Jean Touzeau, ancien maire de Lormont
Élu à Lormont depuis 1983 et maire de 1995 à 2026, ce natif de la commune a accompagné son extension, influencée par les évolutions de Bordeaux voisin, tout en préservant l’identité d’une ville à taille humaine.

crédit photo : Ville de Lormont
Comment la commune s’est-elle développée ?
C’est une ville située au cœur des coteaux de Garonne, qui a été profondément marquée par un projet de transformation urbaine dans les années 1960–1970 qui a complètement remodelé la ville. Nous sommes ainsi passés de 6 000 habitants à 26 158 selon le dernier recensement de l’Insee. Cette croissance s’explique d’abord par la création de la ZUP des Hauts-de-Garonne, symbole d’une véritable explosion démographique liée à la construction d’un habitat dense dans le périurbain, pour répondre à la pénurie de logements du début des Trente Glorieuses. À partir des années 1980, la ville s’est engagée dans de vastes opérations de renouvellement urbain, qui l’ont transformée, parachevée par l’arrivée de grandes infrastructures, comme le tramway au début des années 2000.
Quel rôle le tramway a‑t-il joué dans le lien avec Bordeaux ?
En 1995, lorsque je suis devenu maire, il existait un véritable fossé entre les coteaux et la ville-centre, séparés par des friches le long du fleuve. Le tramway a joué un rôle déterminant dans la stratégie urbaine, pour retisser ce lien entre la périphérie et le cœur de la métropole. Il a conduit à repenser la ville dans son ensemble : articuler les questions de mobilité avec l’habitat et l’aménagement des espaces publics est devenu essentiel. En témoigne la création du parc de l’Ermitage, ouvert au public en 2005 sur une ancienne friche industrielle.
Le lien avec Bordeaux s’est ainsi considérablement renforcé et le tramway a en parallèle fortement valorisé les opérations de renouvellement urbain en répondant à la première préoccupation des habitants : la mobilité. Nous nous sommes inspirés de Strasbourg et de sa logique de réseau en étoile : à l’image du carrefour Pey Berland, où toutes les lignes convergent vers le centre. Ce lien naturel s’exprime désormais à travers l’ensemble des mobilités et des projets partagés : le transport en commun par bateau sur la Garonne, le développement de nouveaux quartiers au cœur même de la métropole. Autrefois très éloignée du centre, Lormont participe désormais pleinement à une métropole mieux connectée et plus qualitative.
Comment l’offre commerciale s’articule-t-elle ?
La commune présente une configuration particulière, traversée par le réseau autoroutier et ferroviaire, ce qui ne permet pas de disposer d’un centre-ville unique. Elle s’organise autour de plusieurs polarités de quartier, chacune offrant des services, des commerces et des espaces publics de proximité. Le projet de ville que nous avons porté repose sur une idée simple : disposer de tous les services essentiels accessibles en quelques minutes, en plaçant le cadre de vie au cœur de l’aménagement. Enfin, le centre commercial principal, situé à l’entrée de ville des Hauts-de-Garonne de la métropole, bénéficie d’un emplacement stratégique et d’un foncier disponible important. Il fera l’objet de projet d’aménagement pour l’adapter aux évolutions du commerce et renforcer son intégration dans le tissu urbain [lire p57-58]. Son positionnement, au croisement des pôles culturels (le Rocher de Palmer), sportifs, de santé, et bientôt des nouvelles mobilités je l’espère, à l’instar des télécabines reliant la rive gauche, garantit son avenir et sa place dans la dynamique urbaine de la métropole.
Propos recueillis par Maider Darricau
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