« Le bien commun passe par une démarchandisation de la terre »

Tanguy Martin, chargé de plaidoyer de Terre de Liens, évoque les missions de l’association en matière d’aide à la transmission et d’acquisition foncière pour permettre l’installation de projets agricoles écologiques sur les territoires.

 

Terre de liens est une structure à plusieurs branches, comment s’articule-t-elle ?

Il s’agit d’abord d’un mouvement citoyen qui œuvre à la préservation et au partage des terres agricoles en France, dans l’idée d’en faire un bien commun. Nous ne sommes pas une organisation professionnelle agricole, même si on travaille beaucoup avec certaines ; en effet, notre organisation n’est pas constituée uniquement d’agriculteurs. L’objectif est de porter une voix de la société civile sur les questions du foncier agricole, considérant qu’elles concernent tout le monde, pas uniquement les agriculteurs d’un côté, et les urbanistes de l’autre. Pour des questions d’alimentation, de paysage, d’écologie, de santé, d’aménagement du territoire, ça concerne tout le monde, et pas uniquement les experts. Nous avons plusieurs modes d’action et besoin de différentes formes sociales pour mener nos missions. Tout d’abord, un réseau de 19 associations territoriales réunies dans une fédération, elle-même adossée à une foncière sous forme de société en commandite par actions. Cette SCA vend ses actions pour immobiliser son capital social sur des terres et des fermes louées à des agriculteurs en agriculture biologique. Nous avons aussi une fondation reconnue d’utilité publique, qui peut aussi acquérir, par dons ou legs, des terres ou des fermes, mais aussi financer des projets en levant des fonds grâce aux outils de défiscalisation.

Que mettez-vous en œuvre grâce à ces structures ?

Notre première modalité d’action, c’est l’accompagnement, le conseil, l’information et la formation autour de l’accès au foncier agricole et sa compréhension, généralement pour des personnes voulant devenir agriculteurs et mettre en place une pratique écologique, mais aussi pour des citoyens ou des élus souhaitant mener des projets autour de ces questions. La deuxième modalité concerne la propriété collective : acquérir des terres pour les louer aux conditions expliquées précédemment, avec l’engagement de ne pas les revendre, puisque notre vision du bien commun passe par une démarchandisation de la terre et la transmission par la location, afin d’éviter que chaque génération s’endette un peu plus que la précédente en voulant accéder aux terres, aux bâtiments et aux logements.

La troisième modalité est…

Propos recueillis par Rodolphe Casso

Lire la suite de cet article dans le numéro 447 « Souveraineté agricole » en version papier ou en version numérique

Couverture : Donatien Mary

Crédit photo : Delphine Blast/Terre de Liens/TDL-Rhône-Alpes, mai 2023.

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