Territoires sous pression. Entre activités humaines et enjeux climatiques
Collectif
[Gallimard, coll. « Points Fnau-Alternatives », n° 17, 2026, 160 pages, 29 euros]
Quelle équation tenir quand il faut à la fois préserver les milieux, ne pas franchir une septième limite planétaire – six le sont déjà – et satisfaire des besoins humains qui continuent de peser lourdement sur des ressources sous tension ? À l’horizon 2100, la France pourrait déjà manquer de 50 000 logements du seul fait du recul du trait de côte. Dans ce contexte, la prospective s’impose comme un allié essentiel. En mars 2025, la France a lancé un troisième plan national d’adaptation au changement climatique, fondé sur une hypothèse à +4 °C d’ici à la fin du siècle.
La Fédération nationale des agences d’urbanisme (Fnau) propose ici, à travers une série de focales territorialisées, plusieurs pistes de réponse à cette double pression, « celle du changement climatique et des effets biogéophysiques et celle des pressions anthropiques », avertit Brigitte Barriol-Mathais, sa déléguée générale, qui en signe l’introduction.
Parmi ces tensions, la question du surtourisme offre une illustration particulièrement éclairante. Éric Brua, délégué général de la Fédération des parcs naturels régionaux, en souligne les ambivalences : « Le tourisme est, bien sûr, une ressource économique importante, mais il doit être repensé pour rester compatible avec la préservation de la biodiversité et le bien-être local. » Les réponses esquissées – développement des mobilités douces, réorientation vers des formes plus extensives, chartes de tourisme durable – témoignent d’un déplacement progressif des modèles.
Les territoires de montagne apparaissent, eux aussi, comme de véritables laboratoires de l’adaptation. L’expérience menée dans le Massif central par l’AUCM (agence d’urbanisme Clermont Massif central), à travers une démarche collective et itinérante, souligne l’importance du travail avec les acteurs locaux et de la construction d’un récit territorial partagé. Comme le rappelle Stéphane Cordobes, son directeur général : « Se soigner ne consiste pas à masquer les difficultés, à taire les craintes ou à sédater les douleurs : cela oblige au contraire à les considérer, puis à les dépasser en traitant leurs causes. »
C’est sans doute là que réside l’un des apports majeurs de l’ouvrage : rappeler que l’adaptation ne se réduit ni à une technicisation des documents d’urbanisme ni à une accumulation de normes. Elle relève d’un processus continu, incertain, qui suppose d’articuler connaissance, expérimentation et coopération.
Maider Darricau





