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Marcher
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Le marcheur énonce les lieux, chaque pas épelle un morceau de territoire. (in extenso) Par Thierry Paquot.
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Trente ans de pas perdus ! Par Jean-Marc Offner. Le piéton est de retour ! Comprendre cet engouement consensuel implique d'invoquer les "modes doux", ambition affichée de tout plan de déplacements urbains politiquement correct. À l'heure de la sobriété énergétique et de la chasse aux gaz à effet de serre, vélo et marche ont logiquement la cote. Les urbanistes ne sont pas en reste qui, du new urbanism américain à "la ville des courtes distances" allemande, font de l'agglomération compacte le modèle de la gestion urbaine durable. Enfin, les soucis d'urbanité soulignent le rôle majeur de l'espace public, lieu privilégié des mixités et des aménités. Jean-Marc Offner, directeur du Laboratoire techniques, territoires et sociétés (LATTS) et professeur à l'École nationale des ponts et chaussées, revient sur l'histoire en zigzag du piéton, si bien considéré avant d'être oublié et à nouveau choyé.
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Par Sonia Lavadinho et Yves Winkin. Qu'est-ce qui donne envie de marcher, que ce soit pour se rendre à son travail, faire des courses ou aller au cinéma, alors qu'il pleut, que le bus passe à proximité ou que la voiture est garée juste en bas de la porte ? C'est à partir de cette question très classique que Sonia Lavadinho, collaboratrice scientifique, École polytechnique fédérale de Lausanne, et Yves Winkin, sociologue, professeur à l'ENS (Lyon), dégagent quelques-unes des incitations à la marche urbaine. Ils examinent un certain nombre d'aménagements matériels et symboliques susceptibles de lui donner le statut d'un mode de transport à part entière. Qu'ils émanent des pouvoirs publics ou ressortissent à la sphère personnelle, ces aménagements comportent toujours, selon eux, une composante physique et une composante idéelle.
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Par Sonia Lavadinho. Depuis 1995, la Ville de Genève s'engage à rendre aux piétons leurs lettres de noblesse sur le territoire communal, à la suite d'un constat simple : en 2000, 45 % des déplacements urbains s'y sont effectués à pied ou à vélo, et ce plus rapidement qu'en voiture. Les augmenter encore, c'est contribuer à améliorer la qualité de l'air tout en diminuant les nuisances engendrées par la circulation automobile. Entretien avec Marie-José Wiedmer-Dozio, cheffe du service d'urbanisme de la Ville de Genève.
| |  Crédit photo : Service d’urbanisme, Ville de Genève. | |
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Le Plan Piétons, un concept qui fait ses preuves… Par Sonia Lavadinho. Favoriser la marche urbaine, c'est garantir l'attrait, l'animation, la sécurité et la convivialité de la ville tout en veillant à la santé des habitants. Une réappropriation du domaine public par les piétons permet ainsi aux rues et aux places de jouer leur rôle de lieux de rencontre et de vie sociale.
| |  Crédit photo : Service d’urbanisme, Ville de Genève. | |
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Par Bengt Kayser Selon l’OMS, environ 70 % des problèmes actuels de santé dans le monde sont liés au comportement, dont la sédentarité et une alimentation trop riche et inadaptée. S’il y a accord sur ce point, des stratégies efficaces restent à déterminer. Car les facteurs pouvant inciter à une activité physique au quotidien, la marche ou le vélo par exemple, sont complexes et multiples. Analyse par le professeur Bengt Kayser, MD, PhD, Institut des sciences du mouvement et de la médecine du sport, Université de Genève, Suisse.
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Ville pédestre, ville rapide Explications par Jacques Lévy, géographe (EPFL) La marche est d’abord un moyen de transport, longtemps méprisé par les marcheurs eux-mêmes, et par les statisticiens, qui ne comptabilisent encore souvent que les déplacements “mécanisés”. Les peones, piétons et pions, ont longtemps rêvé d’échapper à l’humiliation résultant de la malédiction de devoir user (de) son propre corps pour se mouvoir dans l’espace. Il en reste quelque chose dans nos manières de voir et même de mesurer. Le débat sur la place respective des différents modes de transport a été récemment enrichi d’une donnée qui n’avait rien de secret mais qui est longtemps restée peu ou pas utilisée : la majorité des déplacements en zone dense se fait à pied. Pourtant, le lobby automobile continue d’exclure la marche à pied : ce tour de passe-passe permet de donner une image de la mobilité très décalée par rapport aux pratiques effectives.
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Explications de Georges Amar, responsable des services Prospective à la RATP, et Véronique Michaud, chercheuse associée La Prospective RATP s’est emparée de la marche. Avec la conviction que ses attributs sont plus que des atouts en termes de développement durable, et que son potentiel d’efficacité, de modernité et d’innovation est largement inexploité. Faute d’avoir été suffisamment exploré, si ce n’est comme une cause à défendre ou un mode à sécuriser. Appliquées à cet objet plus complexe qu’il n’y paraît, souvent fuyantes faute d’opérateur ou de concepteur uniques, les méthodes d’élaboration s’avèrent pourtant efficaces et révèlent des ressources de la marche au service de la mobilité et des politiques publiques foisonnantes.
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Je – tu – il, la marche aux trois personnes Résultats d’enquêtes par Jean-Paul Thibaud, responsable scientifique du CRESSON-Grenoble Mouvement et transition par définition, la marche résiste à toute approche trop statique, objectivante et unidimensionnelle. Plutôt que de la réduire à un objet clairement délimité, il est préférable d’en varier les angles d’attaque en la considérant tour à tour comme un élément d’analyse de l’expérience ordinaire des citadins, un enjeu d’aménagement des espaces publics, un instrument d’intervention artistique en milieu urbain, un thème d’orientation méthodologique donnant corps aux terrains d’étude…
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Chemins de traverse et lignes de désir Analyse de Sonia Lavadinho, collaboratrice scientifique, École polytechnique fédérale de Lausanne Le marcheur urbain, qu’il flâne ou qu’il se rende d’un pas pressé à sa destination, compose une partition qui lui est propre. Le degré d’intégration des piétons dans une ville et, partant, la cohésion de son réseau pédestre varient avec le degré de porosité de ses espaces publics et le degré de connectivité de ses rues. Regroupant des spatialités autant que des temporalités mouvantes, dont le sens est donné à interpréter à leurs usagers, ces territoires sont dès lors fréquentés par le plus grand nombre et deviennent des “espaces publics centraux”. En ce sens, le détournement des dispositifs d’aménagement par des pratiques imprévues et différenciées est souvent signe d’une vitalité propre au caractère centripète de ces espaces, vitalité qui tient aux degrés de liberté offerts.
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Propos recueillis par Sonia Lavadinho Rob Methorst, chairman du réseau de recherche européen COST 358 PQN (Pedestrian Quality Needs), expose à Sonia Lavadinho, collaboratrice scientifique, École polytechnique fédérale de Lausanne, les conditions de naissance de ce réseau et ses ambitions.
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Confort urbain et intensité poétique Interrogations et propositions par Jean-Pierre Charbonneau, urbaniste, consultant en politiques urbaines ou culturelles À première vue, la marche apparaît comme une activité qui fait consensus. Qui pourrait être contre et serait assez fou pour vouloir en entraver l’exercice ? On en célèbre même le caractère poétique. La marche serait-elle un non-problème ? Rien n’est moins sûr car, paradoxalement, la place de la mobilité piétonne est bien peu prise en compte dans les projets publics.
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Marches livresques (in extenso) Par Thierry Paquot.
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