Faire travailler ensemble territoires « gagnants » et territoires « perdants »

 

La preuve par Pérignat

Péri­gnat, l’un des sites de La Preuve par 7 situé dans la métro­pole cler­mon­toise, porte un pro­jet fon­dé sur la recon­ver­sion. Jean-Pierre Buche, son maire agri­cul­teur, a sou­hai­té démon­trer « par la preuve » aux habi­tants scep­tiques que la recon­ver­sion était acces­sible et dési­rable. Par­mi les ini­tia­tives, la recon­ver­sion d’un pré­fa­bri­qué en média­thèque et la décons­truc­tion-recons­truc­tion d’un vieil han­gar agri­cole sur l’Écopôle du val d’Allier (site de rena­tu­ra­tion d’anciennes car­rières d’environ 130 ha).

Jean-Pierre Buche déclare « essayer de mon­trer la com­pa­ti­bi­li­té des acti­vi­tés humaines avec le main­tien de la bio­di­ver­si­té ». « La redé­cou­verte des sites et des objets délais­sés, voire oubliés, mis en lumière par de nou­veaux usages défi­nis sur la base d’une volon­té locale éclai­rée par l’ingénierie d’un mode par­ti­cu­lier, telle celle de Patrick Bou­chain et La Preuve par 7 », peut consti­tuer, à ses yeux, une des illus­tra­tions de la démarche sur « les ter­ri­toires oubliés », dans laquelle il se reconnaît.

Comme il le sou­ligne, « l’économie de notre pro­jet, au sens noble du terme, s’appuie avant tout sur les res­sources locales et sur les moyens dont nous dis­po­sons, mais aus­si sur la capa­ci­té que nous aurons ensemble à les faire vivre par la défi­ni­tion d’un autre modèle de déve­lop­pe­ment, bien éloi­gné de celui que nous avons subi, plus que vécu, jusqu’ici et qui est à bout de souffle ».

Une démarche essentielle

Le maire de Péri­gnat se dit « conscient des limites de notre action, de son effi­ca­ci­té objec­tive et de sa dif­fu­sion », mais il est convain­cu que « les bouts de ficelle uti­li­sés, dans cette forme d’utopie urbaine à notre échelle, peuvent créer les liens solides d’un autre tis­su social en deve­nir ».

Il est d’accord avec l’idée de « faire tra­vailler ensemble les ter­ri­toires “gagnants” (actuels…) avec les ter­ri­toires “per­dants” (du moment…) », telle qu’elle est pro­po­sée par la démarche « ter­ri­toires oubliés ». Elle lui paraît essen­tielle pour que « l’ingénierie des pre­miers éclaire les démarches des seconds, les­quels appor­te­ront à cette néces­saire ingé­nie­rie la fraî­cheur d’un regard dif­fé­rent ali­men­té par une volon­té forte de chan­ger les para­digmes et de don­ner un sens réel­le­ment par­ta­gé à la notion du vivre-ensemble ».

Ariel­la Masboungi

Lire aussi : Comment agir dans les territoires oubliés ?

 

Pho­tos : Décons­truc­tion et recons­truc­tion d’un vieil han­gar agri­cole © D.R.
Trans­for­ma­tion d’un ancien pré­fa­bri­qué sco­laire en une biblio­thèque pour les élèves et les habi­tants © D.R.

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