Dissolution du GIP Epau, partenaire historique d’Urbanisme

Malgré la forte mobilisation suscitée par l’annonce, fin 2025, d’une réduction de 70 % de son budget, le groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains (GIP Epau) voit sa dissolution officialisée dans le cadre de la mission « État efficace » initiée en septembre 2025.
Depuis 2002, cet opérateur interministériel (Transition écologique, Logement et Culture) s’était imposé comme un lieu de rencontre et de recherches au service de la transition écologique et sociale. La revue Urbanisme revient sur cet espace de dialogue, qui articule productions de connaissances scientifiques, actions locales et expérimentations liées à ces enjeux. La dissolution du GIP Epau doit être actée ce jour à l’issue de son ultime Assemblée générale.

 

En vingt-quatre ans d’activité, le GIP Epau a piloté dix programmes emblématiques : Europan ; le Plan urbanisme construction architecture (PUCA) ; la Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines (POPSU) ; la Caravane des ruralités ; Quartiers de demain ; Erable, Engagé pour la qualité du logement ; Coubertin ; Mission documentaire sur la transition des territoires et Raconte le vivant pour agir. Autant de productions qui ont abondamment nourri articles, tribunes, reportages et entretiens d’Urbanisme.

 

La recherche en amont des transitions 

Le PUCA, acteur central de la production de connaissances sur la ville et l’habitat, a fréquemment alimenté les dossiers d’Urbanisme. Dans le n° 363 (novembre 2008), la revue se penche sur un atelier consacré à l’information géolocalisée pour interroger les enjeux liés à la disponibilité des données géographiques, devenues centrales pour la conception des projets urbains et les opérations de rénovation. Le n° 405 « Nourrir les urbains » (été 2017), mobilise, quant à lui, un travail de recherche commandé par le PUCA, mené sur deux terrains – la Loire-Atlantique et le nord-est de l’Ile-de-France – pour questionner les conditions d’une densification douce, organisée et abordable.

Le n° 419 (décembre 2020) s’intéresse aux avancées de la recherche permises par l’action du PUCA et par les programmes POPSU et Coubertin, avec un objectif clair : renforcer la recherche et l’expérimentation sur les transitions territoriales. Le n° 439 (septembre 2024), portant sur les périphéries, utilise une étude du PUCA pour analyser le phénomène d’« exode urbain » que la crise du Covid-19 aurait suscité, et s’interroge sur les recompositions territoriales qui en découlent.

POPSU, plateforme au cœur de ces démarches (Territoires, Métropoles et Transitions), s’est également avéré une précieuse source documentaire : le n° 369 (novembre 2009) restitue les conclusions du troisième colloque POPSU, en prenant l’exemple de Lille comme « ville laboratoire » du renouveau urbain.

Le n° 391 (hiver 2013) revient sur la création du programme POPSU à travers un entretien avec Emmanuel Raoul, alors secrétaire permanent du PUCA, et insiste sur le caractère participatif du dispositif, qui mobilise plusieurs ministères. Le n° 431 (mai 2023), consacré à l’eau, s’appuie sur des recherches de POPSU pour analyser les tensions et enjeux qui lient les métropoles au patrimoine « eau » dans toutes ses dimensions. Le n° 436 (mars 2024), « Le monde a besoin des urbanistes », propose un entretien avec Jean-Baptiste Marie, directeur général du GIP Epau, qui permet de mieux comprendre le rôle de la recherche urbaine dans la mise en place des politiques publiques. Enfin, dans le n° 439, la revue interroge Hélène Millet, directrice de POPSU Territoires, sur les nouvelles stratégies d’investissement immobilier.

Les territoires laboratoires

Europan, l’un des programmes historiques du GIP Epau, a ainsi occupé une place singulière dans nos pages, avec une sélection régulière des lauréats de cette compétition biennale européenne : dès le n° 365 (mars 2009) autour du thème « Inventer l’urbanité – Régénérer – Revitalisation – Colonisation » ou encore dans le n° 413 (avril 2019) qui se penche sur le projet Saint-Antoine – Plan d’Aou et très récemment, dans le n° 447 (janvier 2026) avec une 18e édition dédiée à la souveraineté agricole.

Les programmes plus récents du GIP Epau ont également alimenté les pages de la revue. Dans le n° 444 (juillet 2025), qui explore les spécificités de l’urbanisme français, Urbanisme propose un reportage à Coulommiers, ville intégrée au programme Quartiers de demain, et imagine les avenirs possibles des formes de démocraties urbaines.

Un numéro consacré aux élus locaux accueille une tribune de Jean-Marc Offner, président du conseil stratégique de POPSU, et de Jean-Baptiste Marie, directeur général. Dans ce même numéro, un entretien avec le géographe Achille Warnant revient sur le programme de la Caravane des ruralités, qui étudie notamment les facteurs poussant de jeunes ruraux à s’engager comme maires.

Les missions photographiques commanditées par le GIP Epau – en particulier celles de Manuel Bourquet, Cédric Calandraud, Ophélie Loubat, Juliette Pavy et Jean-Robert Dantou – ont, elles aussi, trouvé leur place dans la revue, à travers des séries de portraits d’élus locaux qui rompent avec une image distante et désincarnée du politique.

En décembre 2025, Urbanisme a publié un hors-série portant sur l’héritage du Village olympique, qui fait écho au programme de recherche-action Coubertin, avec une interview croisée entre les chercheurs Hélène Dang Vu, Joël Idt et Henri Specht, directeur des opérations d’aménagement de la SOLIDEO.

Faire dialoguer des mondes silotés 

Au-delà de cette matière éditoriale, la dissolution du GIP Epau marque la disparition d’un acteur clé de la recherche-action territoriale et de la démocratie locale. C’est un maillon important des dispositifs qui permettaient de travailler dans la durée sur les transformations urbaines et architecturales, en articulant observation, expérimentation et débat public.

Dans un contexte de défiance démocratique et de dérèglement climatique, la connaissance scientifique et l’action territoriale sont indispensables pour construire une autre voie. En rappelant ces nombreuses références – numéros, programmes, auteurs, terrains –, la rédaction d’Urbanisme tient à saluer le travail accompli par le GIP Epau et ses équipes, et à mesurer les impacts concrets pour les territoires.

La rédaction d’Urbanisme

Références aux travaux du GIP Epau dans la revue Urbanisme

449 448 447 p64 (Europan)
446 445 p34 (POPSU), p36 (Caravane des ruralités)
444 p38 (Quartiers de demain)
443 442 441 440 439 p20 et p23 (PUCA et POPSU)
436 p34 (POPSU)
433 431 p33, p35 et p34 (POPSU)
430 429 428 427 424 p12 (Europan), p39 (POPSU)
422 421 p69 et p77 (POPSU)
420 p6 (POPSU)
419 p12 (PUCA)
418 p13 (PUCA)
417 416 p9 (POPSU)
415 414 413 p15 (Europan), p79 (PUCA), p11 (POPSU)
412 411 410 409 408 407 p32 (PUCA)
406 p11 (PUCA), p11 (POPSU)
405 p12 (PUCA)
403 p13 (Europan)
402 p12 (PUCA)
401 399 397 395 393 391 p13 (PUCA), p11 (POPSU)
389 387 p28 (PUCA)
385 383 381 379 377 375 373 371 369 p18 (PUCA et POPSU)
367 365 p9 (Europan)
363 p24 (PUCA)
361 359 357 355 353 351 p11 et p32 (PUCA)
349 p28 (PUCA)
347 343 341 333 p20 (PUCA)
331 329 p49 (PUCA)
327 325 323

Crédit photo : Europan 2025, projet Chroniques d’une Seine vivante 


À propos

Depuis 1932, Urbanisme est le creuset d’une réflexion permanente et de discussions fécondes sur les enjeux sociaux, culturels, territoriaux de la production urbaine. La revue a traversé les époques en réaffirmant constamment l’originalité de sa ligne éditoriale et la qualité de ses contenus, par le dialogue entre chercheurs, opérateurs et décideurs, avec des regards pluriels.


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