Déploiement de la voiture électrique : à quelles conditions ?

Combien de véhicules en circulation d’ici à 2030 ? Les infrastructures énergétiques sont-elles prêtes ? Pour quels usages ? Quelle autonomie ? Quel coût ? Alors que la massification du marché est en route, de nombreuses questions demeurent pour l’usager, ainsi que beaucoup d’idées reçues – souvent erronées. Décryptage avec Axel Nicolas le Meignen, directeur Mobilité électrique chez EDF.

 

Que ce soit pour atteindre en 2030 les objectifs européens (-90 % d’émissions de CO2 pour les ventes de voitures neuves) et ceux de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC), le livre blanc 2025 d’EDF, Électrifier les territoires 1 stipule qu’il faudra mettre en circulation plus de 5 millions de voitures électriques. Actuellement, en France, ce sont environ 1,7 million de voitures électriques à batterie (parfois aussi dénommées véhicules 100 % électriques) qui circulent, et 860 000 voitures hybrides rechargeables, pour un total de 2,5 millions.

Sans surprise, chaque région est plus ou moins avancée en fonction de plusieurs paramètres : son niveau actuel de véhicules électriques ; le profil urbain/rural et les habitudes de mobilité ; la structure économique et la typologie des usages ; la déclinaison territoriale officielle des objectifs SNBC ; et le développement des infrastructures de recharge. Ce dernier point porte en lui l’enjeu de l’autonomie, incontestablement le plus discuté et analysé. Or, il est établi qu’en termes d’usage, la grande majorité des trajets sont courts (50 km en moyenne) – une grande autonomie n’est alors pas nécessaire. Pour les trajets longue distance occasionnels, l’autonomie permettra de voyager pendant le temps d’attention raisonnable (2 h 30 à 3 h) et de recharger le temps d’une pause (15 à 20 minutes) si le véhicule dispose d’une puissance de charge suffisante. De plus, les constructeurs travaillent à des véhicules spécialement conçus pour les gros rouleurs, avec une autonomie et une vitesse de charge plus importantes. « Cependant, ces véhicules seront coûteux et donc rentabilisés uniquement par les conducteurs qui parcourent réellement beaucoup de kilomètres à chaque trajet, explique Axel Nicolas le Meignen, directeur Mobilité électrique chez EDF. Dans un cadre professionnel, en revanche, il faudra adapter les véhicules en fonction des distances à parcourir. »

400 000 points de recharge publics pour 2030

Reste que les usages, quels qu’ils soient, doivent être assu- rés par la disponibilité en énergie, partout sur le territoire. Actuellement, il existe quelque 190 000 points de recharge ouverts au public, sur un objectif de 400 000 fixé par l’État à l’horizon 2030. Ces bornes se distinguent en trois catégories, à commencer par celles destinées à la grande itinérance, implantées essentiellement sur les autoroutes et les nationales. Plus chères au kilowatt­ heure (kWh), elles sont utilisées pour des trajets de plusieurs centaines de kilomètres. « Aujourd’hui, le taux d’équipement est suffisant, on a juste dénombré quelques saturations sur les week-ends de début janvier sur les autoroutes du nord-est de la France, liées aux vacances au ski, mais cela devrait se résorber, précise Axel Nicolas le Meignen. Quant aux vacances d’été, le problème ne s’est pas posé. »

 

Retrouvez cet article en intégralité dans notre n°449 « L’automobile » en version papier ou version numérique 

Photo : www.izivia.com

Couverture : Jaouen Salaün

 


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