Scénarios pour une ville bas-carbone

Si les villes concentrent les problèmes, elles ont aussi plus de marges de manœuvre que les États pour inventer des solutions. Elles peuvent agir simultanément sur les transports, le traitement des déchets, les bâtiments, les quartiers, sur leur propre territoire et même sur un territoire plus vaste.

Ce dossier questionne les scénarios pour une ville bas-carbone et interroge les politiques mises en oeuvre par les villes.

C’est là que se joue pour une large part la lutte contre le réchauffement climatique, estime Jacques Theys, même si la campagne électorale pour les municipales ne s’est guère focalisée sur cet enjeu.

67 % des émissions de GES proviennent des villes, rappellent des expertes de l’Institute for Climate Economics (I4CE), think tank proche de la Caisse des Dépôts et de l’Agence française de développement. I4CE a évalué qu’il faudra investir 15 à 18 milliards d’euros supplémentaires chaque année d’ici 2023, dans les seuls secteurs des énergies renouvelables, du transport et du logement pour s’engager vers la neutralité carbone.

Pourtant, à en croire Jean Haëntjens, les villes, du moins certaines, sont en avance sur les États. Elles concentrent les problèmes, mais elles ont aussi des dispositions particulières pour inventer des solutions. Elles peuvent agir simultanément sur le bâtiment, le quartier, sur leur propre territoire et sur un territoire plus vaste, comme dans le cas du projet du Grand Genève. Sur la mobilité, on lira la passionnante contribution de Jean-Pierre Orfeuil en faveur du petit véhicule.

Plus personne ne conteste l’urgence. Même les promoteurs et les constructeurs, comme en témoignent leurs propos au dernier Simi, affichent des convictions. Reste à tenir les engagements et à savoir par quelles trajectoires y parvenir. Pour l’heure, nous sommes très loin du compte. D’autant que, selon Sabine Barles, « la réduction des émissions de carbone dépasse la transformation du système énergétique urbain. Elle doit se traduire par une recherche de sobriété en toutes choses ». Cyria Emelianoff en appelle à « des formes radicales de sobriété, qui supposent des ruptures politiques ».

C’est le défi le plus exigeant. Il concerne chacun. Pour Panos Mantziaras, c’est aussi là que « les métiers de la transformation de l’espace – l’urbanisme, l’architecture, le paysage – peuvent contribuer à nouveau à un projet de société par l’élaboration et la représentation d’un cadre de vie à la fois sobre en ressources, qualitatif en termes spatiaux et inclusif en termes sociaux ». 

Jean-Michel Mestres, rédacteur en chef adjoint

Photo : Le Grand Parc des Docks de Saint-Ouen © Xavier Testelin/Divergence

 

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