L’Ivresse de la feuille blanche

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L’Ivresse de la feuille blanche

« L’architecture aux Beaux-Arts avant 1968 »

 

 « Voici un livre captivant », écrit Françoise Fromonot dans sa préface. L’enseignante et critique d’architecture est connue pour la vivacité de sa plume. Si elle salue ainsi le livre de Philippe Panerai, architecte urbaniste (Grand Prix de l’urbanisme 1999), c’est qu’il « nous plonge dans un passé qu’on croyait connaître, le remet en perspective et réveille notre regard sur le présent ».

Ce passé, c’est celui des dernières années de la section architecture de l’École des beaux-arts, avant que Mai 68 n’en consacre la disparition. À partir de l’automne 1968, une nouvelle organisation de l’enseignement de l’architecture se met en place à travers 18 Unités pédagogiques d’architecture (UP) dont 5 à Paris, auxquelles s’ajoutera très vite une 6e, la fameuse UP6, regroupant la frange la plus contestataire des enseignants et des étudiants. Philippe Panera participera, lui, à la création de l’UP3 à Versailles en janvier 1969.

Trois grandes parties structurent son ouvrage : le système Beaux-Arts, la culture Beaux-Arts, et l’esprit Beaux-Arts. Elles permettent de découvrir l’originalité de cette école, où les étudiants jouissent d’une extraordinaire liberté tout en prenant place, comme la présentation de leurs esquisses et fusains, dans un « ordre immuable ». Philippe Panerai souligne ce « goût prononcé pour l’esquisse considérée comme l’acte fondateur du projet » et nous plonge dans l’ambiance des charrettes précédant les rendus. Pour autant, il n’oublie pas les graves lacunes de la culture Beaux-Arts comme « l’oubli du site », et les travers de l’esprit Beaux-Arts « entre fanfares et machisme ». Mais il rappelle aussi l’étonnant fonctionnement en ateliers dont « le patron est librement choisi par ses élèves », le goût du débat et l’invitation au voyage, l’opposition assez largement répandue à l a guerre d’Algérie…

Illustré par des documents d’époque, dont des dessins et croquis de l’étudiant Panerai, complété par un excellent « petit glossaire des outils, matériaux et manières de faire concernant le dessin », une chronologie, des notices sur les principaux acteurs, cet ouvrage est appelé à faire référence sur ce moment décisif de l’histoire de l’architecture. En conclusion, l’auteur relève « la persistance d’un esprit Beaux-Arts dans les écoles actuelles », qui témoigne de la singularité affirmée du métier d’architecte. D’ailleurs, quel meilleur exemple de cette singularité que le parcours de Philippe Panerai ? On lirait avec plaisir la suite des années Beaux-Arts… / Antoine Loubière

Philippe Panerai, préface de Françoise Fromonot, pb&a, 2020
200 pages, 28 euros

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