbanisme de plan”. D’ailleurs, comme le souligne Alain Bourdin, directeur de l’IFU, le cœur de métier concerne désormais “l’urbanisme de projet”.
La formation initiale est évidemment un grand enjeu actuel, avec la fameuse réforme “LMD” (licence, mastère, doctorat) qui oblige les instituts d’urbanisme à se repositionner dans des ensembles universitaires en pleine recomposition. Avec le risque d’une dilution dans des regroupements dominés par les disciplines traditionnelles comme la géographie ou l’économie.
Les architectes n’échappent pas à des interrogations du même ordre, au point que leurs organisations professionnelles, dans leur récent Livre blanc, veulent saisir l’opportunité de la réforme LMD pour conforter la relation entre enseignements et profession dans la perspective d’une licence d’exercice. Parallèlement, la DAPA structure des pôles de formation permanente décentralisés. Côté urbanisme, la formation permanente cherche sa voie, comme le montre l’enquête de Sylvie Groueff sur une démarche dans le cadre de l’ENACT Montpellier. Tandis que Daniel Ducher (FNC Pact-Arim) esquisse une définition des trois “branches de la filière Urbanisme (a)ménagement” pour saisir leur impact sur les formations. Dans le même sens, avec des membres du conseil scientifique de l’IPAA, nous explorons la “recomposition des pratiques de la programmation architecturale et urbaine” et, avec Christophe Bayle (SEMAPA), nous tentons de cerner les nouvelles relations entre aménageurs, architectes et urbanistes dans la mise en œuvre d’un projet urbain comme Paris Rive gauche.
Nous terminons ce dossier par un court voyage dans la formation à l’urbanisme de deux pays voisins – l’Italie avec Bernardo Secchi et la Belgique avec Marc Gossé –. Leur regard légèrement décalé fait bien apparaître la similitude de certaines situations – la concurrence entre architectes et ingénieurs, la difficulté d’affirmation des urbanistes, l’inadaptation des formations aux mutations de l’urbain – mais il fait également ressortir la spécificité française des instituts d’urbanisme s’inscrivant dans le cadre universitaire. Or, comme le souligne fortement Bernard Pouyet, les " formateurs " ne doivent pas rester seuls face à eux-mêmes, mais dialoguer avec les " professionnels ". D’où l’importance des démarches de réflexion et/ou de formation propres aux différents milieux professionnels, au-delà des initiatives évoquées dans ce dossier : mobilisation des consultants au sein de l’ACAD, élargissement des centres de ressources de la politique de la ville, groupe de travail sur les métiers de la Fédération nationale des agences d’urbanisme, projet d’École de la rénovation urbaine de l’Union sociale pour l’habitat… Sans oublier l’impact de décisions gouvernementales comme le nouveau Code des marchés publics ou la récente Loi relative à la formation tout au long de la vie et au dialogue social. Bref, un paysage en mouvement, dont il reste à espérer qu’il soit à la mesure des évolutions mêmes de notre monde urbain.

Bernard Pouyet : Des formations et des métiers vulnérables
(in extenso)
Par Bernard Pouyet

La table ronde dont nous publions le compte rendu dans les pages suivantes s’est tenue à la revue Urbanisme, le 21 janvier 2004. En introduction, Bernard Pouyet, président de l’APERAU, a présenté une synthèse des problèmes des formations en urbanisme et en aménagement.

Pour lancer le débat, je partirai d’un rappel : il y a à peine deux ans, deux décrets – du 12 avril 2002 – écartaient les diplômés universitaires en urbanisme et en aménagement de l’accès au concours d’ingénieur territorial, option urbanisme. À tort ou à raison, mais je pense plutôt à raison, cette mesure est apparue à l’époque comme le résultat d’une sorte de lutte corporative interne aux collectivités locales, où les ingénieurs l’ont emporté, refusant aux urbanistes la responsabilité de la gestion des espaces et des villes. Aujourd’hui, des formations voire des instituts universitaires en urbanisme sont menacés dans leur existence même à l’occasion du processus de construction de l’espace européen d’enseignement supérieur, ce que l’on appelle le LMD, licence mastère doctorat. À la faveur du LMD, on assiste ici ou là à un retour des disciplines traditionnelles – la géographie, le droit, l’architecture, voire l’économie – et à la négation de l’urbanisme comme discipline scientifique ou comme domaine spécifique de formation. On s’aperçoit ainsi que métiers et formations en urbanisme semblent, au fil des ans, partager la même vulnérabilité, qui s’exprime dans une sorte de double crise : d’identité et de reconnaissance. Identité : qui sont les urbanistes ? Combien sont-ils ? 3 500, 6 000 ? Arrivent-ils même à se compter ? Et comptent-ils, même ? Car que signifient, à la limite, 2 000 cadres en urbanisme parmi 1 400 000 fonctionnaires territoriaux ? Existe-t-il un métier d’urbaniste ? N’est-on pas en présence d’un champ professionnel où s’activent une diversité de métiers qui concourent tous plus ou moins à la fabrication et à l’organisation des villes ? Quel est le périmètre de ce champ professionnel ? Notre débat dira s’il faut y inclure les métiers de la politique de la Ville, du développement économique local, voire de l’habitat – ce qui est parfois contesté. Méconnus, les urbanistes sont-ils même reconnus ? Lors de la dernière université d’été du Conseil français des urbanistes (CFDU), on a pu entendre des élus dire qu’ils avaient repéré les architectes, qu’ils savaient qui étaient les paysagistes, mais que les urbanistes, ils ne les voyaient pas. À la limite, les élus, à travers leurs fonctions de décideurs, n’identifient pas d’autres urbanistes qu’eux-mêmes.
D’aucuns, comme notre collègue François Ascher, estiment même que l’urbanisme, en intégrant des disciplines fort différentes, n’est plus le fait de professionnels, mais que c’est un ensemble de dispositifs qui appellent des compétences qui ne sont jamais réductibles à un corps de métier unique. Il convient donc de s’interroger sur la pertinence de toutes ces questions sur les formations. Si elles sont fondées, elles rendent vains et dérisoires tous les efforts de structuration du champ professionnel de l’urbanisme et elles rendent inutile la construction de formations spécifiques. Si, au contraire, elles ne sont que l’expression de corporatismes qui se sont historiquement toujours partagé la ville, notamment ceux des architectes et ceux des ingénieurs, elles appellent à être dépassées pour que les décideurs en charge des villes trouvent les professionnels dont ils ont besoin.
Par rapport à ces interrogations, à quoi assiste-t-on ? À un effort de structuration de ce champ professionnel, en tout cas de celui des urbanistes et des aménageurs au sens traditionnel. Le CFDU et l’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU), chacun dans son domaine, avec l’appui du ministère chargé de l’urbanisme, s’efforcent de structurer le champ professionnel. Mais il faut bien voir que le CFDU peine à organiser des professions extraordinairement balkanisées dans une multitude de sous-fédérations et de sous-corporations. Et Louis Canizarès nous dira combien d’urbanistes l’OPQU a qualifiés en six ans : 200 ? 250 ?
Dans ce contexte, le système de formation est lui-même éclaté. Il se caractérise par une offre universitaire qui est parfois considérée comme surabondante, peu lisible, malgré les efforts de l’APERAU pour promouvoir une démarche qualité, la charte qui fixe les principes généraux que devraient respecter les formations, et un système propre d’évaluation.
En fin de compte, métiers et formations ont partie liée, et l’organisation d’un champ professionnel de l’urbanisme suppose leur étroite interaction. Je pars de l’idée qu’il n’y a pas d’exemple en France de profession qui se construise en dehors de lieux de formation où s’expriment les valeurs et s’établissent les référents d’un ensemble de métiers. De même, on ne saurait concevoir un système de formation – qui se veut professionnalisant – qui ne fasse pas toute leur place aux acteurs professionnels dans la détermination des orientations, des formations, des méthodes et dans la transmission des savoirs et des expériences.
Si l’on est d’accord sur ce postulat, il faut organiser de manière constante la relation professionnels/formateurs, et il ne faut surtout pas laisser les formateurs seuls dire ce qui est bon pour les professionnels. Un certain nombre de grandes questions doivent être traitées aujourd’hui, indépendamment de celles évoquées précédemment sur le champ des métiers. Comment adapter le système de formation, tant les savoirs que les méthodes ? Y a-t-il de nouveaux champs à étudier – et c’est évident – autour de l’aménagement du territoire, du développement durable, de la qualité architecturale, de la décentralisation, de l’intercommunalité, etc. ? De nouveaux comportements professionnels sont à intérioriser dès la formation – qu’il s’agisse de la conduite d’un projet, de la prospective, de la négociation et de la médiation ou de la participation citoyenne. La question est posée à propos de ces savoirs et des pratiques proprement dites. Il s’agit de dire si de nouveaux métiers émergent, comme ceux de la prospective, de l’intercommunalité, ou si, au contraire, ces questions caractérisent de nouvelles pratiques à intégrer dans les métiers traditionnels.
Deuxième grande question, qui n’a pas reçu jusqu’ici de réponse vraiment satisfaisante : la formation des urbanistes et des aménageurs doit-elle s’effectuer sur l’ensemble d’un cursus d’enseignement supérieur, en gros, licence mastère, deuxième cycle, troisième cycle ? Ou doit-on considérer que la formation en aménagement et en urbanisme est en quelque sorte une deuxième culture qui vient s’ajouter à une formation disciplinaire de base qui s’appelle l’architecture, la sociologie, le droit, l’économie, que sais-je encore ? Sur cette question, qui est loin d’être tranchée, on s’aperçoit que les formateurs universitaires ont des réponses diverses et que le dialogue n’est pas franchement engagé avec les professionnels, parce que ceux-ci sont souvent incapables d’appréhender la question au-delà de ce qu’a été leur propre itinéraire.
Autre élément : faut-il construire de véritables instituts d’urbanisme et d’aménagement dans les universités ? N’est-ce pas la condition pour que le système universitaire se positionne par rapport à ce champ professionnel bien particulier ? Il y a peut-être actuellement une insuffisante organisation des universités en la matière, et une multiplication des cursus. Ne faut-il pas aller vers quelques grands pôles universitaires qui seraient en quelque sorte des pôles de formation aux métiers du territoire, au sens le plus large possible. Il y aurait peut-être un effet de reconnaissance au sein du système universitaire et de lisibilité en ce qui concerne les partenaires.
D’autres questions sont posées, comme celle de transversalité, et ce dès la formation, sachant que cette transversalité sera plus tard en œuvre dans la fabrication des villes et l’organisation des espaces.
Quelle formation permanente, enfin, faut-il développer ? Les praticiens sont-ils demandeurs d’une offre universitaire en la matière ?
Avec mes collègues de l’APERAU, nous avons la conviction qu’il faut continuer le débat entre praticiens et formateurs, même s’il y a parfois des logiques qui s’opposent. Notamment, il faut éviter que la réforme dite du LMD ne demeure un exercice solitaire des universitaires, parce qu’elle engage l’avenir des formations et donc des métiers.

Diversité des métiers et culture commune

Suite à l’intervention introductive de Bernard Pouyet, les participants ont présenté un état des lieux des pratiques professionnelles et des formations dans leurs lieux d’intervention avant de rentrer dans le vif du débat sur la définition même du champ professionnel de l’urbanisme.


Les participants

Louis Canizarès, architecte-urbaniste, président de l'Office professionnel de qualification des urbanistes.
Jean-Claude Driant, directeur de l'Institut d'urbanisme de Paris (IUP) - université Paris-XII (Créteil).
Wilfrid Geiller, chef de projet territorial GPV-Quartier des Tarterêts (Corbeil-Essonnes), membre de l'Inter- réseaux des professionnels du développement social urbain (IR-DSU).
Christian Lévy, sous-directeur chargé des métiers de l'aménagement à la Direction générale de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction (DGUHC, ministère de l'Équipement).
Bernard Pouyet, enseignant à l'université Pierre-Mendès- France à Grenoble, président de l'Association pour la promotion de l'enseignement et de la recherche en aménagement et urbanisme (APERAU).
Gilles Rabin, directeur de l'Agence pour l'économie de l'Essonne (AEE).

Antoine Loubière et Annie Zimmermann représentaient la revue Urbanisme à cette table ronde, dont ils ont assuré la synthèse. Les participants ont relu leurs interventions et ont parfois reformulé certains de leurs propos.

Alain Bourdin : “nous ne savons pas former aux métiers de projet”
(in extenso)
Propos recueillis par Antoine Loubière

Directeur de l’Institut français d’urbanisme (IFU, université Paris-VIII), Alain Bourdin donne ici sa vision de la situation de l’enseignement de l’urbanisme et de ses nécessaires mutations.

Comment voyez-vous les évolutions des pratiques professionnelles et leur impact sur les instituts d’urbanisme ?
Alain Bourdin : Dans les instituts, le cœur de métier auquel on préparait, c’était en gros l’urbanisme de plan – donc les études et les travaux de planification. On doit maintenant s’orienter vers un cœur de métier concernant davantage l’urbanisme de projet. Cela signifie non seulement le design urbain mais aussi toutes les questions d’organisation, de montage, de pilotage, etc., qui y sont intégrées. On voit bien comment évolue la manière de fabriquer les documents de planification – SCOT, PLH, etc. Ils sont davantage conçus comme le support d’un urbanisme de projet régulé que comme une norme à appliquer. Ceci est ma doctrine de base, et me paraît être un véritable enjeu pour les instituts. Car nous ne savons pas bien former aux métiers de projet.
Actuellement, un diplôme me plaît bien, c’est celui de Rennes qui s’appelle “maîtrise d’ouvrage urbaine”, dont l’intitulé, du moins, me semble correspondre à un certain nombre d’évolutions importantes. Il concerne bien sûr les gens qui travaillent dans les SEM d’aménagement, mais aussi dans les intercommunalités sur ce type de profil – c’est-à-dire de montage d’opération dans le cadre d’une stratégie urbaine. Ainsi que tous ceux qui exercent chez les nouveaux types de promoteurs : généralistes comme Nexity, ou spécialisés dans les centres commerciaux comme Ségécé, Espace Expansion, Altaréa, ING ou Immochan. En pays anglo-saxon, nous parlerions de management de projet. En France, il s’agit de maîtrise d’ouvrage, mais c’est le même type de métier d’opération, avec toute sa complexité.

Quelle place pour le design dans ce contexte ?
Cet enjeu n’est pas simple. Il faudrait plutôt parler de l’articulation entre les différents designs, parce que l’on a tendance à privilégier le design architectural et paysager, mais d’autres types de design interviennent, notamment le design urbain juridique, qui est très intéressant : les créations d’Associations syndicales libres au Val d’Europe, par exemple. Et le rôle de ce genre de structure – comment se joue le rapport entre copropriétés ASL dans les opérations nouvelles – est de l’ordre du design.
Il existe à présent une articulation entre un ensemble de designs, soit techniques, soit juridiques, et concernant des formes matérielles ou plus ou moins immatérielles. Il faudrait réfléchir sur l’ensemble de cet univers, y compris à des designs assez techniques comme le design lumière par exemple, sur lequel nous devrions nous mettre un peu au point. Et il n’est pas certain qu’il faille renvoyer ce questionnement aux écoles d’architecture en leur disant que ce n’est pas notre problème. Ce sera un des enjeux des instituts d’urbanisme dans les années à venir, s’ils veulent continuer à former des professionnels de la production de la ville.

On perçoit également une forte tendance liée au marketing territorial, au développement des territoires.
C’est un peu la mode chez les géographes qui cherchent de nouveaux marchés, et pourquoi pas ? Mais, la maîtrise d’ouvrage urbaine n’opère pas seulement au niveau image marketing-stratégie, elle se situe aussi et surtout au niveau de la gestion d’opération, c’est-à-dire de l’articulation entre l’opération particulière et son inscription dans une stratégie urbaine. C’est là un aspect qui conduit à réfléchir sur les problèmes de la conception, face auxquels nous sommes complètement démunis. Je suis convaincu que les écoles d’architecture ne font pas un très bon travail en la matière. Mais, pour le moment, nous n’avons rien à dire sur le sujet. Il n’est pas seulement question de faire venir un architecte pour parler ou organiser un atelier avec les étudiants et simplement donner un vernis d’architecture. Il faut monter des enseignements longs et complexes, qui impliquent une diversité de savoirs, et il faut trouver des gens pour le faire.
Par ailleurs, dans les instituts, assez logiquement, nous débordons sur les métiers de la ville. Je crois beaucoup à cet élargissement à un certain nombre de métiers de gestion urbaine à forte dimension territoriale, qu’il s’agisse de la gestion de sites urbains ou de celle de réseaux du type transports en commun. Cet élargissement est plus facilement à notre portée que le design.

ENACT de Montpellier
Urbanistes en formation permanente
Récit de Sylvie Groueff

Pour des urbanistes travaillant au sein de collectivités depuis dix ou quinze ans, et quelque peu englués dans la gestion quotidienne, la formation permanente peut apparaître comme un appel d’air salvateur. Encore faut-il que les stages proposent une pédagogie adaptée aux profils spécifiques de ces professionnels aguerris. Une formation à caractère expérimental, basée sur la dynamique de groupe et sur des thématiques apportées par les stagiaires eux-mêmes, s’est déroulée durant l’année 2003 à l’ENACT Montpellier, réunissant une douzaine de stagiaires à raison de deux jours par mois. Une nouvelle session devrait être mise en place en 2004.

Frontignan: les espaces bâtis,
les vignes et les friches
Formation continue des architectes
Des pôles déconcentrés
Par Jean-Pierre Courtiau

La politique de formation continue a été lancée à l’origine par la Direction de l’architecture, lors de la prise de conscience des problèmes liés au chômage et à la difficile adaptation de la profession aux réalités du marché. Si la diversification a pu apparaître en période de crise comme une alternative à une situation professionnelle dégradée et comme une réponse en termes de politique de l’emploi, c’est actuellement beaucoup plus en termes de redéploiement des compétences, de conquête de nouveaux marchés, de renforcement de la position économique des agences que se définissent les objectifs. Jean-Pierre Courtiau, responsable de la mission de la formation continue des architectes à la Direction de l’architecture et du patrimoine (DAPA/ministère de la Culture et de la Communication), ouvre des pistes de réflexion.

Le Livre blanc des architectes
pour une “licence d’exercice”
Par Antoine Loubière

Le Livre blanc des architectes, élaboré par leurs trois organisations professionnelles (cf. page 17), contient des propositions précises concernant la formation initiale. Elles vont dans le sens d’un renforcement des liens entre enseignements et profession.

Les trois branches de la filière Urbanisme (a)ménagement
Par Daniel Ducher

L’auteur présente une courte fable de laquelle il tire des réflexions sur les caractéristiques du métier d’urbaniste et la formation requise pour l’exercer. Daniel Ducher, diplômé en urbanisme (IUAP devenu IFU, IUP) et titulaire d’un DESS de gestion des ressources humaines (CNAM), est responsable de la mission Ressources humaines formation communication de la Fédération nationale Pact Arim. Il s’exprime ici à titre personnel.

Programmation architecturale et urbaine :
vers une recomposition des pratiques ?
Par Caroline Gerber, Jodelle Zetlaoui-Léger, François Lombard et François Meunier

En moins de vingt ans, les conditions de production du cadre de vie et du cadre bâti ont connu une évolution profonde, dont le premier acte, dans notre pays, peut être situé au milieu des années 1980 : la libéralisation des marchés financiers, en 1986, a accéléré le développement d’une économie concurrentielle, largement ouverte sur l’Europe et le monde. Caroline Gerber, Jodelle Zetlaoui-Léger, François Lombard et François Meunier exposent l’état des réflexions et des hypothèses de professionnels, chercheurs et enseignants intéressés par les évolutions des pratiques de la maîtrise d’ouvrage et de ses partenaires, en France et en Europe.

L’enjeu de la formation à la démarche programmatique
Par Serge Vanneyre et Jodelle Zetlaoui-Léger

Ces dernières années, l’attention d’un grand nombre de maîtres d’ouvrage s’est de plus en plus concentrée sur les modalités de conception et de réalisation des projets, souvent en se déresponsabilisant de l’organisation et du contrôle des processus pré-opérationnels et opérationnels. Parallèlement, l’information ou la publicité dans les domaines de l’architecture et de l’urbanisme continue essentiellement à mettre en scène la figure du concepteur comme principal “donneur de sens” à un projet – indépendamment de tout rappel des enjeux de la commande initiale. Dans ce contexte, il paraît urgent de ré-insister sur la dimension stratégique et politique des opérations liées à l’élaboration de notre cadre de vie, et de sensibiliser, plus que jamais, les futurs professionnels de ce champ à la démarche programmatique. Explications de Serge Vanneyre, professeur à l’École d’architecture de Paris-Malaquais, et Jodelle Zetlaoui-Léger, maître de conférences à l’Institut d’urbanisme de Paris, laboratoire Créteil, université Paris-XII Val-de-Marne, co-responsables du DESS programmation architecturale et urbaine.

Aménageurs, urbanistes et architectes dans le projet urbain
Par Christophe Bayle

Christophe Bayle, chef de projet à la SEMAPA, s'appuie ici sur son expérience, en particulier au sein de cette structure, pour s'interroger sur les différentes figures de l’urbaniste : planificateur, aménageur, maître d’œuvre, manager environnemental… et leurs rôles respectifs dans les projets urbains.

Crédit Photo : SEMAPA
Secteur Masséna
Voyage dans l’enseignement de l’urbanisme en Italie
Par Bernardo Secchi

Bernardo Secchi, architecte et urbaniste italien reconnu, enseignant à l’école d’architecture de Venise, nous propose ici un regard critique sur l’enseignement de l’urbanisme dans son pays – qui met aux prises architectes, ingénieurs et planificateurs. Il esquisse également une autre approche de cet enseignement, sorte de “voyage de formation”, refusant à la fois le cloisonnement entre disciplines et la soumission aux lois du marché.

Les métiers de l’urbain en Belgique
Par Marc Gossé

En Belgique, l’urbanisme est une compétence que l’on ajoute à une formation de base. Marc Gossé, professeur à l’Institut d’architecture de la Cambre à Bruxelles, explique ce positionnement. Et plaide pour la définition d’un domaine disciplinaire, l’“urbanique”, qui regrouperait tous les métiers de l’urbain, actuellement en plein foisonnement.

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