Le stationnement, un casse-tête pour aménageurs

La voiture est au périurbain ce que la chantilly est au chocolat liégeois : elle est indispensable, mais elle prend de la place. Surtout lorsqu’on ne l’utilise pas. Or, c’est en particulier sur le stationnement que les projets d’aménagement peinent à trouver des solutions efficaces. Étude de cas dans la communauté de communes du Pays Haut Val d’Alzette par des élèves de l’École urbaine de Sciences-Po.

 

À la frontière avec le Luxembourg, dans le périmètre d’intervention de l’établissement public d’aménagement (EPA) Alzette-Belval, environ un ménage sur deux possède deux véhicules motorisés ou plus. Le recours presque automatique à la voiture est évident dans une zone où le maillage et la capacité des transports en commun sont si faibles et le franchissement quotidien de la frontière par les actifs, si nécessaire. Le besoin en stationnement qui en découle est impérieux. Il s’agit ainsi d’un enjeu structurant dans les opérations d’aménagement, d’autant plus que des questions complexes de coûts, de structures ou encore de dimensionnement de la voirie en découlent. Dans un contexte de pression foncière, l’enjeu des nouvelles opérations d’aménagement de l’EPA Alzette-Belval est alors de réussir à imposer un nombre de places par logement réduit, mais acceptable, à la population.

Notre étude vise à offrir des solutions opérationnelles pour concevoir des quartiers adaptés aux contraintes liées au stationnement. Cette question est traitée sous l’angle résidentiel, sur lequel peut agir l’EPA en tant qu’aménageur. En ce sens, une revue delittérature ainsi que des enquêtes qualitatives ont été produites. Ces enquêtes ciblent à la fois les acteurs intervenant en amont dans la fabrique des écoquartiers, et les habitants du territoire, afin d’identifier les conditions d’acceptabilité de solutions innovantes. Un parangonnage complète ce travail pour identifier les conditions de réussite ou de succès des solutions déployées, afin d’envisager la réplicabilité potentielle de celles-ci sur le périmètre d’intervention de l’EPA Alzette-Belval.

Au premier abord, un problème d’infrastructure

En zone tendue, le parking souterrain peut sembler adéquat, et il l’est, effectivement, en permettant la mutualisation des fonctions à partir d’une même emprise au sol et en limitant la nuisance visuelle en enterrant le stationnement, traditionnellement développé en nappe. Cependant, la nécessité structurelle en matériaux lourds et polluants a un coût environnemental, mais surtout un coût économique pouvant atteindre 30 000 euros par place. Le grand gagnant d’une comparaison en ces termes est le parking silo : un coût deux fois moins élevé et un coût carbone par place 40 % plus faible.

Thibault Audebert, Marius Bec, Chloé Bosio et Mehdi Kebaili

 

Cet article est à retrouver en intégralité dans le n°449 « L’automobile » en version papier ou version numérique

Crédit photo : Joachim Broomberg

Couverture : Jaouen Salaün

 


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