« Travailler la temporalité dans les projets urbains »

Denis Tallédec est directeur général du collectif Culture Bar-Bars – Fédération nationale des cafés et clubs cultures, qui a publié le manifeste La Nuit est un choix politique (1) avant les élections municipales de 2026, afin de sensibiliser les futurs élus aux enjeux urbains des pratiques festives.

Photo : Nantes Métropole

Quelle est la genèse du collectif ?

Culture Bar-Bars a été créé en 1999 dans une dynamique de contre-culture portée par ce qu’on appelait les cafés-concerts ou « caf’conc’ ». À l’époque, j’étais directeur du pôle régional des musiques actuelles des Pays de la Loire, en charge de l’aménagement du territoire sur les questions de musique. Le collectif m’a sollicité et je me suis aperçu que de nombreuses difficultés réglementaires étaient liées aux caf’conc’, notamment en raison d’une « hygiénisation » de la société qui a ramené des renforts de normes sur la limitation du bruit, l’interdiction de fumer, etc. Nous avons alors provoqué des premières rencontres nationales des cafés cultures en France, avec le ministère de la Culture, de l’Intérieur, les villes, les acteurs de la filière et les artistes, pour réfléchir à la manière dont ces lieux pouvaient être reconsidérés. De là est née la plateforme nationale des cafés cultures (2) à laquelle nous avons associé beaucoup de dispositifs.

Comment la géographie de la nuit a‑t-elle évolué sur cette période ?

C’était plutôt le modèle lisboète qui dominait, avec des quartiers nocturnes excentrés et cette idée de quartier de destination : quartier d’affaires, nocturne, résidentiel, etc. On a ensuite vu arriver un deuxième phénomène, l’exemple berlinois, et puis celui de la « ville du quart d’heure ». Mais ce dernier était pensé avec des politiques de jour, pas de nuit, et ne tenait ni compte des phénomènes de gentrification, ni des changements sociétaux majeurs de la consommation de la fête en France et en Europe, avec ce que j’appelle la « méditerranéisation » de l’espace public, qui s’est accélérée post-confinement. Enfin, le dernier phénomène observé est celui du desserrement de la fête vers les périphéries.

Comment le collectif s’est-il mobilisé ?

Nous avons monté la plateforme européenne de la vie nocturne, qui réunit à la fois des collectivités comme Paris, Barcelone, Liège, Nantes, des organisations professionnelles du secteur CHR [cafés, hôtels, restaurants, ndlr] et des milieux culturels, mais aussi des collectifs de riverains ou des structures qui interviennent en médiation pour remettre de la vie nocturne en bas des tours. Nous avons créé à côté un…

Propos recueillis par Rodolphe Casso 

Retrouvez cet entretien en intégralité dans le numéro 450 « La nuit  » au format papier ou au format numérique 

Couverture : Laurent Duvoux 

Notes : 

1/ www.bar-bars.com/mobilisation-municipales-2026-faisons-entendre-la-voix-de-nos-lieux

2 /https://gipcafescultures.fr


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