Rome, promenades sociologiques

Titre:

Description :

Rome, promenades sociologiques

Marco Cremaschi
[Presses de Sciences-Po, 2026, 220 pages, 16 euros]

 

C’est une plongée dans la Ville éternelle que nous propose Marco Cremaschi, cette cité « d’oxymores et de contrastes », vieille dame nourrie de strates de légendes et de mystères. Rome est une histoire – « qui revient à parcourir la géopolitique des tribus rivales établies pendant deux millénaires sur les collines » –, celle des frères fondateurs autant que celle du fascisme mussolinien, dont témoigne encore l’imposant quartier de l’Esposizione Universale di Roma (EUR), monumental et controversé, conçu pour l’Exposition universelle de 1942.

Au fil du récit, une sélection de films donne à voir les multiples facettes de Rome : le lien au pontife, dans Au nom du pape roi (Luigi Magni, 1977), ou plus récemment la lente désuétude de la ville dans La Grande Bellezza (Paolo Sorrentino, 2013), mais aussi la spéculation immobilière, dénoncée avec Main basse sur la ville (Francesco Rosi, 1963), qui anticipe à Naples ce que Rome va connaître.

Rome révèle ainsi ses visages. D’abord, celui de l’ordinaire : une ville de périphéries scandée par les centres commerciaux et d’infrastructures logistiques, où se lisent la pauvreté, la corruption et les effets d’une urbanisation rapide et mal maîtrisée – moins d’un million d’habitants en 1931 à près de 2 850 000 aujourd’hui.

À cette réalité s’oppose une ville qui semble rejouer sans cesse son passé glorieux. On s’y met en scène et en costume, une forme « naïve » avec le souci de prolonger ce récit collectif. De la Cloaca Maxima, prouesse d’ingénierie du VIe siècle avant J.-C. destinée à assécher les marécages du Velabrum toujours en usage aujourd’hui, aux vestiges qui affleurent à chaque pas et chantier, le passé y demeure omniprésent.

Mais Rome est aussi une ville verte, un pan imperceptible au promeneur de passage. S’il a peut-être déjà arpenté le jardin botanique de Trastevere, il ignore généralement les quelque 1 800 espaces verts qui maillent la ville. On décrit Rome minérale, figée dans une antique splendeur : elle compte pourtant près de 330 000 arbres et de nombreux jardins potagers sur ses 1 285 km².

Rome n’est peut-être jamais aussi juste que dans cette tension : une ville qui ne se livre jamais tout à fait, et qui, pour cette raison, demeure baignée d’une aura, toujours appelée à être retrouvée. Maider Darricau


À propos

Depuis 1932, Urbanisme est le creuset d’une réflexion permanente et de discussions fécondes sur les enjeux sociaux, culturels, territoriaux de la production urbaine. La revue a traversé les époques en réaffirmant constamment l’originalité de sa ligne éditoriale et la qualité de ses contenus, par le dialogue entre chercheurs, opérateurs et décideurs, avec des regards pluriels.


CONTACT

01 45 45 45 00


Newsletter

Informations légales
Pour recevoir nos newsletters. Conformément à l’article 27 de la loi du 6 janvier 1978 et du règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016, vous disposez d’un droit d’accès, de rectifications et d’opposition, en nous contactant. Pour toutes informations, vous pouvez accéder à la politique de protection des données.


Menus