La Ville
Nicolas Presl
Atrabile, 2025,
312 pages, 27 euros
Loin des clichés des œuvres peuplées de zombies en quête de chair fraîche, Nicolas Presl nous propose une tout autre lecture de la figure du mort-vivant : celle d’être exploité et broyé par un système inégalitaire. Dans La Ville, l’auteur livre une critique sociale puissante, en construisant un univers urbain sombre et dystopique où la ségrégation, tant spatiale que sociale, fait loi.
Sans aucun mot, il dépeint le capitalisme tournant à vide, engendrant une violence sourde, inéluctable, chez celles et ceux qu’il relègue à ses marges. Difficile de ne pas penser à La Nuit des morts-vivants, de George A. Romero, où les zombies incarnaient déjà la critique d’une société de consommation aliénante.
La lecture de ce roman graphique évoque un dilemme : et si les véritables morts-vivants n’étaient pas ceux qui perpétuent un monde vidé de sens et d’humanité ?
Lucas Boudier





