« L’extrême densité commerciale évolue assez peu »
Grâce à ses études de terrain minutieuses, l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) offre une vision extrêmement riche de l’évolution des commerces de la capitale. Analyse des dernières tendances en date avec Patricia Pelloux, directrice adjointe, et Stéphanie Jankel, directrice des études habitat, économie et commerce.
Selon vos chiffres les plus récents, Paris compte environ 61 000 commerces, artisans et services de proximité, soit près de 28 commerces pour 1 000 habitants. Comment l’Apur obtient-elle ces données ?
Stéphanie Jankel : Depuis 2000, l’Apur réalise tous les trois ans une enquête exhaustive, la BDCOM (Base de données des commerces), dans toutes les rues de Paris pour relever, locaux par locaux, les commerces en rez-de-chaussée et ceux situés dans les centres commerciaux, les passages, etc. La dernière date de 2023 (1) et nous nous apprêtons à lancer la prochaine campagne en avril.
Patricia Pelloux : Cette enquête est très riche, très fine et permet à chaque fois de montrer aussi bien les commerces permanents que les nouveautés.
S. J. : Chaque enquête nous permet de nous interroger sur les structures d’activités et d’ajouter un nouveau code correspondant à un type de commerce qui n’existait pas, ou de fusionner des codes devenus désuets ou qui n’existent plus sous la même forme. L’intérêt de ces recensements sur vingt-cinq ans est de prendre du recul ; sur le commerce, il y a souvent des moments où on focalise sur des évolutions en perdant la vue d’ensemble. Finalement, l’extrême densité commerciale parisienne évolue assez peu ; si on a perdu en nombre de commerces, on a peu perdu en surface. Cela permet aussi d’objectiver les chiffres de la vacance qui sont toujours très redoutés – parce qu’il y a eu le Covid, parce qu’on arrive à la fin des aides de l’État, parce qu’on entend beaucoup de choses dans les médias… Or, quand ce sujet est vérifié par les chiffres, la vacance est finalement relativement contenue et évolue assez peu, ni en 2020, ni en 2023, où elle était à…
Propos recueillis par Rodolphe Casso
Lire la suite de cet article dans le numéro 448 « Mutations commerciales » en version papier ou en version numérique

couverture : Guillaume Guilpart
crédit photo : Joséphine Brueder/Ville de Paris
Notes :
1/ Toutes les études évoquées ici sont disponibles sur www.apur.org/fr





