Une géohistoire de la Côte d’Azur

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Une géohistoire de la Côte d’Azur

Jean-Christophe Gay (dir.)
[PUR, 2026, 324 pages, 34 euros]

 

Cet ouvrage collectif est appelé à devenir une référence sur la plus connue des rivieras, concernant à la fois son histoire touristique et sa récente expansion urbaine. D’abord étape du Grand Tour des aristocrates anglais (à partir du XVIIIe siècle), la Côte d’Azur (expression forgée par le dandy Stéphen Liégeard dans son ouvrage éponyme de 1887) a d’abord été la « capitale d’hiver », surtout après l’annexion du comté de Nice par le Second Empire (1860) et l’arrivée successive du chemin de fer, avec une importante colonie de touristes anglais, qui ont non seulement donné leur nom à la Promenade du bord de mer, mais aussi participé à l’embellissement urbanistique du littoral (hôtels, jardins, lieux de villégiature…), de Menton à Hyères, en passant par Cannes et Nice, sans oublier les villes nouvelles qui ont été construites pour les touristes (Beaulieu, Cap d’Ail).

À la Belle Époque, « une nouvelle urbanité cosmopolite » (germanophone, russophone, nord-américaine) vient compléter le tableau. C’est à partir de l’entre-deux-guerres que, par le basculement estival, une « nouvelle Côte d’Azur » voit le jour, de Juan-les-Pins à Monte-Carlo. Le tourisme populaire se joint alors au luxe, sans forcément le côtoyer, mais en pouvant admirer le mode de vie californien des résidents fortunés.

L’ouvrage s’attarde enfin sur la massification et la métropolisation de la Côte qui, à partir des Trente Glorieuses, est l’objet d’une diversification fonctionnelle, devenant pôle universitaire et de recherche (Sophia Antipolis), laboratoire du tourisme d’affaires et de la consommation de masse (premier centre commercial Cap 3 000), tout en dessinant, plus récemment, de nouvelles formes urbaines (Marina Baie des Anges) que ses contempteurs assimilent au summum de la bétonnisation.

Sur ce dernier point, malgré des tentatives récentes de bâtir des démonstrateurs de la durabilité littorale (OIN de l’Écovallée du Var), l’enjeu de la destruction du patrimoine paysager et de la dépendance structurelle au transport aérien (Nice étant de très loin le premier aéroport de province) pose la question de la crise du modèle touristique azuréen à l’heure du changement climatique et du recul du trait de côte, mais aussi du surtourisme des plateformes qui concurrence l’infrastructure touristique séculaire des grands hôtels.

Damien Augias

 


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