Nouveaux territoires

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Nouveaux territoires

« Nouveaux noms de la France »

 

Figure majeure de la géo­gra­phie fran­çaise, célèbre pour sa « dor­sale euro­péenne » (appe­lée aus­si « Banane bleue » par des géné­ra­tions de lycéens et d’étudiants), son rôle dans la fon­da­tion du GIP Reclus et ses nou­velles méthodes de repré­sen­ta­tion sché­ma­tique de l’espace, Roger Bru­net s’est spé­cia­li­sé depuis quelques années dans une recherche scien­ti­fique « topo­ny­mique », por­tant sur les noms des lieux et ter­ri­toires de la France (nous avions déjà ren­du compte de son pré­cé­dent ouvrage Tré­sor du ter­roir. Les noms de lieux en France, CNRS édi­tions, 2016).

Après avoir ana­ly­sé en pro­fon­deur les noms des loca­li­tés « his­to­riques » (en par­ti­cu­lier les com­munes, héri­tières des anciennes paroisses), il pro­pose avec Nou­veaux ter­ri­toires, nou­veaux noms de la France de s’attaquer – au sens propre comme au sens figu­ré – aux nou­velles déno­mi­na­tions issues des récentes « réformes ter­ri­to­riales » (com­munes nou­velles fusion­nées, nou­velles inter­com­mu­na­li­tés, nou­velles régions, et autres pôles et zonages mul­tiples dont raf­folent les dis­po­si­tifs publics actuels).

Par une iro­nie sou­vent mor­dante et par des démons­tra­tions tou­jours éru­dites, fei­gnant de se perdre dans le maquis des sigles (PETR, SCoT, ZNIEFF…) et des noms (par­fois bar­bares) de ces nou­veaux ter­ri­toires, Roger Bru­net se plaît à prendre une dis­tance cri­tique avec ces « inno­va­tions ter­ri­to­riales », la pro­cla­ma­tion d’un « droit à la dif­fé­rence » lui sem­blant rele­ver de pré­ten­tieux néo­lo­gismes spa­tiaux (les Géo­parcs, Bio­pôles ou Éco­quar­tiers… sans par­ler des « Hauts » et des « Grands », voire des « Cœur de » …) qui « jouent de tous les registres de la Foire aux vani­tés ».

On le com­prend : pour le maître de la car­to­gra­phie abs­traite, il y a dans ces nou­veaux dis­po­si­tifs de déno­mi­na­tion d’espaces d’action publique une forme d’« illu­sion nomi­na­liste » (titre de la conclu­sion du livre) qui vise à rem­pla­cer la réa­li­té des réa­li­sa­tions concrètes par une com­mu­ni­ca­tion à des­ti­na­tion des « ter­ri­toires » et des « quar­tiers »… Le fon­da­teur de la revue L’Espace géo­gra­phique demeure atta­ché aux cir­cons­crip­tions clas­siques du pays (com­munes, can­tons, dépar­te­ments) dont l’empreinte reste, à ses yeux, indé­lé­bile. Damien Augias

Roger Bru­net, Her­mann, 2021
238 pages, 32 euros 

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À pro­pos

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