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Jardins
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Par Thierry Paquot
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“Fleurir la France”, une mission réussie Analyse de Martine Bergues, ethnologue, CETSAH/CNRS. En massifs publics, sur les ronds-points, devant les mairies ou autres bâtiments, dans les rues plus ou moins piétonnes comme dans les jardins privés, les fleurs font désormais partie de notre paysage quotidien. Nonobstant les différences entre rural et urbain, privé et public, la France s’en est peu à peu couverte : près d’une commune sur trois – soit 12 000 au total – participe au Concours national des villes et villages fleuris, qui bénéficie des apports conjoints d’une profession, l’horticulture, et d’une activité, le tourisme. Mais ces dernières décennies ont connu des changements notables en matière de fleurissement. Les valeurs qui fondent celui-ci sont-elles remises en cause ?
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Allemagne - Les Volksgärten ou jardins publics Par Élisabeth Landes “Ce qui manque à nos jardins, c’est des pelouses pour le peuple.” Fritz Encke, 1911. Hâtivement reconstruites après la guerre, les grandes villes d’Allemagne ont du mal à nous enchanter, il leur manque le charme de la patine. Pourtant, il fait bon y vivre. Cela tient en partie à la manière dont s’y conjuguent l’espace et le temps, et aussi – ceci n’étant pas étranger à cela – à l’abondance des jardins et à la liberté dont on y jouit. Élisabeth Landes a dirigé les instituts culturels de Leipzig et de Cologne et travaille actuellement sur la communication franco-allemande. Elle explique ici les origines et les évolutions de ces “jardins du peuple”.
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Les jardins partagés : un nouvel espace public ? Présentation par Laurence Baudelet, consultante. Le mouvement des “jardins partagés” qui se développe actuellement à Paris et dans d’autres villes de France (Lyon, Lille, Montpellier, Nantes…) est inspiré du modèle nord-américain des community gardens : un lieu de convivialité et d’échanges qui participe à l’animation du quartier. Porté par le réseau national “Le jardin dans tous ses états”, avec le soutien de la Fondation de France, il est constitué d’un collectif d’associations qui rassemblent anciens et nouveaux acteurs du jardinage collectif autour d’une charte commune. Celle-ci favorise notamment la participation des jardiniers aux prises de décision ainsi que des pratiques respectueuses de l’environnement.
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Surveiller ou veiller sur le jardin ? Par Michèle Jolé Le traditionnel gardien de square a été remplacé, du moins dans sa désignation, par l’ASS : agent de surveillance spécialisé. Ce changement de terme correspond-il à une transformation notoire du métier ? Comment cette “corporation” se perçoit-elle de l’intérieur et comment est-elle perçue de l’extérieur, par les différents publics qui fréquentent les jardins ? À quels problèmes se trouve-t-elle confrontée, et de quels moyens d’action dispose-t-elle ? Étude de Michèle Jolé, enseignant-chercheur, Institut d’urbanisme de Paris.
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Cultiver la conscience du lieu (in extenso) Par Xavier Bonnaud
Depuis quelques années fleurissent en ville des jardins “solidaires”, “familiaux”, “culturels”, “pédagogiques” ou “de réinsertion”. Ils s’installent le long des rues, dans des dents creuses, au pied des tours, en cœur d’îlots ou à la frange des agglomérations. Ces réalisations d’échelles diverses, dues à des habitants regroupés en association, bénéficient de l’engouement actuel pour l’écologie urbaine ainsi que du développement de la démocratie participative à l’échelle des quartiers. Présentation de Xavier Bonnaud, architecte, maître assistant à l’école d’architecture de Lille, chercheur à l’Institut d’urbanisme de Paris. Ces projets de jardins surfent sur la mauvaise conscience environnementale qui occupe l’espace médiatique et qui résulte du décalage entre les promesses à long terme faites dans les discours politiques et l’absence d’amélioration notable des conditions de vie dans les métropoles (bruit, pollution atmosphérique, pauvreté sensorielle des opérations de modernisation, caractère anonyme des aménagements publics…). Ceux qui participent à la création de ces jardins partagent la jubilation de l’occupation physique du sol, du passage à l’acte à l’échelle d’une parcelle. Ils revendiquent souvent la volonté candide de tenir tête, avec binettes et râteaux, à plus de deux siècles d’urbanisation et de bétonnage, et obtiennent souvent assez facilement des conventions de mise à disposition à durée déterminée de terrains publics vacants, qu’ils aménagent. Leurs détracteurs se rencontrent plutôt parmi les professionnels de la politique ou de l’aménagement, qui voient d’un mauvais œil les habitants s’occuper eux-mêmes de leur ville. Ils ironisent sur leur inculture urbaine et sur la naïveté des propositions et de l’enthousiasme, à leurs yeux “bobo”, pour les légumes. Un esprit des communaux Toutefois, en écoutant d’un peu plus près les habitants à l’œuvre, on constate le plaisir qu’ils tirent de cet engagement public qui n’est pas contraint dans un jeu institutionnel abstrait ou cantonné dans le domaine du langage. Car au jardin, à l’extérieur, on observe moins la domination de la parole sur l’agir et le sentir, et, par ailleurs, les rencontres semblent facilitées par ce partage d’activités. Les travaux d’aménagement et la pratique du jardinage entre adhérents, entre voisins (adultes, retraités ou enfants) permettent de savourer à plusieurs le caractère mythico-poétique du bricolage et des travaux du potager (plantation, arrosage, récolte…). Pour la plupart, ces terrains ont été redécouverts après une période d’abandon dans les plis de la ville. Le sentiment de vacance qui imprègne ces friches à la végétation spontanée leur confère une poétique et, peu à peu, un statut nouveau. Dans la programmation des différentes associations, les activités strictement horticoles se mêlent presque toujours à des projets d’autre nature (pédagogiques, culturels…) qui se renouvellent au fil des saisons. Ainsi, le jardin n’est pas une fin en soi mais le cadre d’aventures culturelles et sociales locales. On y découvre parfois des basses-cours et des clapiers : ces présences animales devenues incongrues en ville enrichissent le paysage sonore et sous-tendent des réseaux de glanages urbains auprès des marchés, des cantines, de commerçants. Dans certains jardins familiaux ou de réinsertion, il flotte comme un “esprit des communaux”, ces terrains sur lesquels, sous l’Ancien Régime, les habitants avaient un droit acquis. Dans nos sociétés surdéveloppées, l’exclusion, la ségrégation, la pauvreté poussent très bien malgré l’aridité organique sur les sols offerts à la logique immobilière. D’où le désir des populations de renouer avec les compétences initiales d’appropriation des communautés, et leur revendication d’une assise territoriale qui ne soit pas inexorablement compromise par la logique spéculative et l’augmentation aberrante du coût des terrains. Ces jardins improvisés renforcent les pratiques sociales fondées sur le voisinage et visent une certaine reterritorialisation de l’aménagement dans le sens de ce que Alberto Magnaghi nomme une “mondialisation par le bas”, en réaction à une globalisation par le haut.
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Par Annie Zimmermann Un petit jardin inventif et généreux peut être plus apprécié qu’un grand parc sans surprises : c’est le cas du jardin Damia, situé à l’angle du boulevard de Charonne et de la rue Sonia-et-Robert-Delaunay, dans le 11e arrondissement. Achevé en 1997 et bien soigné depuis, il se révèle d’une luxuriante vitalité. Visite en compagnie de son concepteur, Bernard Lassus.
| |  Crédit photo : C.M. | |
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Le jardin métaphore de l’urbain, mythe ou réalité ? D’où vient cet engouement pour les jardins ? Effet de mode ? Métaphore du monde et des villes ? Pour un professionnel de l’urbain il y a de quoi être déstabilisé, quand sa tâche quotidienne consiste à mêler sociologie, habitat, transports, économie, animation de partenariat, résolution de conflits, organisation de plannings, gestion financière, approche culturelle… Analyse critique par Jean-Pierre Charbonneau, urbaniste, consultant en politiques urbaines et culturelles.
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Propos recueillis par Annie Zimmermann, le 4 mai 2005 à Paris. En quoi et vers quoi évoluent les jardins, publics ou privés ? De quelles aspirations relèvent les tendances à l'œuvre, à la fois chez les concepteurs et les utilisateurs de ces nouveaux paysages ? Entretien avec Jean-Paul Pigeat qui, en tant que directeur du Conservatoire international des parcs et jardins et du paysage, est aux avant-postes de la création contemporaine à travers le monde.
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Chaumont-sur-Loire - Les jardins ont de la mémoire Par Annie Zimmermann Tel était le thème de la 14e édition du Festival de Chaumont : souvenirs d’enfance, hommages à des personnages disparus, traces du passage des hommes et du temps, la mémoire est un vaste champ d’émotions.
| |  Crédit photo : A.Z. | |
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Jardin à soi, ouvert à tous Le jardin n’est pas seulement un territoire planté, verdoyant, reposant, il est aussi un déclencheur de sensations. En effet, la rêverie, le commerce avec le cosmos, le repos, le contact avec la nature, la complicité avec les légumes et les fleurs, les odeurs et les parfums réclament pour se déployer pacifiquement un tel lieu enclos, protégé et protecteur, intime et doux. Le vieux mot “privance” dit bien la qualité existentielle du jardin. Alors, le jardin comme cache-misère, alibi écologiste, cerise sur le gâteau ? Non, non, non ! Le jardin est un appel à vivre pleinement. Seul avec autrui.
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Par Chris Younès, enseignant-chercheur, responsable du Gerphau
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Je n’entretiens pas mon jardin, j’entretiens avec lui une conversation Par Frédérique Peyrouzère, artiste, docteur en histoire de l’art
| |  Crédit photo : Frédérique Peyrouzère.
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Par Bernard Wolgensinger, architecte-paysagiste
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Des jardins qui nous disent bien des choses Par Maurice Sauzet, architecte
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Faut-il renoncer aux jardins (publics) ? Par Frédéric Bonnet, architecte, enseignant
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Les paysages de l’eau : pour une poétique de la présence Par Michel Conan Chaque jour qui passe rend la présence de l’eau plus poignante dans les villes du monde contemporain. Ce n’est certes pas sensible partout de la même manière, mais nul ne peut ignorer ni le potentiel dévastateur de l’eau ni son indispensable présence. À elle seule, cette tension dramatique suffit à faire des “paysages de l’eau” la source d’une infinité de nouvelles expériences esthétiques pour les citadins. Michel Conan, Director of Studies in Landscape Architecture, Dumbarton Oaks, Washington, en analyse quelques-unes aux États-Unis, en Amérique latine ou au Japon.
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