« Ce n’est pas un déclin des centres-villes, mais une mutation »

En mai 2025, le gouvernement confiait la rédaction d’un rapport sur l’avenir du commerce de proximité à Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin (Aisne), Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, et Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires. Nous les avons réunis pour recueillir leurs analyses et évoquer les actions prioritaires à mener selon eux.

À la suite d’une mission confiée en mai 2025 par Juliette Méadel, ministre délégué en charge de la Ville, et Véronique Louwagie, alors ministre déléguée en charge du Commerce, de l’Artisanat, des PME et de l’Économie sociale et solidaire, le « Rapport de la mission sur l’avenir du commerce de proximité dans les centres-villes et les quartiers prioritaires de la politique de la Ville (1)» a été remis le 5 novembre 2025, étayé de 30 recommandations s’appuyant sur des initiatives locales réussies en matière de transformation de l’activité commerciale. Neuf de ces propositions ont été retenues pour le plan d’action dévoilé peu après par le ministère des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat.

 

Les raisons de la baisse d’activité en centre-ville, chose unanimement admise par l’opinion publique, sont multifactorielles : baisse du pouvoir d’achat, concurrence des centres commerciaux de périphérie, difficultés d’accès, essor du e‑commerce… En voyez-vous d’autres ?

Frédérique Macarez : Au-delà de ces facteurs, l’aspiration de nos concitoyens a aussi évolué, et c’est pourquoi ce que l’on trouvera demain dans nos centres-villes, en termes de concepts ou d’enseignes, changera. On le voit déjà aujourd’hui en ce qui concerne les loisirs et la restauration. Dans notre rapport, nous présentons les dix enseignes qui ouvrent le plus de magasins en centre-ville, qui ne sont pas toujours ceux que l’on croit [ils opèrent notamment dans les domaines de la parfumerie, des cosmétiques, des services de ménage, de la téléphonie, du change et transfert d’argent, ndlr].

Dominique Schelcher : Tout cela ne signifie pas un déclin des centres-villes, mais une mutation. Aujourd’hui, on fait moins de lèche-vitrines et on fait ses courses en grande partie sur le canapé. C’est comme ça. Donc, en effet, le centre-ville ne ressemblera plus à ce que l’on a connu, des mutations sont à l’œuvre et l’objet du rapport est de faire des propositions pour les accompagner. Surtout que depuis deux ou trois ans, tout s’est accéléré sous le coup…

Propos recueillis par Rodolphe Casso 

Lire la suite de cet article dans le numéro 448 « Mutations commerciales » en version papier ou en version numérique

Couverture : Guillaume Guilpart,

Crédit photo : S. Chevillon, Ville de Saint-Quentin, Sophie Palmier/REA

Notes : 

1/ www.banquedesterritoires.fr/sites/default/files/2025–11/Rapport-mission-commerce-de-proximite-centres-villes-QPVf.pdf

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


À propos

Depuis 1932, Urbanisme est le creuset d’une réflexion permanente et de discussions fécondes sur les enjeux sociaux, culturels, territoriaux de la production urbaine. La revue a traversé les époques en réaffirmant constamment l’originalité de sa ligne éditoriale et la qualité de ses contenus, par le dialogue entre chercheurs, opérateurs et décideurs, avec des regards pluriels.


CONTACT

01 45 45 45 00


Newsletter

Informations légales
Pour recevoir nos newsletters. Conformément à l’article 27 de la loi du 6 janvier 1978 et du règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016, vous disposez d’un droit d’accès, de rectifications et d’opposition, en nous contactant. Pour toutes informations, vous pouvez accéder à la politique de protection des données.


Menus