Comment sortir du tout-voiture dans les territoires ?

Une étude du Forum Vies Mobiles vient bousculer l’idée selon laquelle la voiture incarnerait la liberté de se déplacer. Face aux coûts – économique et écologique – du « système voiture », le think tank en mesure les limites et esquisse les contours d’un scénario alternatif remettant en cause la centralité de l’automobile.

 

Partir travailler le matin, déposer les enfants à l’école, aller faire des courses ou rendre visite à des proches : plus de 18 millions de Français utiliseraient leur voiture chaque matin pour se rendre au travail. Derrière cette statistique se cache une réalité beaucoup plus fragmentée, faite de contraintes, de dépendances et de renoncements. C’est précisément ce qu’interroge l’étude récente du Forum Vies Mobiles, intitulée « Système alternatif de mobilité – être libre de se déplacer sans voiture sur tous les territoires ». En analysant ce que les auteurs dénomment le « système voiture», elle met en lumière les coûts économiques et environnementaux de l’automobile, mais aussi les inégalités qu’elle produit pour celles et ceux qui en dépendent.

 

 

Une liberté sous contrainte

Si près de 80 % des kilomètres parcourus par nos concitoyens le sont en automobile, cette domination écrasante masque une réalité plus complexe. Selon l’étude, 12 % des Français se sentent libres de conduire où et quand ils le souhaitent, sans contrainte particulière. « Il y a tout un discours politique sur la liberté automobile, qui n’est pas en phase avec la réalité vécue, observe Tom Dubois, urbaniste et porte-parole du Forum Vies Mobiles. La liberté automobile suppose en réalité de nombreuses conditions : avoir un permis, posséder un véhicule, pouvoir en assumer le coût, être en capacité physique de conduire et disposer d’infrastructures adaptées. Autant de facteurs qui limitent cette liberté supposée. » À ces contraintes s’ajoutent des facteurs plus concrets encore : l’étalement urbain, la spécialisation fonctionnelle des territoires – qui dissocie lieux d’habitat, d’emploi et de services – et la structuration des réseaux autour de la route. Autant d’éléments qui ne relèvent pas de choix individuels et qui rendent la voiture moins choisie que subie.

Lucas Boudier

Crédit photo : AREP

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Couverture : Jaouen Salaün


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