Poitiers : la réinvention du palais des ducs d’Aquitaine

Quand la réinvention du palais des ducs d’Aquitaine impulse un projet d’attractivité culturel et urbain

La muta­tion du palais des ducs d’Aquitaine à Poi­tiers, site patri­mo­nial majeur de 6 000 m² en plein cœur de ville, est déclen­chée par le départ de la cité judi­ciaire qui occu­pait jusqu’alors l’édifice. Quelle nou­velle page écrire pour ce site excep­tion­nel ? La Ville engage en 2017 une démarche mobi­li­sant le desi­gn thin­king, avec l’ambition que la révé­la­tion du palais s’inscrive dans une dyna­mique de pro­jet de quar­tier et au ser­vice de l’attractivité glo­bale de la cité poi­te­vine. L’approche ité­ra­tive est lan­cée, elle va se déployer sur trois années.

Une pre­mière étape per­met de sta­tuer sur l’opportunité d’une pro­gram­ma­tion cultu­relle et tou­ris­tique via une étude de publics, impacts et retom­bées, et de cali­brer les moyens et inves­tis­se­ments. Réa­li­sée par la Scet, la mis­sion com­bine exper­tise, bench­mark et recueil des besoins des usa­gers cibles, via une enquête quan­ti­ta­tive auprès de plus de 1 000 per­sonnes qui expriment un inté­rêt pour une telle offre.

La Ville pour­suit ensuite la démarche de réflexion et d’enrichissement des usages pen­dant 1 an en orga­ni­sant un « Ren­dez-vous des idées », une expo­si­tion iti­né­rante, un défi « hacka­thon », pour géné­rer encore de nou­velles idées auprès de la popu­la­tion, avec près de 3 000 contributions.

L’équipe muni­ci­pale décide fina­le­ment de créer un évè­ne­ment artis­tique et cultu­rel, « Tra­ver­sées », qui fait dia­lo­guer le patri­moine his­to­rique de la ville et la créa­tion contem­po­raine, pour amor­cer le pro­jet urbain. Un par­cours artis­tique et cultu­rel qui invite ain­si à (re)découvrir 20 lieux par­fois mécon­nus du grand public ou non acces­sibles, à tra­vers le regard de 30 artistes. La pre­mière édi­tion est lan­cée fin 2019 sur 3 mois, avec une volon­té forte d’expérimenter ces nou­veaux usages.

La Scet a réa­li­sé une éva­lua­tion in situ qui consis­tait à ana­ly­ser la per­cep­tion, le vécu et l’appréciation par dif­fé­rents publics (habi­tants, visi­teurs, tou­ristes, acteurs éco­no­miques, pro­fes­sion­nels du tou­risme et de la culture), l’impact sur l’activité tou­ris­tique et l’image de la ville. Deux temps d’immersion, au lan­ce­ment et à la fin de l’édition, sous la forme d’entretiens flash, obser­va­tions in situ, d’entretiens avec des pro­fes­sion­nels de la culture et du tou­risme, per­mettent d’investiguer près de 90 per­sonnes. Des recom­man­da­tions opé­ra­tion­nelles – cer­taines déployées che­min fai­sant au cours de l’évènement – per­mettent d’identifier des ajus­te­ments et axes de pro­grès, notam­ment sur le concept de pro­gram­ma­tion, la pro­mo­tion et la signa­lé­tique, pour amé­lio­rer les pro­chaines éditions.

L’évènement a réuni au final près de 165 000 visi­teurs, un suc­cès pour une pre­mière édi­tion de ce type. Depuis lors, le contexte poli­tique local a évo­lué, avec un chan­ge­ment d’exécutif à la tête de la ville qui pour­rait bien ques­tion­ner à nou­veau le concept et la pro­gram­ma­tion des « Traversées ».

Anne-Cathe­rine Otte­vaeredirec­trice de mis­sions à la Scet

Pho­to : © Pau­line Duchatelet/Scet

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