« Le petit véhicule électrique est essentiel »

Jean-André Barbosa, directeur des affaires publiques de Renault Group, détaille la stratégie d’électrification du constructeur français, qui a récemment annoncé l’abandon du moteur thermique en 2030, en misant sur le made in France et de nouveaux projets de territoires.

 

En 2025, quel était l’état de la production de véhicules électriques chez Renault ?

L’an passé, le marché s’est accéléré, même s’il reste, en France comme en Europe, bien en dessous de ce que la législation prévoyait en termes de trajectoire d’électrification. Chez Renault, nous avons connu un énorme succès avec la R5 E‑Tech, qui a déjà été produite à plus de 100 000 exemplaires et s’est imposée en première position des ventes de véhicules électriques en France [avec 11,2 % de parts de marché, ndlr], et elle a eu aussi un grand succès en termes de leasing social. Les indicateurs sont donc au vert de ce côté-là. Plus globalement, nos parts de marché pour le secteur de la voiture électrique s’élèvent à près de 20 %, avec une gamme complète composée de la R5, la R4, la Mégane, la Scénic, les Alpine A390 et A290, et bientôt la Twingo. En France, la pénétration de l’électrification sur les segments D [les berlines familiales] et au-dessus est très forte. Beaucoup de ces usagers ont adopté l’électrique et ne reviendront pas au thermique.

Qu’en est-il à l’international ?

Depuis le Covid, le marché européen perd 3 millions de véhicules par an, et nous sommes la seule région au monde à ne pas avoir réussi à renouer avec les ventes d’autrefois. Il s’avère que c’est sur les petits segments, A et B [mini-citadines et citadines polyvalentes], que nous avons reculé. Pour ces catégories, l’offre est très limitée et la pénétration de l’électrique est très faible. Le petit véhicule électrique est donc un sujet essentiel. Les acheteurs, qui sont des CSP+, ne correspondent pas aux clients habituels de ces segments-là. On a donc ici un problème, qui est le prix des voitures. Chez Renault, nous fournissons d’énormes efforts pour essayer de redonner aux segments A et B une nouvelle vitalité, qui passe par une baisse des coûts des voitures et donc des prix. Ce qui nous amène à un autre élément écosystémique : la réglementation. Au niveau européen, elle est énorme : en tenant seulement compte des textes connus pour le moment, on attend 107 impacts réglementaires d’ici à 2030 pour l’industrie automobile.

Propos recueillis par Rodolphe Casso

Entretien à retrouver en intégralité dans le n°449 « L’automobile » au format papier ou format numérique

 

Crédit photo : Melting Prod SPRL

Couverture : Jaouen Salaün 


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