« Deux tiers des français ne peuvent plus voir leur propre galaxie »
Fondée par Thomas Boucher et Benoît Fagnou, l’agence Praxys s’est dotée, il y a quelques années, d’un bureau d’études singulier, L’Heure bleue, pour penser autrement la vie nocturne – dans l’esprit de cette idée chère à Edmond Rostand : « C’est la nuit qu’il est beau de croire en la lumière. » Rencontre avec Benoît Fagnou.

Pourquoi avez-vous créé une agence dédiée ?
Nous partions du constat qu’en tant que paysagistes-concepteurs, nous élaborions principalement nos projets d’espace public et d’urbanisme dans une approche pensée en grande partie à l’échelle du jour. Une réflexion approfondie et spécifique sur l’expérience nocturne des aménagements nous est apparue naturellement. Notre sensibilité aux enjeux environnementaux – énergie, biodiversité, pollution lumineuse – devient centrale, plaçant notre travail à la croisée de la technique et du sensible. Nous abordons la lumière comme un véritable outil de création qui introduit une dimension poétique dans le paysage et les usages, plutôt que par le simple prisme technique et normatif.
Quels projets sont particulièrement marquants ?
Dans le cœur de Granville [Manche, ndlr], nous avons repensé un éclairage ciblé : de grands mâts dégagent le sol, tandis que quelques projecteurs mettent en valeur certains éléments. Les traversées piétonnes bénéficient d’une lumière spécifique pour les signaler, créant des points d’attention dans la nuit. Au contraire, sur les quais de la Gourdine, à Lagny-sur-Marne [Seine-et-Marne], le non-éclairage devient…
Propos recueillis par Maider Darricau
Retrouvez cet article en intégralité dans le numéro 450 « La nuit » au format papier ou au format numérique

Couverture : Laurent Duvoux
Photo : Benoît Fagnou, crédit : Romain Ruiz





