Les 101 mots de l’adaptation

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Les 101 mots de l’adaptation

Collectif, sous la direction de l’Atelier Franck Boutté
[Éditions Archibooks, 2025, 176 pages, 14,90 euros]

 

« Attachements », « confort », « prospec­tive », « connexion », ou encore « sieste » ! Voilà quelques-uns des mots qui émergent de l’ouvrage concocté par Frank Boutté et ses 111 coauteurs.

Étonnants parfois, pertinents toujours, ils interrogent notre « capacité collective » à « rebondir au-delà » – autres mots présents dans la liste – et invitent à faire ensemble plutôt qu’à se retrancher derrière des postures préala­bles et des statistiques déshumanisantes.

Derrière ce lexique bouillonnant, une vraie question posée dès l’introduction : comment travailler conjointement à l’atténuation et à l’adaptation ? Car aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, il est plus facile de faire accepter une mesure radicale, mais visible, qu’une réglementation fondamentale, mais diffuse.

Dit autrement, la réponse adaptative à une crise conflictualise, mais paye immédiatement. À l’inverse, réguler pour atténuer dilue les résultats dans le temps et l’espace, ce qui est certes objectivement positif pour le collectif, mais est vite perçu comme une contrainte. Éternelle question du temps aveugle de nos démocraties, pourtant si fragiles par ailleurs.

Un étonnement cependant : la notion de care n’apparaît qu’en filigrane au fil des pages. Et pourtant, ménager les territoires, les lieux et les choses, et surtout prendre soin des personnes – particulièrement les plus vulnérables souvent assignées à résidence – devront guider nos actions dans un monde chaque jour plus déstabilisé par la convergence des crises.

Aborder la question sous le prisme de l’urbanisme favorable à la santé humaine et non humaine induit un repositionnement de la technique comme un moyen et non comme une fin en soi, ce qui paraît nécessaire en ces temps secoués par un « ultracrépidarianisme » systémique si facilement contestataire et manipulable. De fait la santé suscite naturellement l’adhésion et par extension permet de faire société, de l’intime aux communs.

J’ai lu, il y a peu, dans un bouquin de psychologie qui traitait des relations interpersonnelles, que le mot « crise » en mandarin accolait deux idéogrammes signifiant « danger » et « opportunité ». N’y a‑t-il pas là une manière tout orientale d’y voir un horizon résilient, dépassionné, mais volontariste, pour transformer nos futurs ? Et, au-delà, matière à réflexion pour réenchanter nos défis ?

Nicolas Quantin 

 


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