Renoncer et réorienter pour garantir l’habitabilité

Face à la nouvelle donne climatique, il est urgent de renoncer à des projets anachroniques et d’appliquer des pratiques de bon sens qui ne coûtent en réalité pas plus cher et évitent au contraire de devoir régler à terme l’addition de l’inaction – qui sera nettement plus élevée.

 

Les épisodes caniculaires printaniers inédits que nous connaissons en 2026 ne sont pas surprenants, pas plus que les inondations ou les sécheresses : depuis cinquante ans, la science nous prévient que ce sera désormais le nouveau régime climatique si nous ne réduisons pas drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (GES). Si les territoires français ont pris beaucoup de retard en matière d’adaptation au dérèglement climatique, rappelons que cette dernière a ses limites et qu’une France à +4 °C à la fin du siècle est en grande partie « inadaptable », mais également inassurable ; les coûts de l’inaction seront bien plus importants que ceux qui permettent d’engager dès maintenant des bifurcations dans les trajectoires territoriales, à l’échelle locale.

À l’instar de la communauté urbaine de Caen la mer, qui a décidé de renoncer à un projet d’ÉcoQuartier sur la presqu’île de Caen à cause de la montée attendue du niveau des océans, pour lui substituer des aménagements voués un jour à disparaître [lire notre article dans le supplément au n° 450 sur les 100 ans de l’économie mixte, ndlr], il est désormais possible, grâce à l’essor de la production de données et d’outils, de penser et de planifier cette bifurcation sur le temps long (14 mandats municipaux de 6 ans dans le cas de Caen). En quittant le paradigme du XXe siècle de l’attractivité à tout prix et en recherchant « l’équilibre » territorial dans la coopération plutôt que le développement infini dans la compétition, il est possible d’engager ces bifurcations tout en réalisant des économies, mais cela demande une révolution culturelle chez les élus et leurs services.

Abandonner les projets datés

Le tout premier levier d’une bifurcation territoriale est le…

Sébastien Maire 

Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 451 « Financer la ville » en version papier ou en version numérique

Illustration : Lila Castillo 

Crédit photo :  Zigmunds Dizgalvis/Shutterstock


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