« Il faut cibler les villes en déprise démographique »

La députée Sandra Marsaud (Charente) est l’autrice, avec le député Julien Gokel (Nord), d’un rapport d’évaluation du programme Action cœur de ville, paru en juin 2025. L’élue revient sur ses principaux enseignements.

Sandra Marsaud, crédit : D. R. 

L’aspect déconcentré et décentralisé du programme a‑t-il facilité la façon dont les villes ont mené leurs actions ?

Tout dépend si les territoires avaient déjà enclenché une dynamique globale de projets, avec une équipe en ingénierie – beaucoup de communes n’en avaient pas, en particulier les plus petites. Reste que cette liberté laissée aux communes constitue une nouvelle façon de faire de l’aménagement, mais il faut absolument quelqu’un pour guider le programme, surtout pour les villes les plus en difficulté, ce qui serait pertinent pour un troisième volet. Au final, ces outils et ces financements ont permis aux territoires de raconter chacun leur histoire, et c’est donc difficile pour nous d’avoir une lecture d’ensemble. C’est pourquoi une réflexion au niveau régional pour un volet 3 me semble majeure.

Les grands défis identifiés sont la concurrence des hypermarchés et du commerce en ligne, ainsi que la déprise démographique…

Avant ce programme d’évaluation, j’avais déjà rendu en janvier 2022 un rapport sur le rôle et l’avenir des commerces de proximité dans l’animation et l’aménagement des territoires, dans lequel nous avions étudié l’impact du e‑commerce. Je crois qu’il ne doit pas être montré comme la seule bête noire et que c’est un mode de consommation utile. Je t’utilise moi-même là où j’habite, en Charente : on perd des habitants et plein de villages n’ont plus du tout de commerces. En réalité, il faut associer le physique et le digital – c’est ce qu’on appelle le « phygital » –, une pratique qui s’est développée au moment du Covid. Il faut encourager les commerces à pratiquer la vente en ligne, le click and collect ou le relais-colis, car c’est l’avenir. Mais cela nécessite une formation pour les commerçants. Ensuite, les grandes surfaces de périphérie font, certes, concurrence au centre-ville, mais c’est d’abord en raison des…

Propos recueillis par Rodolphe Casso 

Lire la suite de cet article dans le numéro 448 « Mutations commerciales » en version papier ou en version numérique

Couverture : Guillaume Guilpart

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