Le Cycle des Veilleurs

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Le Cycle des Veilleurs

Jusqu’au 2 octobre 2022                                                                                                                                                                                                       Mai­son du parc dépar­te­men­tal Jean-Mou­lin – Les Guilands

www.lecycledesveilleurs.fr

Entre le hap­pe­ning, la per­for­mance par­ti­ci­pa­tive et la pure poé­sie, « Le Cycle des Veilleurs » a été créé par la cho­ré­graphe belge Joanne Leigh­ton dans le contexte des Jeux olym­piques et para­lym­piques de Paris 2024. Le prin­cipe est confon­dant de sim­pli­ci­té : pro­po­ser aux habi­tants de « veiller » leur ville et leur région, chaque matin et chaque soir, une heure au lever du soleil et une heure au cou­cher, depuis un point culminant.

C’est sur le toit de la Mai­son du parc dépar­te­men­tal Jean-Mou­lin – Les Gui­lands, entre Mon­treuil et Bagno­let (Seine-Saint-Denis), que les « veilleurs » sont invi­tés à se relayer pen­dant une année com­plète, depuis le 2 octobre 2021 jusqu’au 2 octobre 2022. Nichés dans un « objet-abri » spé­cia­le­ment conçu par le desi­gner et scé­no­graphe Ben­ja­min Tovo, les par­ti­ci­pants (qui doivent avoir plus de 16 ans) s’engagent à pas­ser une heure com­plète seuls, sans aucun moyen de com­mu­ni­ca­tion ni montre.

Pour ses orga­ni­sa­teurs, cette sin­gu­lière expé­rience a pour objet de démon­trer « la qua­li­té d’une pré­sence », qui consiste notam­ment à « ques­tion­ner l’espace et com­ment on le per­çoit et le reçoit avec ses sens en éveil », et à « ouvrir son regard à perte de vue et éprou­ver la ren­contre entre notre corps et ce pay­sage que l’on découvre ou redé­couvre… ». Au cours d’une année, 730 per­sonnes contri­bue­ront à cette veillée collective.

Ini­tia­le­ment, la per­for­mance « Les Veilleurs » a été créée en 2012 par Joanne Leigh­ton pour le Centre cho­ré­gra­phique natio­nal de Franche-Com­té, l’objet-abri de Ben­ja­min Tovo étant alors juché sur le toit de la cita­delle de Bel­fort. Depuis, l’expérience a été décli­née à Laval, Rennes, Évreux, Hague­nau, mais aus­si dans d’autres villes d’Europe, telles que Hull (Royaume-Uni), Fri­bourg et Munich (Alle­magne), Graz (Autriche) et Dor­drecht (Pays-Bas).

À l’issue de chaque veille, cha­cun doit rendre compte de ses impres­sions par écrit. Par­mi les cen­taines de per­sonnes qui se sont déjà livrées à l’expérience au parc Jean-Mou­lin – Les Gui­lands, on dénombre des témoi­gnages et des per­cep­tions contras­tées, sou­vent très poé­tiques, par­fois très pragmatiques.

Venu pour le cou­cher du soleil, Oli­vier raconte : « Ce soir, j’étais le veilleur. Quand la ville-machine fonc­tionne à plein régime, j’étais celui qui veille. J’étais indis­pen­sable. »

De son côté, Diem explique : « Je suis une per­sonne ultra-connec­tée ! Tra­vail, famille. Je savais que j’avais besoin de cette heure. Sans mon petit Ponyo, sans ma femme, sans mon iPhone, sans mail à che­cker, sans ma famille. Cette heure m’a fait du bien. Je n’ai rien fait et cela sans culpa­bi­li­té ! »

Le ton est plus grave chez Laure : « Je me demande pour­quoi je vis par ici. Ville béton­née, dans laquelle on tente d’introduire de la nature (parcs), de la gaî­té. Mais on est entas­sés. Ces bâti­ments avec des bal­cons char­gés de choses que l’on ne peut plus sto­cker à l’intérieur. »

Quant à Sarah, spor­tive de haut niveau, elle médite ain­si sur son expé­rience : « Elle m’a impo­sé un stop dans une vie où je cours. Une vie où je ne vois plus la pluie glis­ser le long des vitres, les arbres se secouer, les gens mar­cher. Elle m’a rap­pe­lé que je ne savais plus écou­ter le vent et appré­cier la ville. » À l’issue du cycle, tous les témoi­gnages seront publiés dans un Livre des Veilleurs.

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Depuis 1932, Urba­nisme est le creu­set d’une réflexion per­ma­nente et de dis­cus­sions fécondes sur les enjeux sociaux, cultu­rels, ter­ri­to­riaux de la pro­duc­tion urbaine. La revue a tra­ver­sé les époques en réaf­fir­mant constam­ment l’originalité de sa ligne édi­to­riale et la qua­li­té de ses conte­nus, par le dia­logue entre cher­cheurs, opé­ra­teurs et déci­deurs, avec des regards pluriels.


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