Épiceries associatives : un levier de revitalisation des territoires

Face à la disparition des commerces de proximité et à la montée des déserts alimentaires, des habitants inventent une nouvelle forme de solidarité : les épiceries associatives. Portées par des initiatives citoyennes, ces structures fonctionnent sans marge, au prix coûtant, et reposent sur l’engagement de leurs membres.

 

Comme plusieurs communes rurales, Ronsenac, en Charente, fait face à un taux de vacance immobilière important. « Nous avons été confrontés à la disparition progressive des commerces dans le village, déplore Jean-Paul Carrière, conseiller municipal de la commune qui compte 579 habitants. Nous n’avions plus rien où nous fournir à proximité sur le plan alimentaire, avec les inconvénients que cette situation génère pour nos habitants qui se déplacent difficilement. » Depuis juillet 2025, une épicerie associative, Le Relais de la fontaine, a vu le jour dans l’un des deux bâtiments vacants que la commune a rachetés. Le local est loué par la mairie à un loyer symbolique pour cent euros par mois. Particularité du lieu : les clients de l’épicerie sont tous membres de l’association et à la fois clients et gestionnaires. Les adhérents peuvent commander des produits et y faire leurs courses – moyennant une cotisation annuelle de vingt euros –, à moindre coût, puisque les denrées alimentaires y sont vendues au prix coûtant, sans marge pour le distributeur.

Un écosystème d’épiceries solidaires en plein essor

Pour son lancement, l’épicerie du Relais de la fontaine a bénéficié du soutien financier de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) et du réseau BougeTonCoq!, qui lui a fourni un appui technique et financier. « Quand nous avons lancé le projet, nous ne savions pas trop où nous allions, reconnaît l’élu, qui est aussi adhérent de l’association. Au départ, nous étions partis sur une épicerie de dépannage. En termes de statut, nous avons d’abord pensé à la régie. Mais le statut associatif s’est rapidement imposé dans la mesure où il fallait pouvoir trouver un salarié et que cela aurait généré des coûts qui n’auraient pas pu assurer la pérennité du projet. » Aujourd’hui, l’épicerie associative de Ronsenac fédère près de…

Emmanuelle Picaud

Lire la suite de cet article dans le numéro 448 « Mutations commerciales » en version papier ou en version numérique

Couverture : Guillaume Guilpart

crédit photo : Jean-Paul Carrière


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