Covoiturage du quotidien, autopartage entre particuliers ou en boucle : les nouveaux usages promettent tous de transformer les mobilités en optimisant les trajets, en réduisant le nombre de voitures et en libérant de l’espace public… Derrière ces ambitions, les modèles se multiplient, mais leurs effets restent contrastés.
Il est 8 h 12, quelque part en grande couronne parisienne. Une file de voitures s’étire déjà sur plusieurs kilomètres. À l’intérieur, le plus souvent, une seule personne. La routine est connue : monter dans sa voiture, la démarrer, rejoindre son lieu de travail. Chaque matin, des millions de trajets identiques se répètent. Et pourtant, dans cette mécanique bien rodée, des inflexions apparaissent. Ici, un conducteur attend un passager. Là, une voiture stationnée n’appartient plus vraiment à celui qui l’utilise. Ailleurs, on renonce à en posséder une, faute de réel besoin. Ces micro-variations, encore discrètes, sont-elles les prémices d’un basculement à venir ?
Car la voiture ne disparaît pas pour autant ; elle change de statut. Toujours aussi présente, mais parfois partagée ou parfois évitée. À mesure que ses coûts augmentent et que ses contraintes s’accumulent, elle devient un objet que l’on n’utilise plus tout à fait de la même manière.
Remplir les voitures
Sur le papier, l’idée est imparable : des millions de voitures circulent chaque jour avec des sièges vides. Il suffirait de les occuper. En pratique, la réalité se révèle plus résistante. « Sur la courte distance, le coût ressenti est faible, surtout si vous avez une habitude ancrée, constate Hugo Brahmi, directeur de BlaBlaCar Daily. Contrairement à la longue distance, où le covoiturage s’est imposé presque naturellement, les trajets du quotidien se heurtent à une inertie profonde. L’“autosolisme” n’est pas seulement une pratique : c’est une norme. »
Lucas Boudier
Cet article est à retrouver en intégralité dans notre numéro 449 en version papier ou version numérique

Photo : Getaround
Couverture : Jaouen Salaün





