Retour vers le futur… de votre quartier

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Retour vers le futur… de votre quartier

Jusqu’au 28 novembre 2025
Rosa Lab
20, allée Rose-Dieng-Kuntz
75019 Paris
www.rosalab.fr

 

Installé au cœur de l’Ilot fertile, premier quartier zéro carbone de Paris, le Rosa Lab est un espace transdisciplinaire porté par l’agence européenne d’innovation sociale et urbaine Dédale. Jusqu’en novembre, il consacre son espace d’exposition à l’histoire mystérieuse d’un quartier parisien longtemps resté dans l’ombre, mais qui fut, pendant des siècles, l’une des chevilles ouvrières de la capitale.

C’est à travers les vagues de démolitions, les opérations de réaménagement et les reconversions urbaines successives que la mémoire collective de ce territoire s’est peu à peu dissoute. Hormis quelques toponymes emblématiques par leur féminisation et leur contemporanéité – allée Rose-Dieng-Kuntz, jardin Anaïs-Nin, rue Colette-Magny – que connaît-on de l’histoire de ce quartier, qui n’a pas toujours été un hub de mobilités et de flux commerciaux ? L’exposition retrace, avec pédagogie et ingéniosité, l’évolution de ce territoire de l’Est parisien, et s’adresse à toutes les générations.

« Du fortif’ au périph »
Il faut commencer par la grande histoire de la Petite Ceinture parisienne. Le mur des Fermiers généraux, dont il subsiste encore quelques vestiges – comme la rotonde de La Villette –, jusqu’aux fortifications de Thiers, les abords de Paris intriguent par leur statut ambigu, à la fois frontière et refuge. Dès 1844, le quartier de l’Évangile, du nom du dernier calvaire de Paris, devient aussi une zone de relégation : la « Zone », autrefois espace militaire bordant les fortifs, se transforme en refuge pour ceux que la ville rejette. On y comptera jusqu’à 30 000 personnes, vivant dans des conditions précaires.

De l’hôpital des contagieux à la cité Michelet
C’est l’une des caractéristiques du quartier : accueillir les fonctions indésirables et le petit peuple mal logé. Il a ainsi accueilli l’un des lieux les plus singuliers de la capitale : l’hôpital des contagieux Claude-Bernard, érigé à titre provisoire en réponse à une épidémie de choléra, en 1884. Définitivement inauguré en 1905, il s’étendait sur 900 mètres – une longueur telle que la rumeur voulait que les infirmières s’y déplacent en patins à roulettes. C’est ici que fut diagnostiqué le premier cas de VIH en France. Jugé vétuste et difficile d’accès, l’établissement est démoli en 1988.

Rosa-Parks est avant tout un quartier d’habitation. D’un côté des rails, il y a la résidence Charles-Hermite, construite entre les deux guerres grâce à la loi de 1894 sur les habitations bon marché (HBM), répondant à un double impératif : la crise du logement et les préoccupations hygiénistes de l’époque. De l’autre côté, la cité Michelet, érigée à partir de 1968 sur l’emplacement d’une ancienne usine à gaz de La Villette.

Ce vaste ensemble d’habitations à loyer modéré (HLM) accueille 1 800 logements répartis sur 16 tours de 54 mètres de haut. Visionnaire pour son époque et œuvre architecturale incontestable, le projet néglige toutefois les aménagements extérieurs et les équipements de proximité, entraînant une forme d’isolement urbain avant un premier plan de rénovation urbaine dans les années 2000.

Ce n’est qu’avec l’arrivée du tramway 3b et du RER E, respectivement en 2012 et 2015, que ce quartier longtemps enclavé commence à s’ouvrir et à gagner en attractivité. Un changement radical et attendu par les habitants, dont on peut écouter les témoignages sur une carte interactive particulièrement réussie. En donnant à voir les multiples strates de l’histoire de Rosa-Parks, l’exposition dépasse le simple regard patrimonial, et met en lumière les marges urbaines, qui ont nourri durant des siècles le ventre de Paris. Maider Darricau

 

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