La lutte contre l’oubli, un combat européen

Que ce soit l’Espagne, l’Italie ou la Pologne, chacun de ces pays de l’Union européenne a établi sa propre géographie de l’oubli et mis en place des stratégies spécifiques, avec cependant les mêmes outils.

Xavier Des­jar­dins, pro­fes­seur à Sor­bonne Uni­ver­si­té, labo­ra­toire Média­tions, consul­tant à la coopé­ra­tive Aca­die, et Phi­lippe Estèbe, géo­graphe et consul­tant à la coopé­ra­tive Acadie

« Ter­ri­toires oubliés » : le terme était déjà choi­si par le Club Ville Amé­na­ge­ment quand Ariel­la Mas­boun­gi nous a sol­li­ci­tés pour construire un pro­jet de recherche qui serait « com­pa­gnon des routes » de ses tra­vaux. Nous l’avons reçu avec pru­dence, crai­gnant de retrou­ver der­rière une lec­ture binaire du ter­ri­toire entre « la France des métro­poles qui va bien » et la « France des péri­phé­ries qui va mal ».

Ne contri­bue­rait-il pas à cette concur­rence des plaintes et négo­cia­tions à laquelle se livrent les asso­cia­tions d’élus locaux ?

Mais nous avons rapi­de­ment sai­si qu’il ne s’agissait pas d’établir une car­to­gra­phie des « oubliés » ni une mesure de l’intensité de l’oubli, mais d’entreprendre une généa­lo­gie des poli­tiques publiques contre l’oubli de cer­tains ter­ri­toires. En France, toutes les por­tions du ter­ri­toire natio­nal sont cou­vertes par un ou plu­sieurs dis­po­si­tifs ter­ri­to­riaux spé­ci­fiques… Mais leurs zonages ne sont pas stables : ils se super­posent plus qu’ils ne se suc­cèdent. Notre hypo­thèse ini­tiale était donc que l’État n’oublie pas les ter­ri­toires – au contraire, sa peur d’en oublier le conduit à mul­ti­plier les dis­po­si­tifs –, et que l’oubli dont ces ter­ri­toires peuvent souf­frir est sur­tout lié aux évo­lu­tions de l’économie ou de la société.

Pour mieux com­prendre les poli­tiques à des­ti­na­tion des ter­ri­toires oubliés et trou­ver des réponses aux mul­tiples ques­tions que nous nous posions, nous avons choi­si de faire un détour par trois pays euro­péens : l’Espagne, l’Italie et la Pologne. Les ter­ri­toires oubliés sont-ils ceux en retard de déve­lop­pe­ment ? Ceux qui perdent des habi­tants ? Ceux qui contri­buent moins aux tran­si­tions éco­lo­giques ? Par ailleurs, com­ment lut­ter contre l’oubli ? Observe-t-on une conver­gence des pra­tiques d’aménagement et de déve­lop­pe­ment local, notam­ment sous l’effet des poli­tiques com­mu­nau­taires et de ses référentiels ?

A découvrir dans notre numéro 423 :
  • L’in­té­gra­li­té de l’ar­ticle de Xavier Des­jar­dins, pro­fes­seur à Sor­bonne Uni­ver­si­té, labo­ra­toire Média­tions, consul­tant à la coopé­ra­tive Aca­die, et Phi­lippe Estèbe, géo­graphe et consul­tant à la coopé­ra­tive Acadie
  • Des ter­ri­toires espa­gnols « vides »pour les uns, « vidés » pour les autres par Adrián Gómez Mañas (Sor­bonne Uni­ver­si­té) et Lou­na Vil­lain (Coopé­ra­tive Acadie)
  • En Ita­lie, l’ombre de l’oubli se déplace par Phi­lippe Estèbe (Coopé­ra­tive Aca­die) et Agim Ker­cu­ku (Poli­tec­ni­co de Milano)
  • À l’est de la Pologne, une « suc­cess sto­ry » en trompe‑l’oeil par Xavier Des­jar­dins, pro­fes­seur (Sor­bonne Université/Coopérative Aca­die) et Joan­na Kos­zews­ka, archi­tecte urbaniste
  • Au Por­tu­gal, mobi­li­sa­tion contre l’oubli éco­no­mique par Ariel­la Mas­boun­gi avec la contri­bu­tion de Guillaume Hébert

Pho­to : Cas­te­lo Bran­co, au nord-est de Lis­bonne © Vitor Oli­vei­ra CC-BY-SA 2.0

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Depuis 1932, Urba­nisme est le creu­set d’une réflexion per­ma­nente et de dis­cus­sions fécondes sur les enjeux sociaux, cultu­rels, ter­ri­to­riaux de la pro­duc­tion urbaine. La revue a tra­ver­sé les époques en réaf­fir­mant constam­ment l’originalité de sa ligne édi­to­riale et la qua­li­té de ses conte­nus, par le dia­logue entre cher­cheurs, opé­ra­teurs et déci­deurs, avec des regards pluriels.


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