
La notion d’urbanisme est apparue pour la première fois en Chine dans le projet du Grand Shanghai, élaboré en 1930 par le régime nationaliste. Pendant les années 1930, les intellectuels formés à l’étranger, une fois retournés en Chine, commencèrent à diffuser les théories de l’urbanisme moderne, entre autres la cité-jardin d’Ebenezer Howard et l’urbanisme de Le Corbusier. Mais ce n’est qu’en 1952 qu’une formation spécialisée d’urbanisme fut créée pour la première fois à l’université de Tongji à Shanghai. Si la connaissance sur la ville n’est pas trop en retard en Chine par rapport aux pays occidentaux, l’urbanisation est restée longtemps dominée par la relation complexe entre la croissance urbaine et la production agricole.
En Chine, l’urbanisme, à la fois comme fonction du secteur public et comme branche opérationnelle de la gestion urbaine, a subi de profondes modifications à la suite des réformes lancées en 1979. Cet article se propose d’explorer le changement de son rôle à partir des années 1990 dans la Chine en pleine transition. Il analyse également les défis auxquels les urbanistes chinois sont actuellement confrontés. Son auteur est Zhang Tingwei, professeur au College of Urban Planning and Public Affairs de l’université de l’Illinois à Chicago (UIC).
Dans les années 1980, la Chine a commencé à utiliser des logiciels d’analyse du trafic, dont la plupart provenaient des États-Unis. Depuis, les travaux d’analyse, le traitement des données et les études sur le transport ont nettement progressé. Le professeur Pan Haixiao, du département d’urbanisme de l’université de Tongji à Shanghai, fait le point sur ces progrès et pointe les problèmes qui restent à résoudre pour contribuer à une meilleure planification du transport urbain en Chine.
Selon une enquête menée par l’auteur en collaboration avec des universitaires d’instituts de recherche chinois, la mobilité résidentielle des ménages et leur relogement provoqués par la nouvelle phase de développement urbain ont des conséquences sociales importantes dans la mesure où la structure urbaine, jadis basée sur une idéologie égalitaire, a été complètement modifiée. Pour Wu Fulong, enseignant au département de géographie de l’université de Southampton (Grande-Bretagne), cette nouvelle structure urbaine accentue les différenciations socio-spatiales.
Comment le septième art peut-il rendre compte de la mutation extrême du paysage pékinois ? Depuis 1990, la réalisatrice Ning Ying, dans ses films tournés à même la matière urbaine, capture les transformations physiques de la ville et les évolutions mentales de ses habitants. Un regard cinématographique fondé sur une analyse sensible des mouvements de fond d’une société plongée dans ses paradoxes.