Vivien Coste, maire de Cahors
Lovée dans un méandre du Lot, l’ancienne cité des Cadurques cultive une image de ville moyenne où il fait bon vivre. Une identité à laquelle l’élu est particulièrement attaché et qu’il entend concilier avec les impératifs de densification et d’adaptation climatique.
Les villes moyennes attirent de nouveaux habitants, mais peinent parfois à retenir les jeunes actifs et les étudiants. Quel est, selon vous, le principal défi pour faire de Cahors une ville où l’on choisit aussi de rester ?
La qualité de vie est au cœur de notre action. Beaucoup de nouveaux habitants choisissent Cahors pour son échelle humaine, la proximité de la nature et la qualité des services proposés aux familles. Nous avons donc une responsabilité collective : préserver ce cadre de vie. Cela passe par la sécurité, parce qu’il n’y a pas de qualité de vie sans sentiment de sécurité. Cela passe aussi par une stratégie urbaine engagée depuis près de vingt ans : construire la ville sur la ville plutôt que poursuivre l’étalement urbain, afin de renforcer les fonctions du centre-ville et des quartiers existants, tout en préservant les espaces naturels.
Quelle place la nuit occupe-t-elle aujourd’hui dans votre vision de Cahors et des usages de l’espace public ?
La nuit n’a pas été l’entrée principale de notre projet politique, mais plusieurs actions menées y touchent directement. Le report de l’extinction de l’éclairage public traduit une adaptation aux attentes des habitants et la recherche d’un équilibre entre sobriété énergétique, sécurité et usages de la ville. Dans le même temps, nous avons entièrement rénové l’éclairage public : plus de 4 000 points lumineux ont été remplacés par des LED, avec une baisse de l’intensité lumineuse et des coupures nocturnes dans les quartiers pavillonnaires entre une heure et 5 heures du matin. Cette transformation réduit les consommations énergétiques tout en limitant les pollutions lumineuses et en préservant davantage la biodiversité nocturne. La question de la nuit touche aussi aux usages et à la sécurité. Nous souhaitons progressivement étendre les horaires d’intervention de la police municipale jusqu’à 22 heures et renforcer les dispositifs de prévention spécialisée, notamment en direction des publics les plus fragiles. Nous avons également intégré les usages nocturnes dans plusieurs projets d’aménagement : amélioration des continuités piétonnes, qualité de l’éclairage, soutien à la vie étudiante en cœur de ville… Même sans « politique de la nuit » revendiquée, ces enjeux irriguent aujourd’hui une partie importante des politiques urbaines.
Comment trouver l’équilibre entre préservation du patrimoine, densification et adaptation au réchauffement climatique dans une ville patrimoniale ?
Cahors dispose déjà de nombreux outils de protection patrimoniale, avec l’intervention de l’architecte des Bâtiments de France, les périmètres protégés ou encore les enjeux archéologiques suivis par la Drac. Le véritable défi est plutôt de réussir les arbitrages entre préservation patrimoniale, production de logements et adaptation climatique. Nous devons réussir à densifier sans renoncer aux espaces de respiration. Même dans une ville où la nature est proche, nous avons souhaité renforcer la place du végétal dans les espaces urbains. L’objectif est d’améliorer le cadre de vie immédiat des habitants, tout en anticipant les fortes chaleurs estivales. Nous voulons également redonner une place centrale aux espaces publics dans les quartiers comme dans le centre-ville : des lieux de rencontre, de convivialité et de fraîcheur, avec des équipements de proximité et des usages plus diversifiés.
Propos recueillis par Lucas Boudier
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Couverture : Laurent Duvoux
Crédit photo : Pierre Lasvènes





