Pavillon de l’Arsenal – hors les murs

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Pavillon de l’Arsenal – hors les murs

[automne 2026]
www.pavillon-arsenal.com

 

Cet automne, alors que le Pavillon de l’Arsenal poursuit sa transformation, sa programmation itinérante se poursuit, à travers une série d’expositions, révélatrice de quelques-unes des grandes tensions de la fabrique urbaine.

 

Paris Saclay, une histoire humaine et urbaine
Direction le plateau de Saclay, en grande couronne francilienne, territoire emblématique d’une urbanisation sous tension, entre projet d’excellence nationale et artificialisation des sols.
Alors que l’inauguration du tronçon de la ligne 18 du Grand Paris Express entre Massy-Palaiseau et Le Christ-de-Saclay est prévue fin 2026, l’établissement public d’aménagement (EPA) de Paris-Saclay et Ile-de-France Mobilités s’associent au Pavillon pour retracer la transformation d’une terre agricole ancestrale en un pôle universitaire et technologique, appelé à accueillir à terme plusieurs milliers d’habitants, où il faudra apprendre à « faire ville ».

 

Habiter solidaire
La loi du 3 décembre 1956 marque un tournant dans la reconnaissance du droit au logement en instaurant, pour la première fois, une trêve hivernale suspendant les expulsions entre le 1er décembre et le 15 mars. Depuis la loi Alur en 2014, la période a été élargie du 1er novembre au 31 mars.
Devenue emblématique, cette disposition continue, chaque hiver, d’interroger la capacité des politiques publiques à garantir un accès digne et durable au logement. Les chiffres de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) en témoignent : au minimum 3 857 personnes ont été recensées à la rue dans la nuit du 22 au 23 janvier 2026 à Paris, rappelant l’ampleur et la persistance du phénomène.
C’est en écho à cette clause juridique qu’a été conçue l’exposition Habiter solidaire, portée par l’agence d’architecture Atelier +1 en partenariat avec l’association Aurore. À partir d’un travail mené sur quinze centres d’hébergement en Ile-de-France, elle explore les multiples dimensions de ces habitats, accueillant des personnes en situation de grande précarité, à la croisée du social, du spatial et du politique. L’exposition met ainsi en lumière des dispositifs hybrides qui tentent de dépasser la seule logique de l’urgence pour esquisser des formes d’habiter plus pérennes et inclusives.

 

 

Inscrite dans le cadre de FAIRE Paris – la plateforme d’expérimentation architecturale et urbaine soutenue par la Ville de Paris et le Pavillon de l’Arsenal, l’exposition s’attache à documenter ces pratiques invisibilisées, et pourtant structurantes dans la ville. Elle propose également un regard historique avec la présentation de la Maison des Jours Meilleurs, conçue par Jean Prouvé en 1956 (photo ci-dessus). Récemment rénové, ce prototype d’habitat d’urgence rappelle combien l’invention architecturale peut se mettre au service de l’urgence sociale et de l’hospitalité.

 

Nouveaux Climats
La période estivale l’a encore démontré, après trois épisodes de canicule à l’heure où nous mettons sous presse, Paris et son agglomération apparaissent structurellement inadaptées à l’élévation des températures. Si ces phénomènes restent ponctuels, leur répétition est désormais attendue à l’horizon 2100, dans un contexte où le réchauffement pourrait atteindre + 4 °C. Ce qui relevait encore de l’exception tend désormais à devenir la norme, imposant une adaptation en profondeur des modèles urbains.
Trois recherches seront ainsi présentées cet automne, dans le cadre de FAIRE Paris.

Parmi elles, L’eau brute, portée par les architectes Camille Lot, Julie Maillard et Pauline Soulenq, propose de considérer notre rapport à ces eaux naturelles et impensées dans l’aménagement – eau de pluie, des rivières, souterraines, etc. Face à la multiplication de séquences de fortes intempéries, il ne s’agit plus seulement de les évacuer, mais d’en maîtriser les flux et de les réintégrer dans les milieux urbains à travers des dispositifs architecturaux et paysagers « transcalaires et low tech ».

Ces eaux constituent en effet des milieux riches chargés en « minéraux, ions, particules et parasites », qui participent pleinement aux équilibres écologiques et à la régulation thermique de la ville. Rappelons que sans accès à l’eau, un platane ne rafraîchit pas : la mécanique de l’évapotranspiration ne fonctionne pas, et il cesse d’être un allié climatique. Le projet rappelle ainsi la nécessité de réactiver des solutions fondées sur le vivant, et de rompre avec une forme de toute-puissance technique qui a largement montré ses limites.

Seront également présentés La mécanique du froid, menée par l’architecte Nicolas Dorval-Bory, qui explore des stratégies architecturales et techniques pour « envisager un avenir climatique confortable et frugal », ainsi que Construire l’ombre, portée par les architectes Jasmine Kenniche Le Nouëne et Gaël Le Nouëne, qui interrogent les multiples manières de produire de l’ombre, ce phénomène « résultat de la confrontation de la lumière à un plan ou une masse ».

 

Maider Darricau

 

 


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