En Espagne, un territoire dévoré par l’agriculture
Premier producteur européen de légumes, l’Espagne est aussi l’un des pays les plus touchés par la sécheresse. Mais cette agriculture intensive, rendue possible par des transferts d’eau colossaux et la surexploitation d’aquifères, menace de s’effondrer.
Au bord de la Méditerranée, des milliers de serres blanches étincellent sous le soleil aveuglant. L’immense étendue, clairement visible depuis l’espace (qui reluit sur les photos satellite), recouvre plus de 300 km2 de la province d’Almería, en Andalousie. Sous les bâches fouettées par le vent poussiéreux poussent toute l’année les fruits et légumes qui garnissent les étals de la grande distribution européenne, y compris nos supermarchés français.
Le « potager de l’Europe » se trouve pourtant dans une des zones les plus arides d’un des pays d’Europe les plus secs, comme un mirage au milieu du désert. Qu’importe, cette terre qu’on appelle aussi « mer de plastique » a submergé tout le champ de Dalías, de la mer aux flancs de la sierra de Gádor. Au beau milieu de l’immensité ressort comme une île, El Ejido, capitale informelle de l’horticulture intensive et industrielle. Maîtresse d’un territoire dont elle est la principale source de richesse, elle prospère grâce à l’exploitation insoutenable de maigres ressources en eau qui pourraient bientôt se tarir.
Car 80 % de l’eau consommée par les exploitations agricoles provient aujourd’hui d’aquifères plus que jamais menacés. Le déficit hydrique s’élève à quelque 170 hm3 par an, l’équivalent de 50 000 piscines olympiques. Les serres de la mer de plastique boivent plus d’eau que…
Marti Blancho
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Couverture : Donatien Mary
Crédit photo : Marti Blancho





