Questions à l’urbanisme

Cet urbanisme du XXIe siècle, nous en livrons quelques clés, en mobilisant les plumes de plusieurs membres du comité éditorial, d’enseignants chercheurs de l’École urbaine de Sciences-Po Paris et de l’École d’urbanisme de Paris, des experts des politiques urbaines et territoriales ainsi que de jeunes professionnels.

 

Chaque contri­bu­tion apporte un bout de réponse : « ce qui se passe entre les bâti­ments », « la maî­trise de l’urbanisation », « orga­ni­ser et amé­na­ger les villes de manière à ce que les cita­dins vivent et tra­vaillent dans de bonnes condi­tions », « un domaine de l’action col­lec­tive », « la capa­ci­té d’associer régu­la­tions et contraintes », « la pla­ni­fi­ca­tion, le pro­jet opé­ra­tion­nel et ce qui touche à l’autorisation du droit des sols », « un art savant se réfé­rant à des doc­trines et modèles du devoir-être urbain ».

En ouver­ture, Jean Haënt­jens s’attache à cer­ner « Les nou­veaux para­mètres de l’urbanisme » à tra­vers une mise en ten­sion d’une série d’axes dia­lec­tiques : mul­ti­po­la­ri­té ver­sus pola­ri­sa­tion, villes fru­gales ver­sus col­lapse cli­ma­tique, maî­trise des sys­tèmes urbains ver­sus tech­no-solu­tion­nisme numé­rique, démo­cra­tie locale ver­sus finan­cia­ri­sa­tion, Cité des métiers ver­sus bull­shit jobs, cité poli­tique ver­sus ville-ser­vice numé­ri­sée. Comme d’autres contri­bu­teurs, Vincent Bour­jaillat confirme la néces­si­té de mettre en place un post-urba­nisme en rup­ture avec les modèles anté­rieurs de l’aménagement. Plus réser­vée, Cathe­rine Bar­bé pointe une forme de per­ma­nence des poli­tiques urbaines depuis le XIXe siècle, où elles s’attachaient déjà à amé­lio­rer la qua­li­té de l’air et de l’eau, à pré­ser­ver la san­té des habitants.

Sol­li­ci­tés par Mar­co Cre­ma­schi, le direc­teur du cycle d’urbanisme de Sciences-Po, des ensei­gnants de trois uni­ver­si­tés euro­péennes (Milan, Londres, Amster­dam) livrent leur vision d’un urba­nisme public pro­fon­dé­ment impac­té par la finan­cia­ri­sa­tion et le rôle accru des acteurs pri­vés dans la fabrique de la ville.

Ces évo­lu­tions et leur impact sur les for­ma­tions, l’École d’urbanisme de Paris s’est aus­si essayée à les sai­sir. Sa chaire Amé­na­ger le Grand Paris s’est par­ti­cu­liè­re­ment pen­chée sur « les muta­tions des métiers, des acteurs et des modes de pro­duc­tion de la ville ».

Au lieu de s’enfermer dans des formes de cor­po­ra­tisme, les urba­nistes sont appe­lés à retrou­ver une pos­ture de « trans­ver­sa­li­té », celle que reven­diquent les membres de la coopé­ra­tive joli­ment inti­tu­lée Le Sens de la Ville. Car fina­le­ment qu’attendent les élus et la socié­té civile des pro­fes­sion­nels de l’urbanisme et de l’aménagement ? Sans doute l’esquisse de deve­nirs urbains rele­vant le défi cli­ma­tique et celui des inéga­li­tés sociales et ter­ri­to­riales et comme l’écrit Jérôme Bara­tier « un urba­nisme des tran­si­tions, qui aban­donne ses rêves de puis­sance ». 

Antoine Lou­bière, rédac­teur en chef

Pho­to : Vue aérienne de Mont­pel­lier © Nico­las Itier/EyeEm/Getty

 

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Depuis 1932, Urba­nisme est le creu­set d’une réflexion per­ma­nente et de dis­cus­sions fécondes sur les enjeux sociaux, cultu­rels, ter­ri­to­riaux de la pro­duc­tion urbaine. La revue a tra­ver­sé les époques en réaf­fir­mant constam­ment l’originalité de sa ligne édi­to­riale et la qua­li­té de ses conte­nus, par le dia­logue entre cher­cheurs, opé­ra­teurs et déci­deurs, avec des regards pluriels.


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