Contre-projets

Kilian Jörg. Photo : Sabrina Rosina
[Jusqu’au 31 mai 2026]
Archipel
21, place des Terreaux, 69001 Lyon
https://archipel-communs.fr/contre-projets/
Si les luttes symboliques qui ont marqué l’aménagement du territoire – du Larzac à Notre-Dame-des-Landes – ont durablement imprégné la mémoire collective, on ignore souvent que sont élaborées d’autres formes d’action : les contre-projets. C’est cette dimension discrète, mais essentielle de l’engagement citoyen et professionnel en matière d’architecture et d’aménagement qu’a souhaité présenter Archipel, la Maison de l’architecture de Lyon.
Le projet s’inscrit dans une collaboration étroite avec le mouvement de la Frugalité heureuse & créative, enrichie des contributions d’étudiants de la Public Factory-Sciences-Po Lyon et de l’École nationale supérieure d’architecture de Lyon. L’idée de cette exposition est née à l’occasion des 5es Rencontres nationales de la Frugalité organisées en octobre 2024 à Nancy, autour d’une volonté profonde : faire émerger une culture du contre-projet, où la revendication laisse place au dialogue.
Issues le plus souvent de résistances locales, ces alternatives ne relèvent pas d’une logique de rupture totale, mais s’insèrent dans une continuité lucide : « Les luttes et les contre-projets ne sont pas des actes de rébellion, mais s’inscrivent dans l’esprit de la loi en proposant des scénarios alternatifs, en réponse à la séquence ERC censée s’appliquer depuis 2022. » Ils symbolisent dès lors un renouveau critique d’un urbanisme en contradiction avec les objectifs sociaux et économiques assignés aux territoires contemporains.
Parmi les contre-projets mis en lumière, certains sont emblématiques de la dernière décennie, à l’instar du Triangle de Gonesse et de la proposition d’une transition agroécologique d’un site agricole périurbain du collectif Carma (Coopération pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d’avenir) ou du Mirail à Toulouse, « ne pas démolir relève de l’intérêt public » par le collectif d’architectes en défense du patrimoine architectural.
Conçue comme une exposition itinérante, appelée à circuler dans les différentes Maisons de l’architecture, la proposition s’accompagne d’un ouvrage et d’un cycle de conférences programmés jusqu’en mai 2026. Entre inventaire et manifeste, cette initiative collective ouvre un champ fertile : celui d’un urbanisme partagé, où la contestation devient création.
Maider Darricau





