« L’ensemble des filières doit se réadapter »
Éric Dubertrand, président du groupe SCET-HTC, analyse les nouveaux équilibres financiers de la construction et les récentes annonces du gouvernement pour la relance du logement.

Photo : Éric Dubertrand, crédit : Maya Angelsen
Pensez-vous que certains modèles économiques de la fabrique de la ville soient en voie d’obsolescence, notamment pour le logement qui connaît une crise sans précédent ?
La production de logement en zone très dense est devenue très compliquée pour des questions d’augmentation des coûts, de raréfaction des fonciers ou de normes et d’objectifs en matière de transition énergétique – qui sont souvent vécus comme un ajout de contraintes. Le tout avec une qualité de construction qu’on souhaite faire progresser. Cela nécessite que l’ensemble des filières se réadapte et se mobilise. Dans le cadre de la feuille de route « logement » lancée par la Caisse des Dépôts, qui ambitionne de booster la construction de 650 000 logements avec une enveloppe de 100 milliards d’euros en 2030 (1), cela a permis de cerner les sujets prioritaires.
Côté SCET-HTC, nous allons contribuer à la création d’un Observatoire de la construction pour ensuite identifier des solutions permettant de maîtriser les coûts. De plus, la majorité des logements construits en grandes métropoles, notamment en Ile-de-France, ne le sont pas dans le cadre d’une ZAC [zone d’aménagement concerté, ndlr], mais sur du foncier privé. On voit donc que le modèle actuel doit évoluer et nous pouvons accompagner ces évolutions dans l’ingénierie financière, la prise en compte des objectifs de décarbonation du patrimoine ou de nouveaux matériaux, en travaillant aussi avec des organismes comme le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Il faut aussi prendre en compte la capacité de proposer une offre diversifiée – sociale, intermédiaire, libre – et d’intégrer des équipements publics ou des commerces, le tout selon des financements optimisés. Et il y a aussi la question de la reconversion de logements vacants ou anciens dans les centres-villes où le foncier est rare. Par ailleurs, nous sommes encore dans un contexte difficile qui nécessite…
Propos recueillis par Rodolphe Casso
Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 451 « Financer la ville » en version papier ou en version numérique
Couverture : Lila Castillo
Notes :
1/ La feuille de route a été annoncée le 21 mai 2026 au Printemps des Territoires.






