Des solutions au plus près des territoires

Le 21 mai aura lieu le Printemps des Territoires. À cette occasion, Kosta Kastrinidis, directeur adjoint de la Banque des Territoires, détaille les priorités de cette édition et défend une approche fondée sur l’accompagnement des collectivités, au plus près des besoins locaux.

crédit : Studio Sylvain Barthélémy

Le Printemps des Territoires s’est imposé comme un rendez-vous important pour les collectivités et les acteurs locaux. Qu’est-ce que cet évènement permet aujourd’hui de mettre en discussion ou de faire émerger entre les différents acteurs ?

Depuis son lancement, le Printemps des Territoires est pensé comme un lieu de rencontre entre les acteurs territoriaux et les solutions concrètes que nous leur proposons. Élus, agents des collectivités, établissements publics, partenaires institutionnels ou économiques : tous s’y retrouvent pour partager des retours d’expérience, réfléchir collectivement aux grands enjeux territoriaux et approfondir certains sujets à travers des ateliers thématiques. Cette année, nous avons souhaité structurer ces échanges autour de trois priorités majeures : le logement, la souveraineté numérique et la question du vieillissement de la population. Ce sont les sujets qui nous paraissent aujourd’hui centraux pour les exécutifs locaux.

Le logement s’est imposé comme une des préoccupations majeures des Français. Les tensions sur l’accès au logement, les difficultés de production et les enjeux de rénovation ont créé une situation qui met en péril la cohésion sociale de notre pays. Pour l’équilibre des familles autant que pour la santé économique des territoires, il faut que chacun puisse se loger aisément : c’est au cœur des attentes des habitants comme des collectivités. Dans ce contexte, nous dévoilerons le 21 mai une feuille de route de 60 actions pour amorcer la sortie de la crise du logement.

La souveraineté numérique constitue également un enjeu stratégique. La question de l’intelligence artificielle, de son appropriation par les collectivités et des conditions dans lesquelles elle peut être déployée suscite un intérêt très fort. Les élus souhaitent pouvoir mobiliser rapidement ces outils au service des politiques publiques et des agents, mais dans un cadre garantissant la souveraineté, la protection des données et l’éthique. Le Printemps des Territoires doit précisément permettre de partager des solutions, des bonnes pratiques et des repères sur ces sujets.

Enfin, le vieillissement de la population et, plus globalement, la santé représentent un défi d’importance pour les prochaines années. Le vieillissement démographique s’accélère et impose d’anticiper les besoins des territoires. Le groupe Caisse des Dépôts répond présent, avec une enveloppe de 25 milliards d’euros, annoncée par Olivier Sichel, mobilisable dans les prochaines années. Même si la santé n’est pas directement une compétence des collectivités, elle est devenue un sujet central pour nos concitoyens, notamment ceux qui sont confrontés à des carences fortes dans l’offre de soins, ce qui est vrai dans les territoires ruraux comme dans les quartiers prioritaires. Là encore, le Printemps des Territoires permettra de faire émerger des solutions et de nourrir une réflexion collective.

 

Le financement n’est plus seulement un levier technique, il devient aussi un outil d’orientation des projets, voire de transformation des modèles urbains. Trouvez-vous que le rôle du financeur a évolué ces dernières années ?

La Banque des Territoires est, par nature, un financeur d’intérêt général. Cette logique est inscrite dans notre ADN : à travers la conception de nos offres de financement, nous avons toujours cherché à orienter les projets vers certaines priorités collectives. Dès 2009, par exemple, avec la création de l’éco-prêt dédié à la rénovation énergétique du parc social, l’objectif était déjà d’encourager le passage à l’acte grâce à des financements fortement incitatifs.

Aujourd’hui, ce rôle continue d’évoluer et ne peut plus se limiter au seul financement. Nous développons des dispositifs pour accompagner la transformation de bureaux en logements, ou encore des prêts indexés sur les consommations énergétiques réellement constatées après travaux, et non plus uniquement sur les diagnostics théoriques. Ces innovations financières ont vocation à faire évoluer les pratiques et à accompagner les transitions.

Mais nous voulons aussi aller plus loin. Nous ne sommes pas uniquement un financeur de premier plan : nous sommes un partenaire des territoires, capable de porter des solutions et de fédérer des acteurs autour de projets. Nous apportons du financement, bien sûr, mais aussi de l’ingénierie, du conseil et de l’accompagnement. Cette dimension partenariale est essentielle pour construire, avec les collectivités, les établissements publics fonciers et les acteurs privés, des solutions durables face aux crises territoriales. 

Antoine Saintoyant, s’adressant au public lors de la dernière édition du Printemps des Territoires, 2025. crédit : Banque des Territoires

Le slogan de cette édition est « Engagés sur tous les terrains ». Comment la Banque des Territoires traduit-elle concrètement cet engagement « tout terrain » ?

Les dernières années ont montré que l’investissement public et l’innovation territoriale se jouent aujourd’hui avant tout au niveau local. C’est à la fois une conviction et un constat. Les collectivités territoriales et leurs satellites n’ont jamais autant investi qu’en 2024 et 2025 : le bloc local représente cette année près de 85 milliards d’euros d’investissements, un niveau inédit depuis près de quarante ans. Dans un contexte national parfois marqué par l’instabilité et la difficulté à construire des politiques publiques durables, les exécutifs locaux restent pleinement mobilisés pour porter des projets de transition écologique, de cohésion sociale ou de développement économique. Notre rôle est donc d’être à leurs côtés, concrètement, sur tous les terrains. Cela passe notamment par notre réseau de directions régionales, présent au plus près des collectivités et des acteurs territoriaux. Nos équipes accompagnent les projets, identifient les besoins locaux et nous permettent d’adapter en permanence nos outils et nos offres.

Cet engagement se traduit aussi dans l’ampleur des ressources mobilisées. L’an dernier, en plus d’avoir réalisé une année record en matière de financement du logement social et de la politique de la ville avec près de 22 milliards de prêts, la Banque des Territoires a été le premier financeur des collectivités locales, avec près de 10 milliards d’euros de prêts accordés, contre deux à trois milliards les années précédentes. L’ensemble de ces prêts repose d’ailleurs sur le modèle du Fonds d’épargne, qui transforme l’épargne réglementée de nos concitoyens (livret A, LDDS, LEP) en financements d’intérêt général : quelle meilleure manière de faire le lien entre les citoyens et les projets locaux !

 Propos recueillis par Lucas Boudier

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