Agriculture « high-tech » : les néons vacillent
Promues comme vitrines de la ville durable, les fermes high-tech promettent une production locale, propre et résiliente. Quinze ans d’expérimentations plus tard, le constat est moins éclatant : modèles énergivores, rentabilité fragile, dépendance technologique. Une question demeure. Innovation ou mirage ?
À Paris, Stockholm ou Barcelone, des fermes se dressent comme des symboles d’un futur écologiquement vertueux : tours de verre, serres de toit ou conteneurs illuminés par des LED. « Elles revendiquent une production locale, maîtrisée et sans pesticides, au plus près des consommateurs urbains, et réconcilient la ville et la production », pointe Haïssam Jijakli, professeur à Gembloux Agro-Bio Tech (université de Liège) et coordinateur de la plateforme Wasabi, qui teste des systèmes hybrides – agroforesterie, serres photovoltaïques, hydroponie, aquaponie – afin de mesurer leurs performances économiques et environnementales.
Rêve de ville nourricière ?
« On qualifie souvent certaines méthodes de révolutionnaires », note Christine Aubry, ingénieure agronome et fondatrice de l’équipe Agricultures urbaines à l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). « Mais des techniques comme l’hydroponie ont plus de cinquante ans d’existence. L’innovation se situe surtout dans son insertion urbaine, pas dans son principe. » Cette chercheuse a encadré plusieurs travaux d’analyse de cycle de vie (LCA) comparant différentes formes d’agriculture urbaine en France et en Californie, et a dirigé le projet TechnAU (Technologies et agricultures urbaines) financé par le ministère de l’Agriculture de 2017 à 2019. Objectif : mesurer concrètement leurs performances techniques, économiques et environnementales. In fine, le verdict est sévère : le coût d’installation d’une serre en ville est…
Frédéric Ville
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Couverture : Donatien Mary
Crédit photo : Petr Magera/Unsplash






