Toulon, ville coloniale. Un passé qui ne passe pas
Gilles Suchey
[Éditions Divergences, 2026, 180 pages, 16 euros]
Essai engagé, l’ouvrage de Gilles Suchey relie de manière éclairante et parfois audacieuse le passé colonial de Toulon à ses enjeux urbains actuels.
Port militaire depuis la monarchie absolue, la ville doit son essor à la gloire de l’Empire (c’est de Toulon que part la conquête de l’Algérie), alors que son déclin économique depuis les années 1960 est lié aux indépendances coloniales, avec l’accueil de nombreux pieds-noirs. Cette histoire reste très présente à la fois du point de vue de l’urbanisme (le nom des rues renvoie au culte du guerrier colonial) et du patrimoine, mais aussi du point de vue social (séparatisme scolaire et religieux) et de l’imaginaire politique.
À cet égard, l’auteur insiste en particulier sur les « démons coloniaux » de la gentrification, à l’œuvre, selon lui, dans la « reconquête » des quartiers populaires et immigrés.
Damien Augias





